Lait : Coûts de mécanisation - Comment faire baisser l'addition

COGEDIS

Les charges de structure continuent d'augmenter dans les exploitations laitières dans un contexte difficile. Voici quelques pistes pour faire baisser le coût de mécanisation.

En production laitière, les charges de mécanisation sont un levier essentiel pour optimiser la rentabilité économique de l'exploitation. Avec une facture énergétique en hausse, d'après l'étude laitière Cogedis de 2009, ces charges de mécanisation ont augmenté de 26 % en quatre ans. La moitié du coût de mécanisation est liée à l'amortissement du matériel, soit 41,70 €/1 000 l. Pour diminuer le degré de mécanisation de l'exploitation, la bonne stratégie est celle de l'optimisation du parc matériel. Grâce à un audit, le producteur connaît le coût horaire du matériel tracté et de traction. Il déterminera ensuite le coût de fonctionnement du matériel en fonction de son degré d'utilisation. Première mesure : utiliser le matériel de l'exploitation à pleine capacité. Pour y parvenir, les producteurs peuvent répartir l'achat de matériel entre plusieurs exploitations ou augmenter les surfaces travaillées par une gestion commune de l'assolement...

Valoriser les pâtures

Faire évoluer son système de production est un autre levier qui permet d'agir sur le coût de mécanisation. Si la nature des sols et le parcellaire le permettent, l'idée est de chercher à mieux valoriser les pâtures. L'herbe pâturée coûte toujours moins cher que l'herbe récoltée. L'impact sur le coût de mécanisation ne sera efficace que si du matériel est revendu ou non renouvelé. Mais, attention aux idées reçues : ce ne sont pas les exploitations extensives qui ont les coûts de mécanisation les plus faibles. L'étude sur les systèmes (caractérisés par le litrage produit/ha de SFP) montre que les exploitations avec moins de 4 000 l/ha de SFP ont un coût de mécanisation de 105,60 €/1 000 l alors que les plus intensifs (> 9 000 l/ha de SFP) n'ont que 75 €/1 000 l de charges de mécanisation.

Optimisation du parcellaire

La délégation de certains travaux, rentable pour les exploitations de petites tailles, constitue une autre alternative. La délégation partielle, voire totale, est aussi adaptée aux exploitations ayant peu de main d'oeuvre disponible. Dans ce cas, la priorité doit être donnée au suivi de l'élevage. Par ailleurs, les techniques culturales simplifiées (TCS) peuvent permettre des économies sur le poste de mécanisation si la mise en oeuvre ne nécessite pas d'investissements conséquents. Attention, l'impact d'un tel choix a des conséquences sur la conduite des cultures : les contraintes agronomiques doivent être prises en compte et anticipées. L'optimisation du parcellaire joue aussi un rôle dans les charges de mécanisation. Pour les parcelles éloignées, il faut choisir des cultures nécessitant peu de déplacement et intégrer ces surcoûts lorsque l'on raisonne la reprise de terres à plusieurs kilomètres de l'exploitation.

Investir avec raison

M. Dupond souhaite acheter un tracteur. En fonction de la puissance choisie, le coût horaire de l'investissement ne sera pas le même. Pour une utilisation annuelle de 600 h, il hésite entre un tracteur de 90, 100 ou 120 ch. Son conseiller l'aide dans son choix avec des données chiffrées, sachant que les prix d'achat sont différents, mais qu'il bénéficie d'une reprise de 7 000 euros. Il finance le différentiel par un emprunt sur sept ans au taux de 5,5 %.

Le différentiel maximal s'approche de 4 € par heure d'utilisation du tracteur. Une puissance surdimensionnée peut donc peser lourd sur les coûts de mécanisation. On constate chaque année, et pour des systèmes d'exploitations comparables, de grandes disparités sur les charges de mécanisation. Avant chaque achat, même pour le matériel tracté, la question du coût horaire doit être posée. Dans cette méthode, et contrairement à l'amortissement comptable, on considère que le matériel conserve une valeur résiduelle à la fin de la période d'amortissement. Généralement, pour un tracteur, le coefficient de dépréciation utilisé est de 20 %, c'est-à-dire que tous les ans, il perd 20 % de sa valeur de N - 1. On calcule donc un amortissement technique lié au nombre d'années d'utilisation envisagé.

 

Source COGEDIS

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