10 vérités sur les groupements d’employeurs

Lise Monteillet

10 vérités sur les groupements d’employeurs

Pour tous les agriculteurs qui ne peuvent embaucher à temps plein, l’adhésion à un groupement d’employeurs est une bonne solution. Comment s’y prendre ? Quels sont les pièges à éviter ? Voici quelques conseils issus d’une table ronde consacrée à l’emploi partagé, lors de l’assemblée générale du réseau Cuma, le 30 mai.

Les cuma souhaitent développer l’emploi

La fédération nationale des Cuma fait de l’emploi un axe fort de son développement avec l’objectif de créer 1000 emplois supplémentaires d’ici 2020. Le réseau compte actuellement 4700 emplois, mais il espère que ce chiffre va rapidement augmenter grâce à la loi Travail de 2016 qui reconnaît les Cuma comme un groupement d’employeurs à part entière. 

1. Un groupement d’employeurs est plus facile à créer en zone rurale qu’urbaine, car les entreprises se connaissent mieux. Tel est le constat réalisé par Caroline Thieffry, directrice du groupement d’employeurs multisectoriel Helys, en Bretagne, créé il y a dix ans. Ce groupement compte environ 60 salariés, oeuvrant dans des sociétés très différentes : services, commerce de gros, maraîchage, agroalimentaire…

2. Le groupement d’employeurs permet de passer le cap d’une première embauche, en « limitant la prise de risque et en bénéficiant d’un accompagnement », selon Jérôme Volle, président de la commission emploi de la FNSEA.

3. Un groupement d’employeurs répond à « un besoin récurrent » de main d’œuvre rappelle Jean Dalichoux, consultant et auteur d’un ouvrage consacré au sujet. D’autres solutions existent pour répondre à un besoin ponctuel, tels que les services de remplacement agricole ou encore les agences d’intérim.

4. Au départ, Jean Dalichoux conseille de « la modestie dans les projections ». Histoire d’éviter des déconvenues…

5. Un groupement d’employeurs perdure seulement si les employeurs cultivent un climat de transparence et de compromis. « Il faut des fondations saines », estime la directrice d’Helys.

6. En adhérant à un groupement d’employeurs, il n'est pas opportun de se positionner comme un simple « utilisateur », rappelle Caroline Thieffry. Chaque employeur conserve un rôle de management. S’il n’est pas à l’aise dans ce domaine, il peut être formé.

7. Au moment du recrutement, il est conseillé de se faire accompagner. Le groupement d’employeurs de Caroline Thieffry dispose «de spécialistes » qui construisent des fiches de poste, sélectionnent les candidats en fonction de leurs aptitudes (adaptation, organisation, communication) et de leurs compétences. Le groupement d’employeurs est aussi utile dans le suivi des salariés : gestion des conflits, proposition de formations…

8. L’emploi partagé favorise la créativité des salariés. En alternant entre plusieurs employeurs, « les salariés voient beaucoup de choses différentes », constate Caroline Thieffry, ce qui est vecteur d’innovation.

9. Les missions trop courtes peuvent compromettre la qualité du travail réalisé. « Au sein d’Helys, nous avons décidé de ne pas aller en dessous d’une journée par semaine. Les missions très courtes ne permettent pas une bonne intégration du salarié », souligne Caroline Thieffry.

10. Afin de « responsabiliser davantage les salariés, il est possible de les spécialiser », conseille Franck Maurin, trésorier de la Cuma du Pourtalou, en Aveyron. Dans son secteur, trois Cuma mutualisent quatre salariés qui conduisent le matériel ou sont mis à disposition des adhérents au moment de l’agnelage. Après une période de tâtonnements, ce groupe a opté pour une spécialisation des tâches, tout en conservant un degré de polyvalence. 

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires