À la recherche de l’autonomie…

Conseil National CERFRANCE POSTEC

À la recherche de l’autonomie…

C’est peu dire que le parcours de Bruno Merle est caractérisé par une démarche d’adaptation permanente ! Aux portes du vignoble de Saint-Pourçain, dans une région où se marient cultures et bocages, l’agriculteur peut être fier de son cheminement. Sa réactivité et son esprit d’anticipation ont assuré la réussite de ses choix. En toute autonomie.

Carte d'identité

EARL Le Treuil MB - Le Treuil 03210 Besson Associé unique et gérant Bruno Merle Activité Polyculture, élevage de bovins viande SAU 72,6 ha

SCEA Avicole Bruno Merle Le Treuil 03210 Besson Associé gérant Bruno Merle Associée Suzanne Mazellier, son épouse Activité élevage de volailles

SARL Énergie Équitable Autrac 43450 Autrac Associé cogérant Bruno Merle Associés 37 Activité Production d’électricité photovoltaïque Chiffre d’affaires 1 300 K € 

Bruno Merle propriétaire immobilier par mise à disposition ou bail - Les terres en propriétés - Les bâtiments agricoles et poulailler - Les toitures photovoltaïques

À la recherche de l’autonomie…

Le Bourbonnais est non seulement connu pour son histoire, mais également pour son terroir. Bruno Merle s’est installé en 1985, en dehors de l’exploitation familiale. Au départ, il s’agissait d’une ferme de 50 ha environ dont 40 ha en achat foncier, essentiellement en polyculture et un peu d’élevage bovin naisseur engraisseur.

S’adapter pour trouver une nouvelle stabilité

 En 1992, Bruno se rend compte que la première réforme de la PAC modifie profondément les paramètres de viabilité des entreprises agricoles. Autrement dit, ces activités sur une surface peu importante ne seront plus viables.

 “Quelles solutions s’offraient à moi à l’époque ?”, précise Bruno. “La course aux hectares… mais je suis seul sur mon exploitation. Mon épouse travaille à l’extérieur. Les marges de manœuvre de ces activités seront par ailleurs faibles et très dépendantes de la fluctuation des prix de marché. Rechercher une nouvelle stabilité en créant un élevage de volailles hors-sol ? À l’époque, je devais en plus trouver une solution pour me loger correctement. J’ai donc recherché un partenaire économique. J’ai élaboré, avec mon conseiller, un modèle économique et je suis allé rencontrer mon banquier. Je lui ai proposé deux options : l’une annonçait la fin programmée de mon exploitation ; l’autre, bien que nécessitant des concours financiers importants, envisageait de me remettre sur les rails, avec un poulailler et une maison d’habitation. J’ai eu de la chance, cette personne m’a fait confiance”.

25 ans après, le modèle économique a bien fonctionné. Bruno a pu finir de rembourser le foncier, construire son habitation, continuer d’investir dans les outils de production. Mis à part le ramassage des volailles, il peut assurer seul l’ensemble des travaux de son exploitation. Par ailleurs, Bruno adhère à plusieurs CUMA et échange des travaux sous forme d’entraide avec ses voisins, système qui fonctionne très bien.

À la recherche de l’autonomie…

S’impliquer dans l’économie locale

Une autre résultante de ce cheminement est la recherche de partenariats locaux. Vivre sur son territoire et faire vivre son territoire, telle est sa volonté affichée depuis longtemps. Le partenariat pour les volailles est local, pour les bovins repousse et embouche également.

“Grace à mon 1,5 ha de vignes, je participe aussi à la vie de la coopérative de Saint-Pourcin”. Les résultats économiques ont fortement progresse et ont permis a Bruno de réfléchir a une organisation juridique et patrimoniale différente. Celle-ci tourne autour de trois axes :

• 1er axe : polyculture élevage, vigne au sein d’une EARL unipersonnelle,

• 2e axe : création d’une SCEA entre époux (à l’IS) pour l’exploitation des volailles,

• 3e axe : patrimoine foncier et immobilier agricole à titre personnel.

En outre, depuis 2009, Bruno a souhaité participer à l’aventure photovoltaïque sur bâtiments agricoles. Avec une vingtaine de collègues d’Auvergne, ils ont créé une société en mutualisant leurs risques et leurs gains. Chaque exploitant a mis à disposition de la société (par bail emphytéotique) un espace toiture. Chacun a mis la part d’autofinancement nécessaire. La banque a prêté le reste (environ 80 % de la somme). Ainsi, le poulailler et un bâtiment de stockage sont équipes de panneaux photovoltaïques appartenant à la SARL énergie équitable Autrac et permettent de faire bénéficier à Bruno d’un loyer conséquent pour son espace toiture, ainsi que de dividendes issus des résultats de la société.

 “J’ai eu la chance d’accrocher le bon wagon. Je cherchais des solutions pour asseoir mon équilibre énergétique. Cette opportunité est jusqu’à présent une réussite. En outre, je suis l’un des co-gérants de cette société”.

 

À la recherche de l’autonomie…

Réussir la transmission

Avec ses différents axes de revenus, Bruno est maintenant prêt à réfléchir à la prochaine étape : la transmission progressive.

“Je suis âgé de 58 ans. Aucun de nos enfants ne souhaite revenir sur mon exploitation ; du coup, je recherche un ou plusieurs repreneurs. L’organisation choisie me permet de céder les volailles ou l’exploitation des terres ou les deux à la fois. Je peux également envisager de rester temporairement au capital pour favoriser la transmission.

N’oublions pas qu’aujourd’hui j’assure seul l’ensemble des activités. Ce que je souhaite transmettre est donc tout à fait compatible avec une installation individuelle ou sociétaire. Ce serait un aboutissement professionnel que de réussir la transmission”.

Pour résumer la démarche d’adaptation permanente de Bruno, c’est la recherche d’autonomie qu’il faut retenir :

- autonome pour son travail,

- autonome pour sa gestion et ses choix commerciaux,

- autonome dans ses consommations,

- autonome pour transmettre.

Source : CERFRANCE : Daniel Causse, Expert Comptable - Gérer pour Gagner n° 40 Décembre 2015

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