Le secteur agricole pionnier

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

Le secteur agricole pionnier

À l’initiative de la FNSEA, un colloque sur l’emploi en agriculture se tiendra le 23 novembre à Clermont-Ferrand. L’occasion d’un tour d’actualité avec Claude Cochonneau.

Quel bilan peut-on dresser de l’action de la FNSEA en direction des employeurs agricoles ?

Claude Cochonneau, président de la commission Emploi de la FNSEA : “L’agriculture est un secteur d’activité économique à part entière. Il a besoin de salariés de tous niveaux, permanents et saisonniers : nous devons réunir les conditions pour répondre à ce besoin mais nous ne pouvons pas ignorer la compétition européenne et internationale dans laquelle nos exploitations sont engagées et dans ce cadre, nous devons attirer les compétences et en même temps dégager les marges de manœuvre nécessaires à notre compétitivité. C’est dans ces deux directions que nous agissons. Pour attirer vers nos exploitations des salariés, nous pouvons leur montrer aujourd’hui que leur situation sera comparable à celle des salariés d’autres secteurs. Nous avons mis en place la possibilité de construire un véritable parcours professionnel via la formation professionnelle : Adema, POE collective (voir ci-dessous), protection sociale complémentaire. Mais nous agissons aussi pour mieux faire reconnaître le professionnalisme et la diversité de nos métiers. Une meilleure communication y participe : sur les métiers agricoles, après l’opération des “métiers à la mode”, une nouvelle campagne va être lancée. L’agriculture a en outre développé ses propres moyens de mise en relation employeurs/demandeurs d’emploi au travers de la bourse d’emploi de l’Anefa. Elle a également été pionnière dans le partage des emplois au travers de la formule du groupement d’employeurs.”

Les métiers agricoles souffrent parfois d’une mauvaise image. Au-delà des campagnes de communication évoquées, comment aider les entreprises à attirer des salariés ?

C. C : “Nous avons le souci effectivement d’améliorer le statut des salariés agricoles et d’assurer des conditions favorables d’accès aux emplois agricoles. Cet objectif, nous le conduisons au travers d’un dialogue social dynamique et constructif. Pas moins de 150 conventions collectives sont négociées pour la production agricole. Par ce biais, les salariés bénéficient de salaires qui augmentent régulièrement. Ils profitent également d’accords nationaux. Après un an dans nos exploitations, les salariés ont une complémentaire santé pour moins de 30 € par mois et une couverture des risques lourds : longue maladie, décès. L’amélioration des conditions de travail, la prévention de la pénibilité, la place des seniors, celle des salariés de nos groupements d’employeurs, sont autant d’aspirations que nous avons prises en compte dans des accords avec nos partenaires sociaux.”

Pourquoi faire de la ruralité l’un des enjeux de l’emploi agricole ?

C. C. : “Certes, les employeurs peuvent ajuster le temps de travail sur les contraintes des variations de production. Tous les dispositifs d’aménagement du temps de travail sont utilisables par les entreprises, y compris pour les salariés saisonniers : modulation des heures de travail sur tout ou partie de l’année ou, au contraire, mise en place de forfaits d’heures supplémentaires quand on souhaite les proposer aux salariés. Mais de nouvelles contraintes d’organisation du travail apparaissent qui sont propres à la localisation de nos activités. La ruralité renvoie aux problèmes de déplacement des salariés de leur domicile vers nos entre­prises, de logement aussi dans les communes rurales et les couronnes des centres urbains et plus largement des services ou de la qualité de vie qu’elles proposent. Il nous faut concevoir des dispositifs qui faciliteront les déplacements là où les transports collectifs sont insignifiants ou alors qui faciliteront le logement des salariés dans les territoires ruraux. Ces colloques sont pour la FNSEA une occasion d’expliquer son travail de représentant des employeurs agricoles qui l’amène à chercher le juste équilibre entre le développement de l’emploi dans nos entreprises, condition sine qua non à une agriculture ancrée dans les territoires et productive, et la compétitivité de nos productions sur des marchés européens et mondiaux.”

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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