Zone agricole et troubles de voisinage

JURISVIN

Zone agricole et troubles de voisinage

Les zones rurales sont généralement propices aux nuisances, que ce soit le bruit, les odeurs, les insectes, la gêne visuelle… Les habitations qui se construisent à proximité d'exploitations agricoles sont donc susceptibles de pâtir de ces nuisances.Mais peut-on raisonnablement se plaindre de troubles de voisinage lorsqu'on réside en zone agricole ?

On aurait tendance à imaginer que dans le cadre de zones agricoles, les tribunaux privilégient les exploitations agricoles aux habitations. Et pourtant, depuis une vingtaine d'années, les décisions se multiplient, reconnaissant l'existence d'un trouble du voisinage.

Il peut s'agir de nuisances dues à des odeurs nauséabondes, des cris d'animaux ou bruits de machines, de présence d'insecte, de pollution d'un étang, de présence de bâtiments défigurant le paysage...

Le régime des troubles de voisinage

Ces troubles du voisinage sont régis par un régime propre, pour lequel il n'est pas nécessaire de démontrer la faute de l'exploitant pour obtenir réparation. Dès lors que le trouble « anormal » est démontré, le plaignant peut obtenir réparation.

Chaque juge va s'appuyer sur différents critères pour apprécier l'anormalité de la nuisance : durée du trouble, persistance, intensité, etc. D'où des décisions parfois opposées pour une même situation : ainsi une cour d'appel a pu reconnaître un trouble anormal causé par un épandage de lisier entraînant une odeur pestilentielle irrespirable, même en zone rurale (CA Agen 26 février 2003), alors qu'une autre a jugé que la présence d'un tas de fumier à distance réglementaire et déposé dans des conditions régulières ne pouvait être considéré en milieu rural comme un trouble anormal du voisinage (CA Bordeaux 26 août 1986).

Privilège de l'antériorité

L'article L. 112-16 du code de la construction et de l'habitation dispose notamment que le voisin qui se plaint de nuisances dues à des activités agricoles ne peut obtenir réparation dès lors qu'il s'est installé alors que l'exploitation agricole existait déjà et que les activités agricoles s'exercent en conformité avec la législation. L'exploitant agricole qui exerce son activité avant l'arrivée du plaignant est donc en principe protégé par cette législation.

Néanmoins, les juges peuvent facilement écarter cette règle dès lors que l'exploitant ne respecte pas les réglementations spécifiques à son activité (ex : règles relatives à l'hygiène.…).

Certaines cours vont plus loin encore en estimant que cette règle de l'antériorité ne doit pas priver un voisin du droit de jouir paisiblement de son bien avec des inconvénients demeurant raisonnables (CA Nîmes 19 février 2002).

Sanctions

L'exploitant agricole à qui l'on reproche des troubles de voisinage peut être sanctionné de diverses manière. Il pourra être notamment condamné à verser des dommages-intérêts, à effectuer des travaux permettant de réduire ou de stopper les nuisances, voire même à cesser l'activité à l'origine des troubles.

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Commentaires 2

JO

si les citadins ne veulent pas de nuisance dû à l'agriculture qu'ils restent en ville avec ces désagréments :circulation,pollution, bruit ...
quant on fait le choix de la campagne il faut en accepter les avantages et les inconvénients
et je pense que les avantages sont nombreux à commencer par le prix du terrain et c'est ce qui attire ces personnes venues s'installer à la campagne.si lors de l'achat du terrain celui-ci est proche d'une exploitation il faut avant de concrétiser son projet réfléchir aux conséquences futures : odeurs éventuelles , bruit ...

eleveur 61

Les jugements qui ne tiennent pas compte de l'antériorité art 112-16 démontre que la république française n'a pas une justice digne de ce nom combien la justice français posséde t-elle de mur des c***.

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