Techniques culturales simplifiées : TCS : Un gain de temps, surtout

COGEDIS

Passer aux techniques culturales sans labour peut être intéressant pour réduire son coût de production. Cependant, dans un premier temps, la hausse des intrants peut alourdir la note.

86 € par tonne. C'est le coût de production du blé ukrainien. Il est de 156 € en France et de 130 € aux Etats-Unis… La différence provient en grande partie des coûts de mécanisation. Il devient impératif de s'adapter aux nouveaux enjeux économiques liés à la mondialisation. Cette adaptation peut passer par la simplification du travail du sol, c'est-à-dire par l'abandon total ou partiel de certains travaux de préparation du sol pour l'implantation des cultures (labour, hersage…) et donc passer aux techniques culturales sans labour comme le semis simplifié ou le semis direct. Mais est-ce vraiment intéressant au plan économique ? Sur le papier, les techniques culturales sans labour permettent de réduire les coûts de mécanisation grâce à la diminution du parc matériel, du coût de carburant et du temps de main d'oeuvre consacré à l'implantation des cultures.

Plus complexe

Cependant, les techniques « simplifiées » sont plus coûteuses en frais de désherbage et en moluscide (limaces). En effet, le contrôle des adventices est plus complexe surtout dans les systèmes « monoculture » et à rotation « colza, blé, orge d'hiver ». De plus, la gestion des résidus (paille notamment) peut poser problème lors de l'implantation. Un déchaumage associé à un broyage fin est recommandé afin d'obtenir une répartition plus homogène. La pratique du semis direct nécessite donc une bonne connaissance du sol, une meilleure gestion des adventices et des limaces, et du matériel spécifique tels les semoirs directs, les semoirs directs animés, les polyvalents et les combinés… au risque de voir bien souvent sa facture d'intrants augmenter. Les gains économiques sont donc limités, voire négatifs lorsque la simplification ne s'accompagne pas d'un réajustement des facteurs de production. L'économie directe sur les charges de mécanisation peut donc être annulée par une hausse des intrants ou du nombre de passages (déchaumage, décompactage…). C'est là tout l'enjeu du passage aux techniques simplifiées. Quant au rendement, si les premières années, une baisse de l'ordre de 3 à 5 % est généralement constatée, très vite les écarts s'estompent.

Temps libéré

Côté temps de travail, la simplification du travail du sol a pour avantage de baisser le temps de traction par hectare, diminuant ainsi la charge de travail globale. Ce temps libéré est à son tour, à plus ou moins long terme, source de gain financier en permettant la diversification vers une autre activité ou en économisant de la main d'oeuvre salariée. Autre avantage de la simplification : diminuer la part de capital investi dans le parc matériel. Il est alors possible de passer de 2100 €/ha environ de capital investi dans les machines à 1200 €. Mais attention, le fait de passer, par exemple, d'un équipement « labour » déjà amorti à un équipement « spécifique du non-labour » mais neuf, risque au contraire d'augmenter les charges de mécanisation à court terme. C'est en observant les charges « en situation de croisière », après plusieurs années que l'exploitant pourra mesurer s'il y a effectivement une économie de charges de mécanisation.
Enfin, il convient de ne pas négliger l'aspect écologique des techniques simplifiées sur le comportement du sol. L'humidité superficielle est mieux préservée et favorise donc les levées des cultures, l'érosion est moins importante avec une meilleure portance, et l'infiltration de l'eau lors des pluies hivernales ou printanières est plus efficace.

Source COGEDIS

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