Financer autrement

Thierry LEMAITRE, responsable conseil

Financer autrement

Crowdfunding, fonds d’investissements ou contribution familiale, l’éventail de possibilités est plus grand que vous ne le pensez. De nouveaux modes de financement de l’exploitation agricole s’offrent aujourd’hui à l’agriculteur qui cherche une alternative aux conditions et exigences bancaires.

La crise économique et financière a profondément modifié les modalités de financement des entreprises, bien au-delà du sentiment plus ou moins justifie que les banques ne prêtent plus ou qu’elles le font avec des garanties renforcées. Il est vrai que les nouvelles normes bancaires (ratio de fonds propres Bale 2, Bale 3, transparence,…) incitent les banques a une prudence renforcée, mais leur image de partenaires des entreprises et des particuliers a été fortement écornée depuis la crise des surprimes de 2007. Un certain nombre de grandes entreprises ont désormais recours directement aux marches financiers pour assurer leur développement en complément des prêts traditionnels. On aurait pu penser que seules ces entreprises auraient accès à d’autres financements, mais il n’en est rien avec l’apparition du financement participatif (en anglais crowdfunding) et des fonds d’investissement qui s’adressent aussi à l’agriculture.

Le financement participatif : une philosophie

Le “crowdfunding” se développe grâce à Internet et aux réseaux sociaux. Il répond à la fois à une certaine philosophie des investisseurs et pour les entrepreneurs à des contraintes liées a un accès difficile au crédit ou un caractère particulièrement novateur d’un projet.

La rencontre entre l’investisseur et le bénéficiaire s’opère sur des plateformes répondant souvent à une finalité particulière. Plusieurs modalités sont ainsi possibles pour le financement participatif.

Parmi les principales, tout d’abord le don pur et simple. Cette pratique concerne essentiellement les associations.

Le prêt qui permet à des particuliers de financer des entreprises ; dans ce cas une banque partenaire intervient la plupart du temps pour assurer la sécurité des transactions.

Le financement participatif en capital. Dans cette configuration, les investisseurs deviennent des actionnaires de l’entreprise, avec un fonctionnement semblable à celui des groupes de business angels.

Un porteur de projet peut ainsi faire part de son idée pour tester l’intérêt auprès de consommateurs ; si cela lui permet d’éviter des écueils par les échanges sur une plate-forme, en revanche il perd le caractère confidentiel de son idée.

Les fonds d’investissements

L’attrait de l’agriculture pour des investisseurs extérieurs s’est manifeste récemment par la création d’une société spécialisée dans le financement d’exploitations agricoles.

L’idée est d’apporter à un entrepreneur les fonds propres nécessaires pour commencer une activité et lui permettre d’avoir une meilleure assise financière face à ses fournisseurs et son banquier. Le public concerne est donc plutôt les jeunes dont la capacité financière est forcément limitée au démarrage. Au bout d’une dizaine d’années, le fonds d’investissement se désengage et laisse progressivement l’entrepreneur augmenter sa part de fonds propres.

La famille

Parmi les financements autres que bancaires, il ne faut pas oublier les concours familiaux. Lors d’installations de jeunes, le recours au prêt familial est déjà largement utilise. Le prêt familial consenti par les parents peut se terminer d’ailleurs par une donation.

Et dans la conjoncture actuelle, des membres de la famille autres que les parents pourraient être intéressés par une implication dans l’entreprise familiale dont un membre assure la pérennité. La rémunération des capitaux investis pourrait bien être supérieure à celle des placements financiers ou moins risquée que l’immobilier.

Chacun sait que l’activité agricole mobilise beaucoup de capitaux. Hormis le prêt familial qui faisait déjà partie du paysage, les banques ont perdu le monopole du financement de l’entreprise agricole. Ces nouveaux modes de financement font désormais partie des outils à la disposition de l’exploitant pour financer ses projets en répondant soit à une autre conception philosophique soit à un besoin complémentaire de capitaux.

Une nouvelle conception du financement

Chacun sait que l’activité agricole mobilise beaucoup de capitaux. Hormis le prêt familial qui faisait déjà partie du paysage, les banques ont perdu le monopole du financement de l’entreprise agricole. Ces nouveaux modes de financement font désormais partie des outils à la disposition de l’exploitant pour financer ses projets en répondant soit à une autre conception philosophique soit à un besoin complémentaire de capitaux.

Source : Cerfrance : Gérer pour gagner - n° 37 Février 2015

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