Gaec Al Païs : médaille d’or de l’organisation

PARIS Conseil National CERFRANCE

Gaec Al Païs : médaille d’or de l’organisation

à l’époque…En 2010, Bernard et Patricia Masson rencontraient leur conseiller pour faire le point sur l’organisation juridique de leur exploitation et le statut social des personnes y travaillant. M Masson était exploitant à titre individuel, au bénéfice agricole forfaitaire, et son épouse conjointe collaboratrice. Ils venaient de quitter les Alpes Maritimes ou ils élevaient 500 brebis sur mille hectares pour reprendre une exploitation dans le Cantal sur laquelle ils engraissaient, transformaient et commercialisaient 120 cochons par an en charcuterie traditionnelle de qualité. Si dans un premier temps la piste de l’EIRL avait été évoquée, la création d’une société semblait mieux correspondre à leurs attentes. En effet, Bastien, l’un de leurs trois enfants, avait le projet de les rejoindre. Valérie Bornet, Fabien Johanny avec Bastien, Patricia et Bernard Masson

Que sont-ils devenus ?

Fabien Johanny (juriste) : Bastien vous a-t-il rejoint sur l’exploitation ?

Bernard Masson : Oui, suite à notre rencontre, nous avons créé un GAEC entre époux en septembre 2011. Cela nous a permis de donner le statut d’exploitante à mon épouse et de maintenir le régime d’imposition forfaitaire. Un an plus tard, en novembre 2012, c’est Bastien qui intégrait le GAEC en qualité de Jeune Agriculteur. 

Valérie Bornet (expert conseil) : Bastien, comment s’est passée votre installation ?

Bastien Masson : Grace à la structure existante, je n’ai pas eu besoin de chercher du foncier supplémentaire, ni d’acheter du matériel ou de construire un nouveau bâtiment. J’ai simplement racheté des parts sociales à mes parents et amené mon travail et mes compétences. Nous avons donc pu penser transmission dès mon installation car j’ai d’ores et déjà plus de la moitié du capital social. Nous sommes passés à l’année de 120 à 200 porcs engraisses, transformes et vendus. Ceci nous permet d’utiliser de manière optimale le bâtiment d’élevage et le laboratoire de  transformation sans faire d’investissements supplémentaires. Le labo est désormais exploite à 100 % par nos soins, mais nous continuons le dépôt vente de produits agricoles pour compléter la gamme proposée aux clients. Il faut savoir que nous ne bénéficions quasiment d’aucune aide européenne et mon entrée dans le GAEC n’a rien changé à cela. 

Fabien Johanny : La crise que connait actuellement la filière porcine vous impacte-t-elle ? 

Patricia Masson : Non, notre modelé économique de vente en circuit court de produits de qualité nous permet de vivre directement de notre production sans dépendre d’un grand distributeur. Nous avons cette année encore été primes au fermier d’or à Cournon. Nous sommes sur des produits différencies. À titre d’exemple, notre jambon sèche 12 mois minimum avant d’être vendu. 

Bernard Masson : Pour completer, si je dois vous donner un seul critere : les 200 cochons generent un chiffre d’affaires de 200 000 € HT pour un poids carcasse unitaire d’environ 100 kg. Cela permet de dégager mensuellement trois rémunérations correctes pour un temps de travail raisonnable. 

Valérie Bornet : à ce sujet, l’organisation actuelle du travail vous convient-elle ? 

Bastien Masson : Oui. Nous prenons deux semaines de congé par an et des Week-ends. De plus, à Noel nous ne transformons pas, ce qui nous libère du temps. C’est important d’avoir une vie en dehors de l’exploitation, je suis papa d’une petite fille de 17 mois et je peux ainsi profiter d’elle et d’une vie de famille. 

Patricia Masson : Pour ma part, notre organisation me permet de prendre des cours de théâtre et de dessin. 

Fabien Johanny : Quels sont vos projets ?

Bernard Masson : Nous allons continuer sur notre lancée, fidéliser nos clients en créant toujours de nouvelles recettes. Il me reste 5 ou 6 ans avant la fin de ma carrière, un peu plus pour mon épouse. Je suis serein pour l’avenir de notre exploitation, mais nous refusons de nous enfermer dans un carcan. Nous aviserons en fonction des opportunités et des contraintes en temps voulu. S’il en a envie, Bastien peut prendre notre suite, soit seul en “réduisant la voilure”, soit avec un associe ou un salarie. Ou pourquoi ne pas vendre si les circonstances s’y prêtent ? En tout cas nous aurons à faire un choix.

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Source : Cerfrance - Gérer pour Gagner - n° 71 - 2016 - Fabien Johany juriste

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