À l’inscription des céréales à paille, quelle est la place des résistances variétales ?

Benoît MOUREAUX

À l’inscription des céréales à paille, quelle est la place des résistances variétales ?

En vue de produire « plus et mieux », le développement de variétés résistantes aux bio-agresseurs tient une place prépondérante. Philippe du Cheyron, ingénieur chez ARVALIS-Institut du végétal, revient sur les moyens mis en œuvre pour caractériser les niveaux de résistance des variétés.

Perspectives Agricoles : Comment les résistances aux maladies sont-elles évaluées à l’inscription?

Philippe du Cheyron : Depuis longtemps les résistances aux maladies sont largement prises en compte dans les épreuves et le règlement d’inscription des variétés du CTPS. Le poids important attribué à ce critère, conjointement à la productivité et à la qualité technologique, s’explique par le fort potentiel de nuisibilité des maladies sur les rendements et la qualité, mais également par la volonté de minimiser le recours aux produits phytosanitaires. Tous les essais VATE (valeur agronomique, technologique et environnementale) sont réalisés avec une conduite non protégée vis-à-vis des maladies, avec observations des symptômes et mesures des écarts de rendements entre conduites traitées et non traitées. Des essais spécifiques en conditions favorisantes et inoculés avec des souches représentatives des maladies consolident le dispositif d’évaluation.

P.A. : Quelle est la prise en compte à l’inscription de ces résistances aux maladies ?

P. du C. : Les rendements sans traitement fongicide entrent à 50 % dans l’évaluation du rendement des variétés, à part égale avec le rendement en modalité bien protégée. De plus, les observations de symptômes et les écarts entre rendement traité et non traité (blé tendre et triticale) conduisent à l’attribution de bonus ou de malus qui facilitent l’inscription des variétés peu sensibles et durcissent celle des variétés sensibles, en abaissant ou élevant les seuils de rendement à dépasser. A partir de ces résultats, le GEVES(1) établit les cotations de résistance des nouvelles variétés aux principales maladies de 1 (très sensible) à 9 (très résistant).

P.A. : Qu’en est-il pour les ravageurs et les virus ?

P. du C. : à la demande des obtenteurs déposants, il est possible à l’inscription de caractériser les variétés vis-à-vis de la cécidomyie orange, de la mosaïque pour le blé tendre et l’orge, et vis-à-vis de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO). Comme ces démarches sont optionnelles, des essais de caractérisation plus systématiques sont réalisés par ARVALIS, en conditions favorisantes à l’expression des caractères, pour confirmer ou compléter les informations.

P.A. : Que se passe-t-il après l’inscription ?

P. du C. : Comme dans les essais CTPS, tous les essais post-inscription comportent une modalité non traitée fongicide pour poursuivre et consolider la caractérisation des résistances aux maladies et estimer leur nuisibilité globale sur les rendements. Des essais inoculés ou réalisés en conditions favorisantes complètent également le dispositif. En parallèle, l’INRA mène un travail de caractérisation annuelle des souches de rouille brune et de rouille jaune. En effet, les maladies évoluent et la mise à jour de certaines notes de résistance est alors indispensable. Les résultats des essais sont publiés, chaque année en septembre, dans les brochures « Choisir et décider » (2). De plus, ARVALIS participe à de nombreux programmes de recherches sur l’identification des virulences
des bio-agresseurs et des gènes de résistance des variétés pour renforcer les méthodes d’étude des comportements aux maladies et mieux anticiper les risques de contournement.

(1) GEVES : Groupe d’Etude et de contrôle des Variétés Et des Semences.

(2) www.arvalis-infos.fr

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