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Viande bovine : enfin la hausse des cours

Pascale Van Belleghem, ingénieur études

Les cours en viande bovine remontent en 2011. C’est une bouffée d’oxygène pour des producteurs de viande bovine habitués à une stabilité à bas niveau depuis plusieurs années. Mais ces cours couvrent tout juste les coûts de revient.

Toutes catégories confondues, les cours des gros bovins frôlent les 3,40 €/kg depuis novembre 2011, soit + 10 % par rapport au 1er semestre 2011, déjà en progression par rapport aux deux années précédentes. Les jeunes bovins bien classés (U) atteignent le seuil des 4 €/kg. Les vaches de réforme suivent la tendance puisque les vaches type allaitant (classe R) sont à 3,50 €/kg. La hausse est plus modérée pour les animaux maigres (broutards). Ces cours reflètent le manque de taurillons à abattre en France et dans le reste de l’Europe. Autre explication, les exportations vers pays tiers, en particulier la Turquie, ont été soutenues jusqu’en octobre. Cette pénurie de viande bovine pourrait bien être la conséquence du découplage de la PSBM (prime aux bovins mâles) en 2006 dans la plupart des pays européens et de la hausse des coûts sur les quatre dernières années.

Des prix actuels proches des coûts de revient

Les revenus, affectés par la hausse des prix des aliments, de l’énergie, des engrais,… ne permettaient plus de rémunérer correctement la main-d’œuvre des exploitants. Sur les 3 dernières années, les coûts ont augmenté de 100 € par vache, soit un impact de 0,27 € par kg net vendu. La hausse actuelle du prix permet juste de couvrir le coût de revient qui se situe, aides PAC déduites, à 3,80 €/kg en système naisseur-engraisseur, ce qui correspond à la cotation actuelle des jeunes bovins classés R (classement moyen). Chez les naisseurs, les prix restent globalement inférieurs au coût de revient net de primes PAC qui se situe à 2,75 €/kg vif. Les naisseurs bretons sont pénalisés par la problématique “dimension” des élevages : le nombre de vaches allaitantes par unité de travail est équivalent à celui des naisseurs-engraisseurs, pour un produit par vache logiquement bien inférieur.

La marge brute par hectare est très liée à l'intensification fourragère et donc au charge

Optimisation des systèmes

Pour profiter au mieux des cours actuels, l’optimisation technique reste de mise à travers les fondamentaux : nombre de veaux sevrés vaches, suivi des croissances, état sanitaire du troupeau. De plus, l’augmentation du chargement est une voie primordiale d’amélioration dans un contexte où les marges céréales dépassent depuis 2 ans les marges hors primes par hectare en bovin viande. Les études de groupe montrent que le chargement explique 35 % des écarts de marge par hectare en élevage naisseur-engraisseur et 20 % en naisseur. Autrement dit, augmenter le chargement permet d’améliorer la marge par hectare.
Pour conserver un intérêt économique à la production de viande bovine, l’optimisation technique ne suffit pas. Il faudra aussi que les cours se maintiennent à un bon niveau.

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