Des indicateurs pour piloter son exploitation

EXPERT COMPTABLE

Des indicateurs pour piloter son exploitation

Dans un contexte de volatilité des cours, pouvoir anticiper ses résultats est un atout pour l’agriculteur. Des indicateurs simples peuvent guider le producteur dans son analyse.

Anticiper ses résultats d’exploitation offre de la réactivité aux agriculteurs face à la fluctuation des cours. Ces analyses aident à prendre les bonnes décisions de gestion et facilitent la politique d’investissement. Si la trésorerie est tendue, calculer le point d’équilibre prévisionnel apporte l’opportunité d’identifier les périodes où les besoins sont les plus conséquents. En cas de nécessité, il faut aussi réfléchir à des actions structurelles : réduction des annuités, financement des emprunts par un actif autofinancé et nouveau prêt long terme sont des solutions possibles. Le recours à l’ouverture d’un crédit représente une solution moins coûteuse qu’un crédit fournisseur. De plus, disposer de ces éléments de pilotage sur son exploitation participe à convaincre son banquier : ils montreront que l’entreprise est viable et que la demande est liée à une conjoncture difficile.

Rentabilité des ateliers

Pour gagner en lisibilité sur sa rentabilité, il est nécessaire d'aller plus loin qu'une simple comptabilité analytique qui mesure la marge par atelier. Déterminer son coût de production permet ainsi de connaître les points forts et les points d'amélioration économiques de chaque atelier de l'exploitation. Autre indicateur indispensable, le point d'équilibre. Grâce à lui, le producteur détermine ainsi le prix de vente à partir duquel son atelier dégage de la trésorerie ou en perd. L’étude de son évolution sur 3 ans apporte des éléments pour mesurer sa performance économique dans la durée. Ses variations sont aussi utilisées dans un raisonnement prévisionnel afin de réaliser ou non un choix d’investissement.

Prévoir son point d’équilibre

Pour estimer son point d’équilibre prévisionnel (cf. tableau), le producteur calcule dans un premier temps son objectif d’Excédent brut d’exploitation (EBE). Pour cela, il additionne ses annuités d’emprunts long et moyen terme (LMT) ainsi que ses autres frais financiers, les besoins privés de sa famille, sa marge de sécurité et ses besoins en autofinancement. À cet objectif d’EBE, il ajoute ensuite les charges de structure de l’exploitation et celles proportionnelles à chacune de ses activités. Il détermine ainsi un chiffre d’affaires (CA) d’équilibre de l’exploitation. De cet équilibre, l’agriculteur déduit alors les recettes de ses ateliers à l’exclusion de celui concerné par la recherche de point d’équilibre. S’il cherche le prix du lait minimum pour avoir un atelier rentable, il déduit donc les recettes liées aux ventes de veaux, de réformes, de cultures... ainsi que les aides découplées de la Pac (DPB). Il obtient ainsi un objectif de chiffre d’affaires pour couvrir les dépenses restantes par les ventes de lait. En divisant ce chiffre d’affaires par sa production prévisionnelle, il détermine le point d’équilibre par unité de production.

Calculer son point d’équilibre prévisionnel

Annuités des emprunts LMT et autres frais financiers 25 000 €
+ Besoins privés de la famille 40 000 €
+ Marge de sécurité et besoin en autofinancement 5 000 €
= OBJECTIF EBE 70 000€
+ Les charges de structure de l’exploitation 60 000 €

+ Les charges proportionnelles des activités

      - Lait

      - Cultures (15 ha x 500 € )

64 000 €

7 500 €

= CA d’équilibre de l’exploitation 201 500 €

- Recettes autres que vente de lait

      - Produits viande et élevage

      - Produits cultures de vente

      - DPB et produits divers

24 000 €

18 000 €

26 000 €

OBJECTIF DE CA « VENTE DE LAIT » 133 500 €
133 500 € / 400 000 L → POINT D’ÉQUILIBRE PRÉVISIONNEL 334 € / 1 000 L

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