2015 : le blé gagne du terrain aux dépens du maïs grain

2015 : le blé gagne du terrain aux dépens du maïs grain

En 2015, les surfaces consacrées aux céréales sont quasiment stables. Celles de blé tendre et de blé dur augmentent tandis que celles de maïs sont en fort recul. Les oléagineux perdent également du terrain tandis que les protéagineux progressent sous l’effet du plan «protéines végétales ».

Les semis se sont réalisés dans de bonnes conditions et les conditions de développement des cultures d’hiver sont bonnes grâce à un début d’année relativement chaud et ensoleillé. Les pluies de début mai ont également apporté l’eau nécessaire aux cultures pour poursuivre leur développement.

Dans ce contexte favorable, le ministère de l’Agriculture sort aujourd’hui (dans sa publication Agreste) ses estimations de surfaces pour l’année 2015.

Blé tendre : des surfaces en hausse de 3,3%

La sole de blé tendre, avec 5,2 millions d’hectares, serait en hausse de 3,3% sur un an et de 4,6% par rapport à la moyenne 2010-2014. Elle progresse notamment en Lorraine, avec une hausse de 21 % après une campagne 2013-2014 perturbée par la pluie.

Sans surprise, on assiste également à une reprise de la sole de blé dur (+11 %). Lors des semis, le rapport de prix entre le blé dur et le blé tendre a été suffisamment élevé pour rendre la culture du blé dur attractive. Toutefois, la sole de blé dur demeure 20% plus faible que la moyenne 2010-2014.

A contrario, les surfaces d’orge diminuent légèrement, de 0,9 % sur un an mais restent 7% au-dessus de la moyenne 2010-2014. La baisse est nette en Lorraine (-18%), au contraire des Pays-de-la-Loire (+21%). Au niveau national, les surfaces consacrées à l’orge d’hiver augmentent tandis au dépend de  l’orge de printemps. La part de l’orge d’hiver s’élèverait à 73 %.

Fort recul du maïs grain

La sole de maïs grain (y compris semences) pour 2015 est prévue à 1,7 million d’hectares, en baisse de 8% sur un an. La faiblesse des cours du maïs et la forte récolte de la campagne précédente ont pu rendre la culture du maïs moins attractive cette année, analyse Agreste dans sa publication. Le recul serait important dans les Pays-de-la-Loire (-19 %).

Les emblavements de maïs fourrage semblent stables sur un an au niveau national. Ils baissent en Lorraine et Poitou-Charentes mais augmentent dans les Pays-de-la-Loire.

Moins d’oléagineux, plus de protéagineux

En 2015, la sole de colza devrait reculer de 1,5 % sur un an. Elle diminue en Champagne-Ardenne, en Bourgogne et en Picardie et  augmente dans le Centre et en Lorraine.

La surface consacrée au tournesol est elle aussi en baisse pour atteindre 619 milliers d’hectares en 2015 (- 6 % sur un an, - 13 % par rapport à la moyenne 2010-2014). Les surfaces de la plupart des grandes régions productrices de tournesol baisseraient à l’exception de l’Aquitaine (+ 3 %). Dans le Centre la baisse atteint 9 %, 7% en Poitou-Charentes. Dans la première région productrice, Midi-Pyrénées, la baisse serait limitée (-3%).

Après une forte hausse l’année dernière, le soja devrait progresser de 21% en 2015 à 92 milliers d’hectares. Ce niveau est le plus élevé depuis 2001. Toutefois, la culture du soja ne représente que 4 % des oléagineux, loin derrière le colza et le tournesol.

Globalement, les surfaces de protéagineux progressent de 7% du fait de la mise en place d’aides dans le cadre du plan «protéines végétales». Néanmoins la sole resterait très inférieure au niveau atteint en 2010 ou en 2011.

Chute des prix : moins de betteraves et de pommes de terre

La place occupée par les betteraves industrielles recule de 3,7 % en 2015 du fait de l’abondance des stocks et la baisse des prix. Le recul serait sensible dans le Nord-Pas-de-Calais (- 7 %).

Dans un contexte de prix divisés par deux en un an, les surfaces de pommes de terre de conservation et demi-saison chutent également de 2,8 % en 2015. Néanmoins, elles restent à un niveau élevé par rapport à la moyenne 2010-2014. Dans le Nord-Pas-de-Calais, la baisse serait de 5 %.

En 2015, les surfaces en jachère devraient légèrement diminuer de 2,5 %. Elles poursuivraient ainsi le recul entamé depuis la suppression d’obligation de gel des terres en 2008.

 

Source D'après Agreste Conjoncture Grandes Cultures et Fourrages

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