Besoins professionnels et perception du métier des salariés agricoles de Midi-Pyrénées

Aveyron ASAVPA

Besoins professionnels et perception du métier des salariés agricoles de Midi-Pyrénées

Des étudiants en licence pro ont réalisé une étude sur les salariés agricoles de Midi-Pyrénées. Ce projet était tuteuré par la Fédération Régionale des ASAVPA de Midi-Pyrénées. Le 20 mai 2014, ils en présentaient les principaux résultats :

Besoins professionnels et perception du métier des salariés agricoles de Midi-Pyrénées

72 salariés interviewés

Dans le cadre d’un projet tuteuré, cinq étudiants en licence professionnelle du CFPPA d’Auzeville, encadrés par Madame Pascalini, ont travaillé durant plusieurs mois sur la perception de leur métier par les salariés agricoles de Midi-Pyrénées ainsi que sur leurs besoins professionnels, avec comme fil conducteur, le « bien-être au travail » : "Mieux les connaître pour mieux répondre à leurs besoins et attentes".

Au total 72 salariés ont accepté de répondre à un entretien téléphonique portant sur ces questions (21 de l’Aveyron, 15 du Lot, 31 du Tarn et 5 de Haute-Garonne).

Une majorité des salariés agricoles enquêtés travaillaient en élevage ou en vigne, deux gros secteurs employeurs de salariés dans les départements enquêtés.

 

 

Niveau de formation, choix du métier

Niveau de formation :
Plus les salariés sont jeunes, plus ils sont formés (100% des < 25 ans ; 2/3 des 25-40 ans ; ½ des > 40 ans) ; ils ne le sont plus désormais uniquement « dans le but de s’installer ».

Les non-formés ont souvent choisi ce métier par opportunité pour un emploi de proximité.

 

Choix du métier :

1/3 des salariés interrogés ont choisi ce métier pour suivre le modèle familial, 1/3 par passion (souvent aussi transmise par la famille), 1/3 enfin par goût pour le travail dans la nature ou par opportunité. Modèle familial et passion sont prépondérants en élevage.

Les métiers de culture (vigne...) sont considérés par les salariés comme plus faciles et accessibles pour des personnes non issues du milieu agricole.

 

 

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Formation continue,

Une majorité de salariés (55 %) pensent que la formationcontinue peut les aider à évoluer dans leur parcours professionnel.

Les < 25 ans qui sortent de formation ne sont pas parmi les plus demandeurs.

Les 25-40 ans sont plus ouverts afin d’améliorer leur position sur le marché du travail (meilleur poste, responsabilités, installation...).

Les personnes  ne venant pas du milieu agricole sont aussi plus demandeuses de formation continue.

A l’inverse, les > 40 ans ne veulent pas dans l’ensemble se former, soit qu’ils se contentent de leurs acquis, soit qu’ils soient proches de la retraite.

Les 25-40 ans, et notamment parmi eux les salariés non issus de l'Agriculture, forment donc le public le plus intérressé par la formation continue.

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Santé et sécurité, conditions de travail

 

Santé et sécurité :

60 % salariés trouvent que leur travail n’est pas stressant contre 40 % qui le pensent. Ces derniers sont plus nombreux à travailler en élevage (près de la moitié), semble-t-il en lien avec cette activité et ses contraintes (pics de travail...)

Pour se former à la sécurité au travail ce sont cette fois-ci les  > 40 ans qui sont les plus demandeurs, sans doute en lien avec des problèmes qu’ils ont rencontré au cours de leur carrière. Les plus jeunes sont moins enclins à en suivre car ils pensent que « leur formation initiale intègre déjà ces notions ».

En ce qui concerne de possibles nuisances par rapport à leur santé, une majorité de salariés n’en voient pas. Ceux qui en expriment en cultures, les associent davantage aux produits phytosanitaires tandis que les salariés en élevage évoquent plutôt le travail manuel et le port des charges lourdes.

Une grosse moitié des salariés disent utiliser les Équipements de Protection Individuelle (EPI) pour se protéger. Ceux qui ne les utilisent pas, estiment qu’ils n’en ont pas besoin, ou bien ils manquent sur l’exploitation, ou bien encore du fait de la parcellisation des tâches ne prennent pas le temps d’aller les chercher pour de brèves intervention.

A plus 80 %, les salariés agricoles jugent leur employeur « prévenants par rapport aux risques présents sur l’exploitation », qu’ils soient en CDI ou en CDD.

Des participants se sont interrogés sur l'usure au travail, que l'on rencontre dans d'autres professions : à un certain âge (après 45 ans en général) , se pose la question du parcours professionnel. Un bon outil pour cela, trop peu utilisé, est l'entretien d'évaluation annuel qui permet de répondre à la question "Est-ce que ça va toujours ?" Cela permet de déceler d'éventuel problèmes avant qu'il ne soit trop tard et de s'ouvrir éventuellement vers d'autres métiers.

En ce qui concerne les EPI, le délégué Prévention rappelle que l'on doir prioritairement s'intéresser à la protection collective (ex diminuer le bruit des machines avant de propose rde porter un casque anti-bruits, supprimer la pouyssière avant de proposer un masque de protection...)

Conditions de travail :

82 % des salariés se situent entre 35 h et 40 h / semaine, ce qui correspond majoritairement  aux horaires et objectifs des salariés. Les horaires sont malgré tout souvent supérieurs à ceux du contrat. % déclarent travailler plus de 40 h / semaine.

60 % des salariés déclarent faires des heures supplémentaires, pour moitié payées et pour moitié récupérées, sauf pour 8 % qui déclarent qu’elles ne sont ni payées ni rémunérées...

Les salariés en CDI disent à 78 % travailler en « autonomie » et 57 % des CDD disent travailler en suivant des consignes.

81 % des CDI disent avoir des responsabilités dans leur travail tandis que les CDD ne sont que 57 %.

Il est remarqué que "l'Autonomie" a aussi parfois ses limites selon que le salarié a ou non les moyens et le soutien pour obtenir dans ce cadre ses objectifs.

En ce qui concderne les horaires donnés par téléphone à un inconnu, certains se demandent s'il n'y a pas un biais de l'enquête car beaucoups savent par expérience qu'en agriculture -les stagiaires présents le confiment- les horaires sont souvent plus lourds en réalité que sur le contrat...

 

 

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Satisfaction, rôle de l'ASAVPA, image du métier, conclusions

 

Satisfaction

Les salariés en culture végétale (grandes culture/vigne) disent à 100% arriver à concilier vie professionnelle et vie privée. Ce pourcentage diminue à 83 % en élevage où il y a plus d’imprévus non reportables. Toutefois une partie de ces aléas sont supportés par l’exploitant.

Parmi ceux qui souhaitent « améliorer ou changer » quelque chose dans leur vie professionnelle, sont cités les conditions de travail, puis le salaire, puis les horaires.

Rôle de l’ASAVPA

Quel rôle devrait jouer, selon vous, une association de salariés agricoles ?

Selon les départements enquêtés et l’ancienneté des salariés, les Associations de Salariés Agricoles (ASAVPA) sont inégalement connues.

Parmi les réponses données, figure en premier l’accompagnement des salariés, puis une « meilleure image » du métier, puis l’information. Vient en dernier la formation (ex l’informatique).

 Image du métier de salarié agricole

42 % des salariés interrogés ne savent pas quelle image  a leur métier : « mauvaise image ou désintérêt vis-à-vis de l’opinion extérieure ? » s’interrogent les étudiants.

Parmi les 58 % s’étant exprimés, 38 % en ont une bonne image, tandis que 62 % en ont une image dégradée : « domestique » ; « feignant » et « clichés variés » (SIC encore en 2014 ! ).

Conclusion

Il est à noter que les étudiants ont fait un travail considérable pour approcher des salariés agricoles peu disponibles et difficilement joignables (difficulté à se procurer un fichier à jour...). Cette étude, qui a vocation à être approfondie par les ASAVPA, fait ressortir plusieurs problématiques et pistes de travail en lien avec le statut de « salarié agricole » et les besoins actuels des salariés. Le besoin de valorisation de ce métier reste sans doute la principale.

 

Article original sur le site de l’ASAVPA de l’Aveyron

 

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