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Volatilité : comment apprivoiser les marchés des céréales

PATRICIA OLIVIERI

Cantal conseil élevage avait convié Anne-Claire Murier de la société Agritel à décrypter les yoyos des marchés agricoles et présenter les atouts des marchés à terme.

S’il est un terme qui mérite de figurer tout en haut de la première colonne de la première page du dictionnaire agricole depuis 2008, c’est bien celui de volatilité. Une volatilité des cours des céréales et des matières premières agricoles en général, qui anéantit toute tentative de prévision... Y compris pour les 1 950 producteurs laitiers cantaliens qui, après la fièvre du prix du lait en 2008,  ont connu les affres de la dégringolade et d’un concentré à 300 euros la tonne il y a peu. Pourtant, cette volatilité n’est pas nouvelle mais structurelle en agriculture où l’équilibre entre une demande peu élastique et une offre météosensible est des plus fragiles, a rappelé Anne-Claire Murier, de la société Agritel, qui intervenait mercredi à Faverolles lors de l’assemblée générale de Cantal conseil élevage. Un équilibre d’autant plus précaire que d’autres facteurs - comme la parité euro-dollar, le développement du fret ou la disparition progressive des filets de sécurité jadis tissés par la Pac - entrent en jeu. Sans compter les effets de la spéculation financière des fonds d’investissement.

Une assemblée - présidée pour la dernière fois par Jean-Claude Sartre - attentive à l’exposé de Mme Murier.

Connaître pour se couvrir

Dans un contexte aussi aléatoire, gérer ses achats et sa production peut vite prendre des allures de roulette russe. Sauf à s’intéresser de plus près à son marché (côté approvisionnement et ventes), a corrigé Anne-Claire Murier. Avant de donner justement un éclairage sur la situation actuelle des marchés du blé, du maïs et de l’orge - dont les cours tendent de plus en plus à se rapprocher - et de celui du soja. Mais comment réduire son exposition au risque ? D’abord en se donnant des repères, à savoir définir son coût de production et le prix d’intérêt des concentrés, c’est-à-dire le prix d’achat qui préserve la rentabilité de son atelier. Mais il s’agit aussi pour cette experte en cotations, de changer de stratégie en acceptant d’acheter au bon moment malgré l’absence de besoins immédiats, en acceptant un potentiel manque à gagner si les cours descendent plus tard dans la saison. C’est ce que propose le marché à terme qui permet à un acheteur (producteur ou son groupement par exemple) de se positionner sur un lot de céréales quand les cours sont compatibles avec son prix d’intérêt, avec un paiement différé. Un dispositif qui, en France, concerne aujourd’hui 3 à 4 000 comptes, avec une progression rapide. “La quasi totalité des acteurs de la filière (coopéra­tives, négoces...) l’utilise”, selon Mme Murier. Et l’an dernier le premier marché à terme sur la pou­dre de lait a été ouvert (Euronext). Des mécanismes qui peuvent a priori paraître compliqués pour les producteurs laitiers, mais qu’ils auraient tort pourtant d’ignorer.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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