Des installations en hausse de 6%, mais loin de compenser les départs

SC

Des installations en hausse de 6%, mais loin de compenser les départs
En 2013, la superficie moyenne du jeune installé repart à la hausse et s’établit à 35,5 hectares (DR)

En 2013, 13.200 agriculteurs se sont installés en tant que chefs d’exploitation agricole, soit une augmentation de 6 %, d’après les chiffres de la MSA. Une hausse qui est loin, toutefois, de compenser les départs à la retraite.

En 2013, l’effectif des jeunes chefs d’exploitation installés (40 ans et moins) éligibles au dispositif d’aides à l’installation est de 8.600 personnes, en hausse de 6,2 % par rapport à 2012. Ces jeunes installés représentent 65,1% des nouveaux installés en 2013.

Les installations tardives (plus de 40 ans) ne résultant pas d’un transfert entre époux (3.540 personnes) progressent quant à elles de 2,9% en 2013 et représentent désormais 26,8 % des installations réalisées ; elles n’en représentaient que 23,5 % cinq ans plus tôt. Celles résultant d’un transfert entre époux (1.060 personnes en 2013) restent très dynamiques (+15,8% par rapport à 2012), conséquence directe de l’augmentation du nombre de départs en retraite. Ce type d’installation ne représente toutefois que 8,1% des installés.

Dans le même temps, le nombre de départs en retraite s’accroît de 21% puisque 17.230 chefs d’exploitation ont fait  valoir leur droit à la retraite. Seulement 76,7 % de ces départs est donc compensé par des installations agricoles (87,4% l’an dernier), qu’elles émanent de jeunes agriculteurs, d’agriculteurs installés tardivement avec ou sans transfert entre époux.

Hausse des installations en Corse, Poitou-Charentes et Champagne

Les régions les plus dynamiques en termes de nouveaux installés sont : la Corse (+56,8%), Poitou-Charentes (+26,1%),  Champagne-Ardenne (+25,4%) et la Picardie (+17,1%). Par contre, l’Alsace (-8,2%) et Rhône-Alpes (-6%) voient leur nombre de nouveaux installés chuter.

La forme sociétaire reste majoritaire et concerne 56,8 % des jeunes installés avec une prédilection croissante pour les EARL et les GAEC (46,4% des installations). Le transfert entre époux se réalise logiquement sous une forme juridique en nom personnel (83% des installations pour cette population d’installés). Pour les autres installés tardifs, la forme sociétaire prédomine également avec 53,2 % des installations.

En 2013, 32,5 % des installés – jeunes ou tardifs – se déclarent en pluriactivité.

Le taux de féminisation se stabilise

Depuis quinze ans, le taux de féminisation parmi les jeunes installés oscille entre 27 et 30% : en 2013, il se situe à 29 % des effectifs, contre 30 % en 2011 et 2012. Parmi les installations tardives hors transfert entre époux, sur le long terme, les femmes, bien que majoritaires, voient leur part se réduire: 56,1 % en 2013 contre 64,6 % sept ans plus tôt.

Les installations par transfert entre époux, concernent très majoritairement les femmes : 90,1 % en 2013 ; cependant, c’est cinq points de moins qu’en 2005.

Une activité qui dure...

Il faut également souligner  le très bon taux de maintien dans l’activité agricole dans les six ans suivant l’installation. Les chefs d’exploitation qui se sont installés en 2007 sont 79 % à être toujours exploitants agricoles après six années d’activité !

Le taux varie sensiblement en fonction de l’orientation de l’exploitant. Environ 84 % des installés de 2007 qui pratiquent l’élevage de bovins sont toujours exploitants agricoles en 2012 ; viennent ensuite, dans l’ordre décroissant :  les céréaliers (82,7%) puis les  polyculteurs éleveurs (82,0%). En revanche, le taux de maintien à 6 ans est moins élevé chez les viticulteurs : 72,6 %.

Source MSA

Publié par SC

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Commentaires 9

AIGLE201

Une exploitation c'est comme n'importe quelle entreprise ( boulanger, boucher, ....)le repreneur ne peut mettre que le prix qui lui permet de vivre de son métier.Les retraites sont petites mais on le sait au démarrage alors il faut pas en vouloir à la terre entière après et essayer de ce faire du fric sur le nouveau. Toute façon s'il n'y a pas de repreneur le capital vendable est de beaucoup inférieur ( quand on voit le matériel non vendu et les bâtiments qui ne servent plus à rien car tous les bâtiments ne sont pas réemployable pour une autre activité et la valeur génétique et sentimentale des animaux ne se négocie pas en cas de cessation pure .Le repreneur sera peut être déconnecté de la réalité du cédant mais pas de la sienne ( le boulanger qui cède son entreprise ne reste pas avec son repreneur, il a cédé et tant pis s'il se plante, car après en viendra un autre qui lui marchera peut être; chacun sa vie et sa façon de gérer son entreprise, mais une fois que c'est fini, c'est fini.

Ricodu28

Tout le monde a des arguments à peu près valable; plus ou moins bien défendus mais le fait est qu'avec les structures vers lesquelles on se dirige ce sera de moins en moins évident de reprendre à 18/20ans comme ça a pu se faire un temps. Seulement dans la conjoncture actuelle vous trouvez que c'est plus réaliste de penser qu'une personne qui a déjà bien entamé sa carrière et a pu se rendre compte de ce que sont les contraintes de l'agriculture va s'enquiquiner à s'installer à son compte?
Un point de vue qui n'engage que moi: soit on est motivé, on réussi à s'installer tout jeune pour pouvoir cravacher et regler au plus vite ses emprunts soit on n'y parviens pas sufisamment tôt et on se résouds à se contenter des soucis de salariés. Avec un avenir assez incertain se coller des emprunts sur 15 ou 20 ans à 40ans quand en plus on a souvent encore un bout de la maison à payer ce n'est pas forcément un calcul moins risqué que de s'endetter à 20ans!
Si on doit mettre la clef sous la porte à 40ans ça se passe comment? Vous connaissez bcp de drh prêts à embaucher des gens de cet age? Bon à 20 ans ce n'est pas forcément un jeu d'enfant en cette periode de crise mais on pars quand même moins handicapé il me semble. Et la banque? on boit le bouillon ok mais je n'en connait pas une seule qui est prête a s'asseoir sur les billes qu'elle a prêté et tous les intêrets sur lesquelles elle comptait en les prêtant....

D'accord avec dasa sur le fait que le cédant qui à un outil fonctionnel souhaite voir rémunéré le fruit d'une vie de labeur mais néanmoins on ne peut pas non plus dire qu'aigle tienne des propos incohérent d'autant plus qu'un bien exceptionnellement cédé à un prix record devient souvent la base de référence pour les ventes suivante et qu'il est vrai que pour un jeune même motivé par l'agriculture, issu ou non de ce milieu c'est un peu un long chemin de croix (et je parles en connaissance de cause!) après il y a des pistes à envisager pour que la reprise s'étale financièrement, ou encore pourquoi pas pour des locations ventes.

Assez d'accord aussi concernant la victimisation; il est normal que sur pleinchamp on parle de ce metier d'agriculteur qui nous tient à coeur mais dans certains propos il faudrait peut être penser que les situations scabreuses que l'on connait touchent aussi les autres corps de métier. Par contre il faudrait aussi que les commentateurs de tous bords qui interviennent plus ou moins pertinemment après certains articles essayent de mettre un peu au gout du jour les idées qu'ils ont de l'agriculture plutôt que faire un mix de tout ce qui a pu se faire d'abhérent et coller ce cliché au monde agricole d'aujourd hui. Eh oui il y a des agriculteurs qui ont aussi besoin de "se faire connaitre et trouver de nouveaux clients" et bon nombre d'exploitations agricoles sont de "vraies entreprises". Pour ce qui est de "la profession protégée semi fonctionnarisée" je pense que ça relève là aussi du cliché; cliché que l'on peut aussi appliquer aux artisans qui se sont fait une situation. Le voisin de mes parents est poseur de cheminées, poêles, inserts et je ne l'ai jamais vu râté un week end prolongé dans sa résidence secondaire en bord de mer ainsi que 2 semaines à la montagnes en hiver et 3 semaines ailleurs en été; il l'a pleinement mérité et ce n'est pas pour autant qu'il ne doit pas batailler tous les jours pour s'assurer de pouvoir continuer à vivre ainsi. Un de mes voisin possède une entreprise de plomberie; toute sa petite famille profite des vacances scolaires dans des destinations aussi diverses que variées et là non plus je ne le jalouse pas; quand nous discutons on aborde autant les difficultés qu'il rencontre dans son secteur que celles que je rencontre dans le mien et elles ne sont pas plus enviables ou plus simples dans un cas que dans l'autre. Il y a des jours ou je le vois rentrer du boulot à l'heure du diner et des jours ou c'est l'inverse; des jours ou sa voiture est encore dans sa cour quand je me met au travail et des jours ou c'est l'inverse mais ni lui ni moi ne tenons ou n'envisageons de tenir les comptes. Les artisans ont du mérite et bien des tracas mais bon sur pleinchamp même si on pense fort à eux on tire un peu la couverture sur le milieu agricole.... ne leur en déplaise. Et j'ai rarement lu des commentaires sur les artisans qui ont une situation confortable et un copieux patrimoine grâce à du travail surfacturé ou des matériaux de construction facturés à un client qui ne les a jamais vu; pourtant des brebis galeuses et des clichés peu glorieux on peut en placarder dans tous les corps de metier....
Le dénigrement n'a jamais eu et n'aura jamais rien de constructif; tout chef d'entreprise qu'elle compte 1 ou 50 salarié et même plus est confronté à son lot de problème financier et autre, plus ou moins proportionnels à son activité selon le secteur et souvent différemment réparti ça ne sers à rien de s'accabler les uns les autres!

Quand à ceux qui pense que les installations passent forcément par des structures de 300Ha avec des cheptels enorme et du matériel capable de tourner dans dallas il faut arrêter aussi. On peut très bien vivre dignement avec une structure à taille humaine; tout est question d'orientation de sa production, les objectifs que l'on a tant sur le plan de la gestion du travail que de l'outil que l'on souhaite.
Et par pitié que le monde agricole arrête de jalouser et envier ces bon sang de 35h; si bien peu y arrivent c'est peut être parce que c'est incompatible avec la profession. On travail avec du vivant et forcément ca entraine des astreintes que l'on a pas avec un produit inerte. Qu'on n'ait pas envie de semaines à 150h coule de source mais si on tient tant à ne pas dépasser les 35 autant aller à l'usine et voir si l herbe y est plus verte! C'est cette gangreine de jalousie qui est le plus penible je trouve mais là encore ça n'engage que moi.....

@pietin

ca suffit la victimisation , quand tu reprends la ferme tu le fais en connaissance de cause ( si tes parents ton forcé a reprendre ce n'est pas la faute des autres) , rien ne t'empeche d'arreter de revendre , c'est assez curant dans le monde de l'entreprise

@aigle

bientot il faudra que les futurs retraités prennent un plein temps pour trouver un repreneur pour finir par lui donner la ferme....non non ca va les retraites agricoles sont pas haute ta retraite c'est la que tu te la fais , les paysans n'ont pas a financer les reprises , peut etre qu'il faudra dire stop a un moment non quand tu as 18 ou 20 ans c'est irrealiste dans la vraie vie de reprendre des entreprises avec un capital a 500 000 euros dans aucun domaine ca arrive , tu bosses tu attends 10-15 ans pour t'installer

dasa

@aigle201
je crois que là n'est pas la question ce n'est pas au cedant d offrir son entreprise pour qu'un jeune puisse s'y installer et etre totalement deconnecté de la realité
ca commence a s'ameliorer pour les retriates mais moi a contrario de toi je n'irai pas reprocher au paysan qui a bossé toute sa vie tous les jours , de 6 a 20h voir plus et meme le dimanche ( sans vacances et congés payés) , pour finir avec 650 euros de retraite menseulle pour lui et 450 pour sa femme a crever la gueule ouverte à la retraite , esquinté , ma foi il a bien raison de vendre au plus offrant et pis quoi encore

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