Présidentielle : découvrez le programme agricole de François Asselineau

Lise Monteillet (article) & Anne Sophie Lesage (vidéo)

« Je suis le candidat du frexit », souligne François Asselineau, en promettant de maintenir le même niveau d’aides pour l’agriculture.  

« La France est en train de s’effondrer dans tous les domaines et en particulier en matière d’agriculture », observe François Asselineau. « Il y avait 4 millions d’agriculteurs en France en 1960, on est tombé à 400 000. En gros, 90 % des agriculteurs ont disparu ». Le candidat à la présidentielle a dressé un constat alarmiste sur l’avenir de l’agriculture, lors du grand oral de l’agriculture, organisé par le Conseil de l’agriculture française (CAF) à Brest.

Arrêter la course à la productivité

Seule issue possible, à ses yeux : la sortie de l’Union européenne. « Nous n’y échapperons pas », insiste-t-il. Et d’ajouter : « regardez ce que vient de décider ce grand peuple britannique, qui est tout sauf extrémiste », faisant référence au vote en faveur du Brexit.

La PAC a été bâtie sur une « utopie » selon François Asselineau. « L’article 39 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne dit que la PAC a pour objectif d’accroître la productivité de l’agriculture. Si vous y réfléchissez un instant, c’est dément », commente-t-il. Le candidat estime qu’un tel objectif, à durée illimitée, conduit à « la destruction de tout ce qui a été l’âme de la France ». Pour aboutir, au bout du compte, à « d’un côté, une agro-industrie et de l’autre, à quelques bijoux bénéficiant d’appellations d’origines protégées, qui sont eux-mêmes menacés ».

François Asselineau dénonce une mondialisation qui « n’est pas la même pour tout le monde ». Ce dernier rappelle que des fonds d’investissement chinois ont acheté des terres et des vignobles en France. Or, « l’inverse n’est pas vrai », souligne-t-il, évoquant l’impossibilité pour les Français de faire la même chose en Chine.

« Face à cela, je vous propose de mettre tout sur la table et de sortir de l’Union européenne de façon sereine et juridique, par l’article 50 », lance-t-il. François Asselineau propose : « sortons de l’Union européenne, je prends l’engagement solennel (…) de maintenir les aides aux agriculteurs ». Autre promesse : « rétablir la viabilité de l’agriculture familiale », en mettant en place une taxe à l’importation.

« Un prix minimum de viabilité »

Dans le programme du candidat, il est aussi prévu de « garantir un revenu digne et stable aux agriculteurs en favorisant un prix juste à la vente des productions ». Comment ? En régulant les spéculations sur les produits alimentaires et en règlementant les marges de la filière. L’idée est d’assurer aux agriculteurs « un prix minimum de viabilité en-dessous duquel la grande distribution ne pourra pas descendre ».

Producteurs et consommateurs seront rapprochés grâce aux circuits courts. François Asselineau propose de créer « Agridistrib, un outil Internet connectant les producteurs et les plates-formes de distribution locale ». Les consommateurs seront également sensibilisés afin qu’ils « acceptent d’acheter des produits mal calibrés mais préservant leur santé et l’environnement ». Cependant, le budget alimentaire des ménages ne devra pas dépasser 15 % de leur budget global.

Miser sur de nouvelles techniques de production

De même, François Asselineau promet d’«accroître la biodiversité et la qualité de l’agriculture avec les nouvelles techniques plus respectueuses de l’environnement et protectrices des sols et des terroirs ». La permaculture et l’agroforesterie sont citées en exemple. La diffusion de ces techniques sera favorisée par une plus grande indépendance donnée aux formations agricoles vis-à-vis des lobbys industriels, ainsi qu’une meilleure coordination des ministères de l’éducation et de l’agriculture.

Les terres arables seront protégées contre l’étalement urbain « en rendant à l’État le plein contrôle des POS (plans d’occupation des sols) ». Les jeunes agriculteurs seront aidés dans leur projet d’installation, « y compris les urbains », précise le programme. Au sein de Pôle Emploi, une structure sera dédiée à l’agriculture afin de développer l’emploi agricole.

Enfin, François Asselineau veut interdire les OGM, y compris dans l’alimentation animale. Il souhaite au contraire « libérer le commerce de semences anciennes et interdire le brevetage des nouvelles semences ».  

D'ici le premier tour de l'élection présidentielle, découvrez  tous les programmes des candidats sur Pleinchamp.

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