Transmission : de précieuses informations pour aider les cédants

C.Fournier

Transmission : de précieuses informations pour aider les cédants
Jean-Pierre Chapoulade et Alain Pautard, des problématiques différentes mais la même volonté de transmettre leur exploitation - C.Fournier

Les Jeunes Agriculteurs du Cantal proposent régulièrement des journées d’information sur la transmission. La dernière en date à Coltines a connu un beau succès.

Frédéric Lacoste, responsable installation JA du Cantal, était à son aise lors de la journée d’information sur la transmission : “Une trentaine de participants, essentiellement des cédants. Je ne m’attendais pas à autant de monde, c’est moteur.” C’est que l’enjeu est à la mesure de ces réunions : “Dans les cinq prochaines années, ce sont plus de 800 cédants potentiels sur lesquels il faudra compter. La cession est un moment délicat, et mieux vaut donc anticiper.” D’autant plus que “chaque cas est unique. C’est le fruit du travail d’une vie, et il faut se poser les bonnes questions. De notre côté, en tant que JA, notre mission est capitale, et il nous faut donner un maximum d’informations. En termes d’aménagement du territoire, trouver des jeunes, les motiver. Et, dans les écoles de France, il est important de donner une bonne image de l’agriculteur, de ce métier qui est une carrière mais aussi un chemin de vie si l’on ne veut pas que la ruralité disparaisse”.

Ils témoignent

Se faire connaître est toujours mieux que rester isolé. Fort de ce principe, Jean-Pierre Chapoulade, 58 ans, à la tête d’une exploitation laitière à Valuéjols, s’est déplacé, et il témoigne : “J’ai assez cotisé, et mon fils souhaite reprendre l’exploitation. Je suis donc venu pour m’informer sur les démarches à accomplir, bien que la majeure partie des explications soit pour les hors cadre familial… Il faut changer le matériel, c’est ce qu’il nous faut approfondir, et quitte à le faire autant bien le faire…”. Alain Pautard, 62 ans, est agriculteur à Coren. Éleveur de limousines, il est dans une autre problématique : “J’ai travaillé à Groupama et ma femme était exploitante agricole. Je l’aidais.” En 2007, après la disparition de son épouse, il reprend l’exploitation. “À 65 ans, le temps sera venu  pour  moi  de  la  céder, estime-t-il. Début 2014, j’ai déjà procédé à la réduction de mon cheptel, laissé la partie fermage. Mais mon exploitation est très morcelée, et mes deux enfants ne sont pas intéressés par la reprise. Moi, la terre était une passion, elle le reste, et mon souhait est que quelqu’un puisse reprendre l’exploitation.” Cependant,  il  ne  se  fait  pas d’illusions : “Comme la terre est morcelée, j’ai peur qu’elle aille à l’agrandissement, et ça fait mal de penser que je suis le maillon qui arrête le travail de toute une génération de paysans… Je suis donc venu ici pour anticiper l’avenir, fiscalement, juridiquement et financièrement, et j’y ai trouvé les informations que j’attendais. Une exploitation très morcelée n’est pourtant pas, selon Frédéric Lacoste, un cas insurmontable : “Pour moi, il existe des outils pour tout faire, le RDI (1), etc. Un agrandissement peut aussi bénéficier à un jeune récemment installé… Il y a aussi des possibilités de location. Il faut croire en la dynamique des jeunes qui, sur une terre qui n’a pas forcément fait vivre les prédécesseurs, peut faire vivre le repreneur.”

(1) Répertoire départ-installation.  

 

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