La production bio atteint des « niveaux historiques »

Lise Monteillet

La production bio atteint des « niveaux historiques »

Avec 12% de fermes supplémentaires et plus de 1,5 million d’hectares, l’agriculture biologique connaît une croissance exceptionnelle, selon l’Agence bio. Néanmoins, les producteurs doivent faire face à d'importants retards de paiement des aides promises.

L’agriculture biologique a fortement progressé en 2016. Selon les derniers chiffres publiés par l’Agence bio, 32 326 fermes sont désormais engagées en bio, soit une augmentation de 12 % par rapport à 2015. L’évolution des surfaces suit la même tendance. L’agriculture biologique représente 5,7 % de la surface agricole utile.  Cela équivaut à plus de 1,5 million d’hectare, soit une hausse de 16 % par rapport à 2015. A noter que près d’un tiers de ces surfaces sont encore en cours de conversion. C’est la région Occitanie qui enregistre la plus forte progression du nombre de producteurs bio, rassemblant 20 % des producteurs bio français. Tous circuits confondus, les ventes de produits bio dépassent les 7 milliards d'euros fin 2016, contre 5,76 milliards fin 2015.

 

carte agriculture bio

Seule ombre au tableau : l’assèchement des enveloppes d’aides destinées aux producteurs bio, entraînant des retards de paiement. « Qui veut casser la dynamique de la bio française ? » interpelle ainsi la fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) dans un communiqué. « A cause d’une gouvernance Etat – régions totalement défaillante, de nombreux agriculteurs bio sont en grande difficulté financière, malgré la bonne santé de leurs exploitations », explique le syndicat. Ce dernier déplore « deux ans de retard » de paiement des aides à la conversion et au maintien en agriculture biologique, ainsi que le non versement de mesures agro-environnementales.

Pour Florent Guhl, directeur de l’Agence bio, il est grand temps de « trouver une solution » concernant la question budgétaire, pour donner aux producteurs « une visibilité ». Ce dernier rappelle que le marché « ne peut pas suffire en soi » et que les agriculteurs ont « besoin d’être aidés »

Sur le même sujet

Commentaires 5

marco29

à electeur
dans un premier temps achevez votre conversion
dans un deuxieme temps,trouvez vous normal en tant que contribuable de financer davantage une exploitation qui vise 20 ou50% de reduction de pesticides qu'une autre qui s'en passe?c'est pourtant ce qui vous sera proposé au terme de votre conversion dans le cadre des Mae.

Electeur

qu'il y ait des aides à la conversion me semble normal car pendant 2 ans le producteur adopte la production bio sans pouvoir vendre son produit sous appellation bio, mais après, le bio ne devrait pas bénéficier de plus d'aides que la production conventionnelle, il va falloir que le bio apprenne à vivre sans aides et donc tenir la commercialisation( et donc la valeur ajoutée) de ses produits et de ne pas la laisser aux grands groupes alimentaires sous peine de reproduire le même schéma qui nous mène dans le mur!
ps: je suis en conversion

alain

pour donner aux producteurs « une visibilité ». Ce dernier rappelle que le marché « ne peut pas suffire en soi » et que les agriculteurs ont « besoin d’être aidés ».
Voilà une sacré arnaque, on lance une filière mais il faut des subventions car d'emblée les prix sont insuffisants. Mais où l'Etat va t il trouver l'argent en sacrifiant qui ?
si tous les agri passent en bio, il faudra des sommes considérables, il faudra augmenter les impôts locaux pour les cantines etc...
la justice sociale vaudrait que le consommateur paie au prix ce qu'il veut mais d'emblée développer une filière qui compte sur les subventions c'est malsain.
je me rencontre que les convertis au bio sont les plus vénaux

alex

maintenant quand on parle bio on parle que d'aides. quand on discute avec des convertis, on se rencontre que dans 99% des cas c'est l'argent qui motive ces gens.
bien dans une France avec 6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres, on subventionne une agriculture pour les gens aisés, une agriculture de circuit court qui vend au même prix que la distribution. Finalement, en matraquant à grand coup de com, en jouant sur la peur, on favorise un lobby bio qui le même appât du gain. le consommateur se croit libre, mais la grande distribution a bien compris qu'elle marge mieux.

Adada

Si 100% des agriculteurs avaient été en bio en 2016 on serait plus proche de la famine vu la recolte cataclysmique bien pire que les conventionnels, heureusement nous ne sommes que 6%

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires