Les Cuma renforcent leurs investissements

Lise Monteillet

Les Cuma renforcent leurs investissements

La France métropolitaine compte 12 260 Cuma et 212 000 adhérents. Ces derniers ont opté pour l’achat de matériel en commun, afin de réaliser des économies d’échelle, d’avoir accès à du matériel récent et performant tout en intégrant une organisation qui génère du lien social entre agriculteurs.

Si le nombre de Cuma tend à décliner, celles qui sont encore en activité sont davantage dynamiques. Comme le souligne Stéphane Chapuis, chargé de mission à la fédération nationale des Cuma, « 58 % des Cuma ont investi en 2015, contre 49 % en 2013, sur des niveaux de prix équivalents. Il y a assez peu de nouveaux cumistes, mais les cumistes actuels se penchent de plus en plus sur les investissements structurants (récolte, semis, traction) qui ont un vrai impact sur les charges de mécanisation ».

Une bonne organisation à trouver

Néanmoins, tout n’est pas rose en Cuma ! Il faut accepter de partager le matériel, ce qui nécessite une bonne organisation. Une logique de planning et d’anticipation, couplée à une bonne entente entre membres, sont des éléments incontournables afin de faire perdurer la dynamique de groupe.

Par ailleurs, il faut être quatre, au minimum, pour créer une Cuma. Si ce n’est pas le cas, il demeure l’option de la copropriété, qui est une solution plus flexible car elle ne nécessite ni statut, ni assemblée générale. Mais elle s’avère moins sécurisante pour ses membres. A contrario, dans une Cuma, on s’engage dans la durée, ce qui constitue un filet de sécurité. Sans engagements, chacun peut se désister à tout moment et compromettre, au final, l’activité de tous les adhérents… 

Diapositive1

Renforcement des investissements

Avec la crise de 2016, Stéphane Chapuis constate un « regain d’intérêt » pour le modèle Cuma, mais aussi « des tensions sur les paiements ». « Les agriculteurs ne vont pas devenir cumistes à cause de la crise », relativise-t-il. Néanmoins, les Cuma déjà existantes renforcent leurs investissements, et n’hésitent plus à acquérir du matériel de forte valeur. Par exemple, les Cuma sont de plus en plus nombreuses à s’équiper de tracteurs de tête. 

La Cuma permet enfin de mutualiser le risque, notamment parce qu’elle offre la possibilité de tester une technique innovante, comme le semis direct, à moindre frais. Enfin, dans la plupart des Cuma, le partage de matériels s’accompagne bien souvent d’échanges de savoir-faire entre pairs. « Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin » dit le proverbe.

Retrouvez le dossier complet : charges de mécanisation, comment desserrer l'étau

Source Données fournies par la FNCUMA

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Commentaires 5

fairytales

oui les cuma investissent car favorisée par les subventions... mais les cuma peuvent etre un excellent systeme de reduction de charges , mais j'en ai vu aussi ou c'etait pire

LE GOULOT

Dès que l'on parle de cuma on voit apparaître les mots "kolkhoze,presque communis...".
Je pense que pour écrire cela il ne faut jamais avoir mis les pieds dans une cuma . Avec mes 5 collègues nous savons nous unir pour économiser et améliorer nos résultats , faire des efforts pour nous supporter mais une fois le travail terminé "chacun pour soi",l'intégration à des limites . On ne pleure pas sur le coût du matériel car avec des "agilor" non subventionnés et une surface qui divise bien le coût hectare il y a une réelle rentabilité à s'unir

CRASH38

Oui AGREGATS ! que penser de cet argent qui tombe du ciel ! Mais dans cet esprit on peut aussi aller à mettre en commun les terres agricoles, les faire cultiver en commun avec des matériels et des ouvriers agricoles communs et les commercialiser en commun par une coopérative qu'on pourrait appeler par exemple kolkose ! Là, il ne faut pas rigoler et on ne rigole plus du tout.

jm10

il faut prendre la subvention comme un plus à un investissement, et ne pas faire l'investissement parce qu'il y a une subvention.

AGREGATS

Les CUMA doivent gérer elles aussi avec la plus grande rigueur...Que d' aberrations entendues sur le terrain...on peut y aller, on a un taux 0 et 40% de subventions..Comment peut on encore concevoir ces mentalités primaires comme si l'argent tombait du ciel et comme si avec l'argent publique on pouvait faire n'importe quoi...le taux 0 y-a-quelqu'un qui paye et la subv idem. pas étonnant que ce pays est enfoncé...Tout le monde tire sur la corde.

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