Tout le cochon et rien que le cochon

PARIS Conseil National CERFRANCE

Tout le cochon et rien que le cochon

Lors de notre rencontre en 2010, les associés du Gaec de la Croix Marand, dans les Deux-Sèvres, faisaient la preuve que producteurs fermiers rimaient avec innovateurs. Ils avaient choisi de maîtriser tout le circuit en élevant une centaine de truies, et en transformant et vendant eux-mêmes 22 porcs par semaine : une stratégie payante. Où en sont-ils aujourd’hui ?

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Un vrai succès de bouche

Le marché de Saint Maixent du samedi matin regorge de clients.  L’ambiance est bon enfant. On remarque cependant une forte activité sur le stand du Gaec de la Croix Marand. La file d’attente des clients s’allonge tellement qu’elle déborde à l’extérieur des halles. “Nous sommes trois à servir, et notre espace est trop étroit pour avoir plus de débit”, avoue Jean-Philippe Bernaudeau. Nous servons 300 à 400 clients et l’été nous pouvons réaliser 6 000 € de ventes en une matinée ! Nos clients reconnaissent la qualité de notre salaisonnerie et de notre viande de porc. Ils apprécient la charcuterie maigre, goûteuse que nous avons mis au point”.

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Trois magasins “Plaisirs Fermiers”

Avec son associe Eric Sicard, Jean-Philippe s’impose comme un vrai professionnel de la charcuterie, et le Gaec de la Croix Marand est devenu une référence dans le milieu des producteurs fermiers poitevins. L’activité de transformation continue de se développer. 36 porcs sont cuisines toutes les semaines, “mais nous avons la capacité de pouvoir en traiter 45 à 50 avec le laboratoire et les espaces de stockage que nous avons récemment agrandis. Nous allons stabiliser le nombre de truies autour de 115, et donc traiter à terme toute la production de porcs”. Il faut dire que la demande des clients continue d’être soutenue et les deux associes sont acteurs maintenant de trois magasins de producteurs à l’enseigne “Plaisirs Fermiers”. Ils assurent aussi deux importants marches par semaine.

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Management innovant

Le Gaec emploie maintenant 17 salaries (contre 12 en 2010) et nos deux associes se découvrent managers. “Nous avons mis en place un système d’intéressement, d’abord pour les fidéliser mais aussi pour les inciter à la qualité. Pas d’erreur d’assaisonnement et une bonification à la création de quatre nouvelles recettes par an pour les charcutiers.” Cette politique donne des résultats : cette année un burger, le big Marand, et un steak hache de porc avec sa sauce ont un vrai succès. 

Encore et toujours s’adapter

Pour Eric et Jean-Philippe, l’inquiétude vient plutôt de leur prestataire abatteur, une filiale du groupe Bigard, qui pourrait les laisser dans l’impasse si l’abattoir venait à fermer. L’option d’investir avec d’autres producteurs dans un outil d’abattage local pourrait se concrétiser, même si cette alternative ne les réjouit pas vraiment. En revanche les deux associes s’orienteraient vers une autonomie totale de l’alimentation des porcs en créant leur propre unité de fabrication à partir des céréales récoltées sur la ferme. “Ce serait complètement cohérent avec notre démarche” explique Eric, “une vraie traçabilité jusqu’à l’assiette”. 

Une référence

Quoiqu’il en soit nos deux éleveurs peuvent être fiers d’avoir développe et pérennise une entreprise qui réalise 1,7 million d'euros de ventes et qui est surtout devenue une référence dans le milieu de la charcuterie. Ce n’est jamais gagné de réussir hors de son cœur de métier. Eric et Jean-Philippe sont un bel exemple d’adaptabilité et de professionnalisme, et toujours avec gentillesse !

Source : Cerfrance - Gérer pour Gagner - n° 41 - 2016 - Jacques Mathé Economiste

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