Evaluer son besoin de financement

Patrick Lévecque, Conseiller

Evaluer son besoin de financement

Toute entreprise à des besoins de financement, que ce soit en phase de création, de reprise, de développement, ou en croisière. Une mauvaise estimation peut rapidement provoquer des problèmes de trésorerie néfastes à la pérennité de l’exploitation. Comment les évaluer au plus près

Cas particulier des sociétés

Plus de 50 % des installations se font sous forme de reprise de parts de société. Dans ce cas tout est globalise, la valeur des parts englobe à la fois les immobilisations, les actifs circulants, les dettes court terme, long terme. Le tout sera finance par du long terme. Ne pas oublier que le cédant a droit à la cession de ses parts revalorisées et également au remboursement de son compte associe. Cela génère alors un besoin de trésorerie à trouver sur ses fonds propres ou à emprunter le cas échéant.

Bien évaluer l’ensemble des besoins en financement

Ne rien oublier, respecter l’équilibre (le long terme se finance par du long terme, et inversement) : c’est un des premiers gages de sécurité. Le second bien évidemment est de vérifier que l’entreprise est capable d’assurer les remboursements, les prélèvements de l’exploitant et de se garder une marge de sécurité “au cas où”. Dans tous les cas, le financement doit se caler sur la période adéquate : long, moyen ou court terme.

Je débute…

Un exploitant qui crée ou reprend une exploitation va devoir potentiellement financer des bâtiments, des installations, du matériel, du cheptel, des immobilisations incorporelles et éventuellement des stocks. Il est important de chiffrer chacun de ces postes pour évaluer leur importance et les qualifier en long, moyen ou court terme.

• En cas de reprise, ces évaluations peuvent se faire de gré a gré, ou avec L’aide d’un conseil ou expert extérieur, sur la base de méthodes disponibles. Par exemple, croiser la valeur économique potentielle avec la valeur patrimoniale. Il est nécessaire de bien lister ce qui est inclus dans la reprise et ce qui ne l’est pas. Par exemple, le petit outillage.

À cette étape, il convient de s’assurer que les biens repris ou investis suffisent pour faire fonctionner l’exploitation. à contrario, si certains ne sont pas utiles, sont-ils négociables ou revendables ? Cela peut augmenter l’autofinancement.

Lors de la transaction, il faut également analyser les investissements proches à prévoir : mise aux normes de bâtiments, matériel à changer rapidement… Cette somme sera à ajouter aux besoins précédents.

• En cas de création, le créateur doit lister les investissements indispensables à son activité. Les questions se posent alors d’acheter du neuf ou de l’occasion. Il ne faut pas sous-évaluer certains investissements, comme le dit le proverbe canadien : “il y a des économies qui ruinent et des dépenses qui rapportent”. Si l’investissement permet des gains de temps ou de qualité, il faut le réaliser ! Par exemple, acheter un appareil de manutention fait gagner du temps qui peut être valorise par un meilleur suivi technique, donc économique, du troupeau ou des cultures. 

Evaluer son besoin de financement

Comment je finance

• Les investissements long terme sont adaptés à des biens dont la durée de présence sur l’exploitation est supérieure à 5 ans : bâtiments, installation, matériel. Le cheptel reproducteur est également qualifie de long terme, sachant que sa durée n’excède pas toujours 5 ans (truies par exemple). Le financement doit se caler sur ces durées, soit 5 à 15 ans.

• Les investissements moyen terme. Dans tous les cas, il faut également évaluer le besoin en fonds de roulement. Celui-ci est l’écart récolte, la vente et l’encaissement, il se passe presque une année : le besoin peut être calcule en pourcentage du produit brut moyen, soit 20 à 40 % selon l’activité, ou en mois de charges, soit 3 à 7 mois environ. Le financement de ce besoin peut se faire par des prêts à moyen terme (3 à 5 ans).

• Les prêts court terme sont indiques pour financer l’avance de TVA et l’attente de subventions : un point de vigilance consiste en effet à s’assurer que les biens sont soumis ou non à la TVA. En cas de cession globale, il est possible (sous conditions) de ne pas facturer de TVA. Dans le cas d’un créateur, il faut “avancer” la TVA, souvent 20 % du prix HT. Ne pas oublier également les “faux frais” qui sont de vraies dépenses. On omet souvent d’évaluer le besoin nécessaire pour couvrir les dépenses dites “faux frais”. Par exemple les frais d’étude préalable, les frais de baux, les frais de banque, les frais d’arpentage le cas échéant… Le cumul de toutes ces sommes peut s’avérer important, et si le financement n’est pas assure, cela peut dégrader la trésorerie.

Je développe en période de croisière…

 Pour les investissements en période de croisière, la démarche est quasiment identique, sans négliger que si les investissements sont non productifs (investissements de renouvellement) et finances par emprunts, il faut s’assurer de la capacité de remboursement de l’exploitation. Dans le cas d’un investissement productif, comme un agrandissement d’atelier, ne pas oublier le décalage entre les premières dépenses et la rentabilité effective de l’investissement.

source : Cerfrance - Gérer pour gagner - n° 37 Février 2015

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