Deux casquettes et les pieds sur terre

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Deux casquettes et les pieds sur terre

Avant de reprendre la ferme familiale, Thierry Desforges a fondé la start-up monpotager.com. Une nouvelle manière de commercialiser et de communiquer auprès des citadins.

Nom : Thierry Desforges

Installation : décembre 2016

Exploitation : EARL de l ’Évangile

Surface : 190 ha

Productions végétales : grandes cultures (blé, orge, colza, betterave), quinoa et chanvre.

Fondateur de monpotager.com

Créer une start-up avant de reprendre la ferme familiale ? C’est la trajectoire originale qu’a suivie Thierry Desforges. « J’ai toujours voulu reprendre la ferme familiale, raconte ce céréalier installé à Itteville (Essonne), entre Beauce, Hurepoix et Gâtinais. Mais j’ai dû attendre que mon père parte à la retraite, car nous n’avions pas assez de surface pour dégager deux salaires. » Depuis fin 2016, il est officiellement à la tête de l’EARL de l’Évangile et ses 190 ha de grandes cultures. Une nouvelle étape dans un parcours déjà bien rempli. Après l’obtention de son BTS Acse en 2000,Thierry enchaîne sur un bachelor de cadre commercial en agrofourniture. C’est dans ce secteur qu’il travaille pendant près de dix ans, avant de créer monpotager.com en 2013. « Je me suis toujours dit que l’agriculture avait raté quelque chose : la distribution de nos produits. » « Qu’avons-nous, agriculteurs, que la grande distribution et l’industrie agroalimentaire ne peuvent pas offrir? », se demande-t-il alors. Réponse : « notre savoir-faire. » D’où son idée de proposer aux citadins - « 80 % des Français », comme il aime à le rappeler - de cultiver un potager virtuel. Le principe ? Les clients réservent une surface de potager chez des producteurs locaux et choisissent les légumes qu’ils veulent y faire pousser. Les agriculteurs les tiennent au courant de la vie de leur culture, du semis à la récolte, avec l’aide de l’équipe du site. Quand ils ont mûrs, les fruits et légumes sont récoltés, puis livrés dans un point relais choisi par le client. Une nouvelle manière de consommer et d’en apprendre plus sur l’alimentation, pour le moment réservée aux habitants de Lyon et de Paris

Jeunes pousses de l’agriculture numérique.

L’intérêt pour la cinquantaine de maraîchers fournisseurs ? Leurs clients s’engagent pour un an. Et ce débouché leur assure une meilleure valorisation, « entre 15 et 30 % de plus qu’en filière longue ». C’est aussi pour les producteurs un moyen de « communiquer différemment, de redorer le blason de l’agriculture ». Trois ans après sa création, monpotager.com compte 30 000 inscrits, dont 2 500 clients réguliers. La start-up, qui emploie 10 personnes, s’adresse aussi aux restaurateurs. Une quarantaine d’entre eux se fournissent auprès de pro.monpotager.com, le pendant professionnel du site. Créé en février 2016, la branche pro compte pour « 25 à 30 % de l’activité ». Une part appelée à augmenter : après les restaurateurs lyonnais, Thierry se prépare à proposer ses services à ceux de la capitale.

Thierry en est convaincu : « Le numérique est une des clés pour la compétitivité de l’agriculture dans un monde qui évolue. » En 2015, il participe avec quatre autres start-up à la création de la Ferme digitale. « Au départ, nous avions envie de nous regrouper pour exposer au Salon de l’agriculture en 2016, se souvient-il. Mais nous ne voulions pas en rester là et nous avons travaillé au projet de regrouper toutes les entreprises qui portent l’innovation en agriculture. » L’association (dont il est secrétaire général) regroupe désormais onze jeunes pousses de l’agriculture numérique. Drones, robots, capteurs connectés ou encore logiciels open source, elles forment un concentré des nouvelles opportunités qui s’offrent aux agriculteurs.

Du chanvre et du quinoa en Beauce

Pas facile de gérer de front une startup, des responsabilités professionnelles et une exploitation ? Thierry reconnaît volontiers que ses journées – et ses soirées – sont bien remplies. Sans regret : « Reprendre la ferme, c’était un choix mûrement réfléchi. Mais j’ai aussi envie de créer quelque chose de nouveau. » « Je travaille beaucoup avec mon voisin, Éric Sénéchal », ajoute-t-il. Les deux trentenaires prônent le mutualisme dans un secteur plutôt individualiste. Leur projet ? Partager l’ensemble de leur parc matériel et en profiter pour passer à l’agriculture de précision. À côté des productions beauceronnes classiques (blé, orge, colza et betterave), Thierry s’est lancé dans deux cultures plus innovantes : du quinoa et du chanvre. Le premier, « une culture très technique pour laquelle aucun produit n’est homologué », est vendu directement à des restaurateurs. Le chanvre, de son côté, symbolise toutes les ressources que peut offrir l’agriculture. Toutes ses parties sont valorisées, des fibres (panneaux d’isolation) aux graines (cosmétique, aliments pour oiseaux, appâts pour poissons) en passant par la chènevotte (partie ligneuse, litières et paillages et briques). « C’est une culture intéressante, elle a seulement besoin d’engrais, sans aucun autre intrant. Elle se développe très vite et nettoie les sols. » Ces nouvelles productions répondent au besoin d’allonger les rotations et de « travailler sur l’agronomie ». « Très intéressé » par l’agriculture de conservation, Thierry envisage de réduire le labour. Son projet suivant ? Convertir une de ses parcelles en maraîchage. Des légumes qui seront distribués sur monpotager.com. 

Source : Jamag - Janvier 2017 - n° 733

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Commentaires 6

moumi

du chanvre et quinoa en beauce ...rien de neuf sous le soleil

@cartin

non l image serait plutot de deauville ou megeve

adada

oui je peux te citer moult et moult exemple d'ailleurs il n 'y a plus que dans ces secteurs ou il y a encore des fermes de cette taille sans double activité , bien sur 2016 change un peu la donne ...mais un connu pour etre passé sur ce site pour un syndicat , cerealier du 28 desormais bientot à la retraite a vecu toute sa vie sans souci sur 80ha betteraves blé orge de printemps
et pour avoir avoir été conseiller bancaire certains avec ces memes surfaces constituait en meme temps de beau patrimoine , residence a houlgate etc.... j ai vu par contre en zones intermediaires des types qui trimaient 200ha pour pas un rond de plus

Cartin

Des exploitants ayant des fermes de 90ha et qui en vivent très bien ? Je ne pense pas que ça soit la majorité, alors à moins d'avoir des preuves, il serait plus raisonnable d'enterrer ces images -non pas d’Épinal mais de Bruxelles- où les petites exploitations céréalières permettent de "très bien vivre" (où alors il faut développer le propos, dire de quel système on parle, de la valorisation des produits etc etc).

ESCHENMANN PHILIPPE OU MME "CLOCHE215"

avec l'argent gagné avec la première casquette, vu le tracteur qu'il a acheté, il soutient et provoque la fuite des capitaux....

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