Christophe exerce ses Talents

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Christophe exerce ses Talents

Installé sur la commune de Sonchamps dans les Yvelines, Christophe Robin est éleveur de volailles de plein air et également céréalier. Il est lauréat du prix Talents Gourmands 2015 du Crédit Agricole.

Nom : Ferme de la Hunière

Agriculteurs associés : 3 en EARL

Productions : poulets de chair, pintades et volailles festives (chapons, poulardes, dindes et oies), 200 ha de blé et de féverole Installé sur la commune de Sonchamps dans les Yvelines, Christophe Robin est éleveur de volailles de plein air et également céréalier.

Proche de Rambouillet et de sa forêt domaniale, la ferme de la Hunière est nichée sur un plateau essentiellement céréalier. C’est ici que Christophe s’est installé sur l’exploitation familiale : « En juillet 2012, j’ai dû créer un atelier à forte valeur ajoutée et sur peu d’hectares pour m’associer à mes parents. L’accès au foncier est difficile dans le département, j’ai donc saisi l’opportunité de quitter le domaine des assurances, dans lequel je travaillais depuis cinq ans. L’hectare coûte environ 20 000 €. L’activité principale de l’exploitation reste les céréales. Nous avons 200 ha de blé et de féverole. » Christophe revend exclusivement sa production en circuit court : « Je livre mes volailles dans un marché fermier à Saclay, chez un boucher, dans une épicerie fine, une Amap, aux comités d’entreprise et je fais un peu de ventes à la ferme, mais ça reste marginal. Ce n’est pas fréquent de livrer à une Amap lorsque l’on n’est pas bio. C’est une certaine reconnaissance de mon travail et du fait que travailler en raisonnée est une bonne chose. J’essaye de revendre qualitativement ma production. Je pense que c’est ce qui a aussi retenu l’attention de Talents Gourmands. »

L’agriculteur produit 4 000 volailles par an : « Je produis des volailles de plein air à croissance lente, tout en suivant le cahier des charges de la chambre d’agriculture. Elles sont élevées pendant 90 jours minimum et abattues jusqu’à 120 jours. Les poulets font en moyenne 2,5 kg. Je récupère des volailles prêtes à cuire. Je vends en moyenne 100 poulets par semaine. » Christophe nourrit en partie ses volailles avec les  céréales de la ferme : « Je fais un mélange de blé et de maïs et je rajoute du soja non OGM. Le maïs est acheté à un voisin. Le mélange est ensuite mis en libre-service pour les animaux dans trois bacs de 400 kg. » L’éleveur hésite à agrandir son atelier volaille : « Je suis entre deux paliers, il faut que je réfléchisse aux perspectives d’évolution. Cela demande du temps, et les journées sont chargées entre la vie de famille, l’exploitation et la comptabilité. J’ai été démarché par Intermarché, ils sont très intéressés, mais ce n’est plus le même volume. Un abattoir va ouvrir en janvier 2016, il est proche de l’exploitation. C’est une chance, cela pourrait à l’avenir me permettre de démarcher les collectivités locales. C’est un marché très intéressant. »

Production de qualité

Christophe produit également des volailles festives : « En 2014, j’ai introduit des chapons, des poulardes, des oies et des dindes. Marier les volailles entre elles est un atout considérable. Je me suis aperçu que ça combinait bien ensemble. En ce moment, je fais un essai avec des canettes. Les volailles festives remportent un franc succès pendant les fêtes de fin d’année. Mais pour développer encore plus cette activité, il faudra faire un peu plus de communication. » Le concours Talents Gourmands était l’occasion de faire découvrir sa production : « Je me suis inscrit par hasard et pour m’amuser. J’ai été surpris lorsque j’ai été sélectionné pour la finale. »

En avril 2015, Christophe a participé à la finale parisienne : « C’était un grand moment, le chef Yannick Aléno faisait partie du jury final. Chacun notre tour, nous devions expliquer comment nous travaillons au quotidien. Je dois avoir convaincu puisque je fais partie des lauréats de cette année. Je suis heureux que mon travail soit reconnu et que des professionnels poussent un jeune comme moi qui s’engage dans une filière d’élevage. J’ai reçu un chèque de 5 000 €. Cela va me permettre de mettre à jour l’atelier en remplaçant la chambre froide. »

La production avicole reste marginale sur l’exploitation : « Cela représente 10 % de notre chiffre d’affaires. Les Yvelines sont un département à dominante céréalière, les productions animales sont marginales, même si j’ai un voisin qui a un atelier bovin. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles nous valorisons nos poulets. Nous les revendons à 8,40 €/ kg. » À l’avenir, l’agriculteur souhaite ouvrir les portes de sa de sa ferme : « Je ne  conçois pas mon métier autrement. Il faut ouvrir les exploitations au grand public. C’est la seule manière de montrer que l’on respecte la nature et que l’on aime notre métier. »

Source : JAMAG n° 717 - Yannick Groult et Jérôme Peleyras

 

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