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Evolution de l'agriculture : Le foncier agricole, un système à protéger

Laurence Geffroy

L'agriculture perd 60 000 hectares par an. Il est parfois difficilepour les jeunes de s'installer. Pour faire face à cette pression foncière, des solutions sont mises en place par des collectivités locales ou des associations.

D'après l'observatoire annuel des Safer(1), en 2008, le prix des terres agricoles libres en France a augmenté de 5,6 % en moyenne, à 5170 euros l'hectare, et le prix des terres louées de 4,1 %, à 3870 euros l'hectare. Le nombre de transactions a diminué, car si les agriculteurs ont augmenté leurs achats de plus de 1,8 % en nombre, les non-agriculteurs ont réduit les leurs de 10 %. Ainsi, le marché de l'espace rural notifié aux Safer a représenté 233 000 transactions portant sur 577 000 hectares, pour une valeur globale de 17,5 milliards d'euros.
Depuis 1990, 1 300 000 hectares de surface agricole ont disparu, soit presque l'équivalent de la SAU d'une région comme l'Auvergne (1 500 000 ha). Cela correspond à une perte moyenne de 58 000 hectares chaque année. « Le gaspillage des terres agricoles continue inexorablement » regrette André Thévenot, président de la Fédération nationale des Safer. « L'étalement urbain ne cesse de s'amplifier au détriment des espaces agricoles, forestiers et naturels périurbains, au risque de perturber les équilibres écologiques et territoriaux. Des zones commerciales en périphérie des villes étalent à l'infini leurs aires de parking en surface. » Pour freiner cette hémorragie, la direction de la Safer prône pour un « zonage généralisé des terres agricoles ». Un outil qui permettrait de mettre en adéquation les besoins globaux de production agricole avec la cartographie des différentes zones mises sous protection (ZAP, PAEN).

Depuis 1998, l'évolution nationale des prix est perturbée par les acquisitions d'espaces agricoles de la part des citadins et ruraux non-agriculteurs. L'augmentation des prix des terres agricoles, due à la baisse régulière des taux d'intérêt, avait été accentuée par les prix élevés pratiqués par les non-agriculteurs. A partir de 2005, le retrait de ces derniers du marché des terres agricoles s'est accompagné d'une baisse de leur prix d'acquisition, baisse répercutée sur le prix moyen national. « En 2008, c'est bien le prix pratiqué par les agriculteurs, en hausse de 12 %, qui guide à nouveau l'évolution du prix des terres » précise la Safer.

Pour les éleveurs, le prix d'un hectare de terre représente en moyenne 7,5 années de résultat brut agricole rapporté à l'hectare. Si dans les zones de culture, la demande a conduit à la progression du prix et à la rétention de l'offre, la diminution du revenu des éleveurs a entraîné une moindre demande dans les régions d'élevage. Mais l'écart de prix relatif avec les exploitations en grandes cultures se réduit.

Les hausses les plus importantes avec doublement du prix entre 1999 et 2008 se situent sur le littoral méditerranéen, dans les départements savoyards, ainsi que dans plusieurs département du Sud-Ouest (Pyrénées Atlantiques, Landes et Dordogne). « Les acquéreurs non agriculteurs se concentrent sur les territoires les plus attractifs, où la campagne résidentielle se généralise au détriment de l'agriculture : Ile de France, frange nord-est du pays, Dordogne, Sologne, Pyrénées Atlantiques et Sud-est » résume la Safer. Le prélèvement de la surface agricole et forestière demeure donc inquiétant. La pression d'urbanisation reste forte, en particulier sur le littoral, dans le périurbain proche des grandes agglomérations et le long des grands axes de communication. Le soutien aux formes extensives d'agriculture prônées par l'Union européenne augmente également la pression sur le foncier.

Pour faire face, des solutions sont mises en place aux quatre coins du pays, par des communes, des associations ou même des entreprises privées. Parfois l'agriculteur doit se battre pour garder son outil de travail. Il est urgent aujourd'hui de défendre et de rationaliser le foncier.

L'évolution nationale des prix est perturbée par les acquisitions d'espaces agricoles de la part des citadins et ruraux non-agriculteurs. (P. Cronenberger)

L'évolution nationale des prix est perturbée par les acquisitions d'espaces agricoles de la part des citadins et ruraux non-agriculteurs. (P. Cronenberger)

 

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Pâtre d'octobre 2009. (R. Pâtre n°567, p.18 à 25)

(1) Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural.

Source Réussir Pâtre Octobre 2009

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