Une juste revalorisation pour la filière AOP cantal

Renaud Saint-André

Le cantal n’est pas vendu assez cher pour rémunérer les acteurs de la filière à la hauteur des efforts consentis.

Sur l’étal du crémier, le cantal AOP a longtemps été considéré comme un produit d’appel. Or, depuis la réécriture du décret en 2007, ce fromage a considérablement gagné tant en notoriété qu’en qualité. Pourtant, son prix n’a pas beaucoup évolué. La filière ne tire pas la plus-value méritée, selon le Comité interprofessionnel des fromages (Cif) qui considère que si les choses ne changent pas rapidement, la pérennité de la filière est menacée. Pas moins. Alors le Cif engage une vaste opération de communication, ciblée sur les principaux acheteurs, GMS et autres plates-formes d’achat, à l’heure où s’ou­vrent les négociations sur des contrats pour 2012. Cette campagne se décline en trois volets : auprès des acteurs du terri­toire ; un communiqué à l’attention de la presse nationale et spécialisée dans l’agro-alimentaire ; un courrier accompagné de trois morceaux de fromage (jeune, entre-deux et vieux), adressé à 200 personnes responsables des réseaux d’acheteurs. Voilà ce que le bureau du Cif, réuni en début de semaine à Vézac, a décidé.

: Les acteurs de la filière, réunis au sein du Comité interprofessionnel des fromages, lancent une campagne de communication pour la valorisation du cantal AOP.

Vendu à perte

Car le président, Michel Lacoste, est outré par des prix de vente anormalement bas constatés encore cette année : une promotion d’entre-deux autour de cinq euros ; du cantal jeune à moins de quatre euros le kilo. “Tout simplement impossible que quelqu’un ne perde pas d’argent”, calcule-t-il. “Entre le prix du lait majoré des primes à la qualité et AOP et le coût du ramassage, le lait entre à l’usine à 0,40 euros par litre. Pour faire un kilo de fromage, il faut 10 litres ; autrement dit, déjà quatre euros avant même transformation, logistique et mise en rayon.” Naturellement, cet appel à générer la plus-value que le produit est en droit d’espérer, est également lancé au sein même de l’interprofession. “Cette volonté n’est pas perçue par suffisamment de personnes dans et à l’extérieur de la filière”, reconnaît Michel Lacoste. “Nous sommes à la croisée des chemins : notre seule issue c’est de poursuivre nos partenariats avec les distributeurs, mais à un niveau de valorisation supérieur”, résume-t-il. Et le président du Cif table sur 2012 pour ce qu’il nomme un “nouveau départ”. “Il nous faut une nouvelle approche du cantal, à la hauteur de ce que doit être une AOP comme celle-ci”, martèle-t-il en s’appuyant sur les efforts que fournissent - conformément au cahier des charges - les producteurs de lait, les transformateurs, les affineurs et le Cif lui-même (contrôle, gradage, jury de dégustation sensorielle, promotion du produit et animations, etc.).  Entre 1 500 et 1 600 producteurs sont engagés dans une démarche qui produit chaque année 14 000 tonnes de fromage AOP.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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