Charges et dépenses : c’est différent !

Cerfrance Finistère

Dans cette période où le prix des produits et des charges varient considérablement, les agriculteurs perçoivent souvent un décalage entre leurs résultats comptables et le ressenti qu’ils ont de leur trésorerie. Une partie de l’explication vient de la différence entre la notion de charges et des dépenses. Décryptage.

Les charges peuvent êtres classées en deux catégories.
• Les charges variables, dont le montant évolue en fonction de la production et/ou des ventes de l’exploitation comme les achats de matières premières, engrais, semences, aliments...
• Les charges fixes, celles qu’il faut couvrir quel que soit le niveau d’activité de l’entreprise. Il s’agit des frais généraux : entretien, réparations, fermages, honoraires… auxquels s’ajoutent les impôts et taxes, les frais de personnel, les intérêts d’emprunt ou encore les amortissements.

La charge “partielle”

Pour la plupart des gens, une charge d’emprunt correspond aux remboursements effectués auprès de la banque. Comptablement, la charge d’emprunt correspond aux seuls intérêts remboursés. Le capital n’est pas une charge puisqu’il s’agit du remboursement d’une avance. Ce sont les intérêts qui “coûte” à l’entreprise.

La charge “calculée”

Cette logique s’applique aux investissements. Dans ce cas, la charge correspond à l’amortissement, c’est-à-dire à la somme qu’il faudrait mettre de côté chaque année pour renouveler le matériel. Exemple : un tracteur acheté 80 000 €, d’une durée de vie de 8 ans, représente un amortissement annuel de 10 000 €. C’est cette somme qui représente la charge.

Charge et dépense : deux notions différentes.

Pour être qualifiée de charge, une somme doit être facturée et/ou rattachable à l’exercice. Par exemple, des approvisionnements facturés et payés mais qui figurent en stock ne seront pas comptabilisés en charge. Par contre, des approvisionnements achetés et consommés sur l’exercice seront comptabilisés en charge même si la facture n’est pas réglée.

Des mots lourds de sens

Il peut exister un fossé entre les charges répertoriées pour déterminer le résultat de l’entreprise et les dépenses qui figurent sur le relevé de compte. Seules les charges sont déductibles du bénéfice, c’est-à dire de la base de calcul de l’impôt et des cotisations sociales pour l’entreprise individuelle. Le décalage peut être important entre le résultat comptable et la situation de trésorerie. Par exemple, un stock en augmentation pèsera sur la trésorerie, mais ne diminuera pas le bénéfice fiscal. À l’inverse, une exploitation qui dispose de délais de règlement fournisseurs importants et qui encaisse ses ventes au comptant peut avoir l’illusion d’être à l’aise. Dans les faits, cette situation peut masquer un réel problème de rentabilité que seule l’analyse de charges pourra mettre en évidence.

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