A la recherche du meilleur choix

Daniel CAUSSE, expert-comptable

A la recherche du meilleur choix

Une fois prise la décision d’investir, l’exploitant agricole sollicite fréquemment son conseiller en lui demandant s’il faut emprunter, autofinancer voire louer l’équipement retenu. Comme pour un arbre, les réponses se déclinent en diverses ramifications.

Soit l’exploitation ne dispose pas de réserves suffisantes pour opter entre l’autofinancement ou l’emprunt

En ce cas, l’exploitant devra choisir entre l’emprunt ou le crédit-bail. Il devra s’attacher à valider les points de vigilance ci-dessous.

choix

En règle général, mises à part la disponibilité financière et les garanties demandées par le banquier, le crédit- bail peut s’avérer plus risqué que l’emprunt classique et peut parfois coûter plus cher en calculant les taux équivalents.

Soit l’exploitation dispose de réserves disponibles suffisantes pour choisir entre l’autofinancement et l’emprunt

En ce cas, l’analyse doit porter sur les notions de “risque / opportunité”.

Risque : si l’agriculteur autofinance, il fragilise sa solvabilité. En puisant sur ses réserves, pourra-t-il supporter de futurs aléas conjoncturels ?

Opportunité : l’exploitant a la possibilité d’emprunter au titre de son exploitation agricole dans des conditions intéressantes. S’il a, par ailleurs, un projet personnel à développer (patrimonial ou autres), en réalisant l’emprunt d’exploitation pour l’investissement, il pourra utiliser les réserves disponibles de l’exploitation à des fins personnelles.

Cette opportunité dépendra, bien entendu, du taux d’emprunt net de coûts fiscaux et sociaux comparé au taux de rentabilité du projet personnel.

L’exemple vécu ces dernières années dans les investissements photovoltaïques en est une bonne illustration. L’exploitation agricole finance par emprunt un investissement (ou, en société, procède au rachat de compte courant associé) à un coût net proche de 1,5 a 2 %. En contrepartie, l’agriculteur autofinance la quote-part nécessaire (capital et compte courant associé) de la société photovoltaïque à un rendement net de 15 %.

Soit l’agriculteur souhaite créer une société pour séparer son patrimoine privé de son patrimoine professionnel

Faut-il faire un apport en bénéficiant d’éventuels allègements fiscaux ou faut-il vendre les biens à la société pour que celle-ci, par emprunt, puisse redonner de la trésorerie personnelle à l’exploitant, malgré l’absence d’allègements fiscaux ? La décision se prendra globalement en tenant compte de l’ensemble des situations personnelles et professionnelles. Il s’agit d’une étude complète d’opportunité dont les conséquences sont multiples. La question du financement sera d’autant plus facile à résoudre que des choix sont ouverts à l’agriculteur. Ces choix reposent tous sur une situation préalable de bonne santé financière de l’exploitation agricole.

Source : Cerfrance : Gérer pour gagner - n° 37 Février 2015

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