Fin partielle des DPI : quelle stratégie d’investissement adopter

Conseil National CERFRANCE POSTEC

Fin partielle des DPI : quelle stratégie d’investissement adopter

Depuis 2012, la loi de finance ne permet plus d’affecter des DPI aux immobilisations amortissables. Ceci a profondément changé la politique d’investissements et de financement en matériel des exploitants.

Posez-vous désormais la bonne question

Avant la réforme de 2012, il était fréquent de déduire de son résultat une DPI pour diminuer celui-ci et modérer les prélèvements sociaux et fiscaux. Cette avance sur investissement était fort pratique, et ne demandait aucun effort en termes de trésorerie (contrairement aux DPA, Déductions pour Aléas). L’anticipation des investissements permettait de prendre du recul et d’investir lors des exercices suivants, tout en préservant sa trésorerie. Le point faible de cette stratégie était que la plupart du temps, l’exploitant souhaitait réduire son résultat. De ce fait, au terme maximum des cinq années il devait investir pour ne pas devoir rajouter la DPI au résultat et perdre ce qu’il avait gagné précédemment. Cette fuite en avant conjuguée a des résultats relativement favorables engendrait des surinvestissements.

Posez-vous désormais la bonne question

“Est-il judicieux d’investir seul, à plusieurs ou de sous-traiter (Entraide, Cuma, ETA) ?”. Le raisonnement doit se faire de manière qualitative et quantitative. Si j’investis seul ou à plusieurs, quel est mon revenu disponible après amortissements, frais financier et autres frais (assurances, entretien, main d’œuvre, carburant) ? Le tout compare à une sous-traitance. Ces calculs sont à faire en trésorerie nette après prélèvements sociaux et fiscaux.

Prenons un exemple pour décider s’il vaut mieux acheter une moissonneuse ou bien faire appel à une entreprise de sous-traitance. Les tableaux qui suivent étudient l’hypothèse de l’achat. Le tout pour un potentiel de surface de 50 ha, un prix d’achat de 85 000 €, un amortissement sur 10 ans avec un financement Total sur 8 ans. 

• Le premier tableau reprend les critères chiffrés.

Capture

Dans la colonne de gauche sont inscrits les différents flux de trésorerie avec le solde annuel, les colonnes suivantes reprennent les mêmes critères avec en bas de tableau le solde cumule depuis le départ.

Sur la dernière ligne du tableau, il apparait que l’achat à titre personnel demande une trésorerie supplémentaire de 24 000 €. Cette différence de trésorerie peut être comblée par la revente du matériel nette de prélèvements fiscaux et sociaux ou par une augmentation des surfaces travaillées pour d’autres, sous forme d’entraide par exemple.

Il est possible d’indexer les différents chiffres pour affiner les calculs.

• Pour compléter ces calculs économiques, il faut y ajouter un  Tableau comparatif qualitatif.

Capture

Ce deuxième tableau qualitatif permet à l’exploitant de compléter l’approche financière. Il fait plus appel à ses sensibilités en terme de travail. L’analyse combinée des deux tableaux permet d’affiner l’approche, le prix d’achat éventuel, les surfaces à travailler. Selon sa sensibilité, l’exploitant prendra la décision d’acheter ou de sous-traiter.

Comment financer ?

Le financement peut se faire avec des financements traditionnels, ou avec des locations avec options d’achat. Les négociants proposent souvent de majorer le loyer de départ, pour permettre d’avoir une charge immédiate. Ceci est possible économiquement mais fiscalement, des règles sont à respecter. Le loyer ne doit pas dépasser exagérément la charge d’amortissement dégressif majorée des frais financiers (sauf pour quelques investissements a courte saisonnalité). Ajoutons que ce surloyer est intéressant à court terme mais que la charge

qui a été déduite au début va minorer les charges des années suivantes. Pour les exploitants ayant opté pour la moyenne triennale pour le calcul de l’impôt et/ou de la MSA, l’effet est divisé par trois.

En cas de “mauvaise année”, j’affecte une DPI

Si le résultat baisse de 40 % par rapport à la moyenne des trois années antérieures, je peux rapporter une DPI. Cette pratique est peu usitée, Toutefois elle existe (en plus de la DPA). Cette année, le cours de la pomme de terre subit une baisse historique, les revenus s’effondrent. Il peut être judicieux de réintégrer une DPI, voire une DPA. Pour les exploitants ayant opté en moyenne triennale, l’effet est également dilue.

Cette nouvelle approche ou l’investissement n’est plus dicte par la fiscalité mais par la notion de revenu net après prélèvements, en y intégrant la notion qualitative, permet de remettre a son niveau la stratégie d’investissements, en y intégrant son impact sur les couts de revient. Elle permet également d’anticiper et d’imaginer une politique d’investissements moyen et long terme, et de s’y tenir.

Comment financer

Le financement peut se faire avec des financements traditionnels, ou avec des locations avec options d’achat. Les négociants proposent souvent de majorer le loyer de départ, pour permettre d’avoir une charge immédiate. Ceci est possible économiquement mais fiscalement, des règles sont à respecter. Le loyer ne doit pas dépasser exagérément la charge d’amortissement dégressif majorée des frais financiers (sauf pour quelques investissements a courte saisonnalité). Ajoutons que ce surloyer est intéressant à court terme mais que la charge.

Source : Gérer pour gagner n° 38 - Patrick LEVECQUE - Conseiller d'Entreprise

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires