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A Houplin-Ancoisne, tout a commencé par un tract dans les boîtes aux lettres des villageois

JA Mag

A Houplin-Ancoisne, tout a commencé par un tract dans les boîtes aux lettres des villageois

Récit : d'une ferme à défendre. Installés en 2013 à la faveur du départ en retraite des associés de leur père et de leur oncle, Émilien et Célestin Rose ont dû faire face avec leur famille à la fronde de quelques habitants de Houplin-Ancoisne contre le regroupement de deux exploitations en une seule.

"si nous ne nous défendons pas, il n'y aura plus d'élevage en France"

  

Le 1er avril 2015, c’est un jour de grand soleil sur l’exploitation familiale des Rose située dans un bourg à 10 km de la capitale des Flandres. Pourtant, le ciel s’est soudain assombri au-dessus de leurs têtes début décembre 2014.

Émilien Rose, qui n’habite pas sur l’exploitation familiale découvre un tract dénonçant le projet de regroupement des deux sites que compte la ferme en un seul. Le tract qualifie ce regroupement de ferme usine. Le Gaec, compte en réalité, 130 vaches laitières, soit 250 bovins et 4 000 dindes.

Les opposants au projet vont jusqu’à illustrer leurs propos par une photo de la ferme des 1 000 vaches et orchestrent une réunion publique le 11 décembre 2014. « On a eu plein de coups de fil de voisins ce week-end-là ! se rappelle Émilien. Ce sont les associés de mes parents, qui avaient leur ferme à l’autre bout du village qui nous ont vendu leurs parts pour que nous nous installions, mon frère Célestin et moi. L’idée de regrouper les deux exploitations, situées à quatre kilomètres l’une de l’autre pour faciliter la logistique est venue ensuite. Notre Gaec est situé en zone périurbaine, les déplacements sont loin d’être faciles », précise-t-il.

A Houplin-Ancoisne, tout a commencé par un tract dans les boîtes aux lettres des villageois

Un projet qui améliore l’impact environnemental

Face à ce tract et à l’annonce en une par le quotidien régional : La voix du Nord de la réunion publique, le sang des associés n’a fait qu’un tour. Ils ont appelé la rédaction pour qu’elle dépêche un journaliste et les syndicats JA et FDSEA. 150 agriculteurs se sont mobilisés pour les soutenir et sont venus avec des drapeaux et des affiches. L’architecte qui a conçu le bâtiment et la fonctionnaire en charge à la communauté urbaine de Lille de gérer la question des champs captants -et qui a donné son aval à la construction- étaient également présents. 

« Les agriculteurs ne sont pas de bons communicants, quand on nous attaque, ça nous prend aux tripes, s’expliquer devant une assemblée devient alors difficile. Nous avons donc fait venir notre architecte et cette fonctionnaire. Ils ont expliqué que la fosse à lisier circulaire était similaire à celle des stations d’épuration et qu’il n’y avait aucun risque de fuite et donc aucun risque pour les champs captants. Nous nous équipons d’un séparateur de phase, ce qui fait que la fosse ne contiendra que des eaux brunes. Il n’y a pas mieux pour la gestion des effluents. La matière solide du lisier - du compost - permet de confectionner la litière des vaches. Le surplus, quasi inodore, peut être épandu dans les champs. Il n’y aura plus de fumier, plus de béton à racler et nous réduisons de 30 % le lisier. Et les vaches ne seront jamais aussi bien que là où elles seront. »

Un investissement de 1,1 M€. « Je n’y croyais pas ! On a à peine commencé de s’installer que tout peut s’arrêter ! Nous n’avions pas encore vendu l’autre corps de ferme alors que la vente permettait de financer notre investissement dont la construction avait commencé. Nous pouvions tout perdre. En jouant sur les amalgames, ils ont fait peur à tout le monde ! Et puis, pourquoi ils ne sont pas manifestés avant ? Si nous ne nous défendons pas, il n’y aura plus d’élevage en France ! » Même France Nature Environnement a rendu un avis favorable au projet. 

Une construction toujours sous pression

Une personne sous couvert d’anonymat avait appelé l’architecte quelques jours avant notre reportage pour menacer d’attaquer le projet en annonçant que le permis de construire était un faux. Une menace matérialisée par un référé devant le tribunal administratif pour suspendre le permis de construire qui datait 29 novembre 2013. Cette première attaque a échoué, le bâtiment étant fini à 97 %. Le 17 avril, le juge a débouté les plaignants. Nord Ecologie Conseil va néanmoins poursuivre son action sur le fond du dossier (construction sur des champs captants). Une démarche qui prend une tournure politique, le président du groupe FN à Lille Métropole soutient les requérants. « Nous avons toutes les armes pour nous battre au tribunal. Nous avons pris toutes les dispositions. À chaque étape décisive, un huissier était présent. En plus dans notre contrat d’assurance de la ferme, nous avons opté pour une bonne protection juridique. Nous sommes partis sur au moins deux ans de procédure », explique le jeune exploitant, qui se dit d’un naturel optimiste et insiste sur le devoir des agriculteurs de communiquer et de communiquer encore. La famille Rose reste en ordre de bataille.

Source : Carole de Boyer d'Eguilles - JA mag n° 715 6 Mai 2015

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Commentaires 13

dob

ce n'est pas parce que le monde urbain domine politiquement le monde rural que toute critique provenant du premier est forcement fausse du point de vue du deuxième.

doubidoudou

la seule bonne reponse dans ce cas là , que les paysans bloque l'epandage de matiere fecale d'urbain , immediatement , que l'on rebouche tout de suite les tout a l'egout et qu il se debrouille avec leur mer...

moumi

moi a titre personnel je fais des reunions publiques des qu'un couple se met ensemble , il n' y a pas de raison qu'il ne garde pas leur 2 appartements meme pour des raisons pratiques....
les gens ne veulent rien payer a son juste prix et empeche en plus de rationnaliser

JA

STOP arrêter de pourrir la vie des jeunes qui aiment le metier et surtout tous ces gens qui s'opposent à ce projet prenez autant de risque financier que les agri et on en parle.
Allez plutôt vous battre contre ces GMS qui vous arnaque et qui détruisent l'agri

onestavecvous

courage les gars ! tous ces illuminés savent occuper l'espace médiatique mais ils ne sont pas si nombreux que ça (heureusement d'ailleurs) . défendez vous ! les éleveurs sont avec vous !

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