Porc : viser le triple A

Véronique Kerlidou, ingénieur études

Pouvoir faire face aux aléas conjoncturels, conserver un outil qui a de la valeur, c’est l’objectif idéal. Comment afficher un bilan noté “triple A” ? Voici un certain nombre d’orientations et de pistes de réflexion.

Malmenés par une conjoncture défavorable sur les dernières années, les producteurs de porcs doivent faire face à ce qui pourrait désormais être qualifié d’une mutation. Les repères bougent. Pour rester dans la course, la recherche d’une efficacité extrême est de mise.

Autonomie ̀financière

La situation financière d’un élevage est fortement liée à sa rentabilité. Elle est le reflet de performances sur le long terme. Même si parler d’autonomie financière aujourd’hui paraît provocateur au regard de la conjoncture récente, cela doit rester un objectif à moyen terme pour être en mesure de traverser les périodes moins favorables. L’enjeu est de ne pas dépasser la “ligne jaune” du seuil d’endettement, même en phase d’investissement. Cette ligne jaune est propre à chaque exploitation en fonction de ses performances et de ses objectifs personnels.

Alimentation, la maîtrise avant tout

Travailler sur les dépenses alimentaires est nécessairement payant dans un contexte haussier de l’aliment depuis 4 ans. Les efforts déjà portés sur la réduction de l’indice de consommation sont notables : 0,1 point de moins en moyenne depuis 5 ans. 45 % des élevages* se placent désormais sous la barre de 2,90 contre seulement 20 % il y a 5 ans. C’est un gain de 3 cts sur le coût alimentaire. L’intérêt ou non de la fabrique de l’aliment pour réduire les coûts se pose régulièrement. Il ne peut s’agir que d’une réflexion sur le long terme. L’analyse comparative des résultats attribue aux fafeurs un boni de 5,7 cts par kg sur le résultat courant 2011 après rémunération de la main-d’œuvre familiale* par rapport aux élevages achetant 100 % d’aliment du commerce. Un an plus tôt, à l’inverse, les fafeurs dégageaient 2,7 cts de résultat de moins que les autres. Au-delà de l’aspect aliment, les exploitations qui fafent disposent généralement d’une plus grande assise foncière qui leur confère une plus grande autonomie en matière d’épandage sans compter le versement de DPU permettant de réduire le point d’équilibre global. Dans tous les cas, le bonifaf n’est réel qu’en sécurisant ses approvisionnements en prix et en qualité. Actuellement, divers modes d’achat voient le jour avec la montée en puissance du marché à terme des céréales, du marché des options… Mais ceci nécessite un suivi régulier des marchés.

Autonomie en engraissement

La mise aux normes bien-être qui s’impose désormais peut être l’occasion de repenser la cohérence de sa chaîne de bâtiments. Viser l’autonomie en engraissement laisse espérer des gains techniques et économiques mais à condition de ne pas dépasser la “ligne jaune” de l’endettement. Les questions régulièrement soulevées dans l’analyse des projets sont : est-on en mesure de faire face en même temps à la mise aux normes bien-être et au rapatriement de toutes les places d’engraissement ? N’est-il pas opportun de réduire l’effectif truies pour gagner en autonomie ? N’existe-t-il pas d’opportunité d’agrandissement ?
Dans tous les cas, c’est une cohérence globale de l’élevage qui permettra d’en dégager la meilleure rentabilité en mettant en adéquation les moyens de production tant humain que matériel.

* Etude annuelle 2010-2011 – élevages spécialisés clôturant entre juillet et juin 2011.

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