Agriculteurs et pesticides: des données insuffisantes pour évaluer les risques (Anses)

Agriculteurs et pesticides: des données insuffisantes pour évaluer les risques (Anses)

Les données sur l'exposition des travailleurs agricoles aux pesticides sont insuffisantes pour évaluer les risques encourus et certaines sont même fournies par des organismes ayant un intérêt économique à la vente de ces produits, déplore l'Agence nationale de sécurité sanitaire(Anses).

"Plus d'un million de professionnels du secteur agricole sont potentiellement exposés aux pesticides" en France, l'un des pays européens qui en utilise le plus, rappelle l'agence dans un rapport en plusieurs volumes discrètement mis en ligne sur son site lundi, après plusieurs reports. Or, "les données relatives aux expositions aux pesticides des personnes travaillant dans l'agriculture sont lacunaires et aucune organisation en France n'est en charge de les produire", regrette l'Anses.

Pire: alors que ces données sont susceptibles d'être utilisées pour l'homologation des pesticides, elles "sont pour certaines produites par des organismes non indépendants", c'est-à-dire ayant un intérêt à leur commercialisation, souligne l'agence, qui délivre depuis 2015 les autorisations de mise sur le marché des pesticides en France.

Par ailleurs, l'accès à ces informations est en partie soumis à des exigences de confidentialité "parfois interprétées de façon excessive, empêchant de traiter correctement les enjeux de santé publique", ajoute-t-elle. Pourtant, "de nombreuses études épidémiologiques" ont mis en évidence "une association entre les expositions aux pesticides et certaines pathologies chroniques".

De fortes présomptions

En 2013, une revue des études publiées réalisée par l'Inserm avait conclu à une "présomption forte" de lien entre la fréquence de certaines maladies (lymphomes non-hodgkiniens, myélomes multiples, maladie de Parkinson) chez certains professionnels (agriculteurs ou fabricants) et la manipulation de pesticides. Depuis 2012, la maladie de Parkinson est reconnue comme maladie professionnelle chez les agriculteurs.

L'agence, qui s'était autosaisie en 2011 pour mener cette expertise, recommande de "favoriser l'accessibilité" à l'information. Par exemple, en centralisant sur un site internet "l'ensemble des fiches de données de sécurité" ou en créant "un dispositif de veille" rassemblant "les informations scientifiques, techniques et réglementaires" sur tous les pesticides.

Conseiller dans un cadre indépendant

L'agence déplore par ailleurs qu'une grande partie des missions de conseil sur la réduction d'utilisation des pesticides et la prévention soit "confiée à des personnes appartenant à des entreprises dont les bénéfices sont directement dépendants de l'usage de pesticides", comme certains vétérinaires ou vendeurs de produits phytopharmaceutiques. Elle préconise "le renforcement des actions de conseil et de formation des utilisateurs menées dans un cadre indépendant".

Concernant les équipements de protection des travailleurs agricoles, elle suggère notamment d'évaluer leur efficacité "à l'aide d'études de terrain indépendantes et en conditions réelles". L'Anses recommande par ailleurs de poursuivre au niveau européen l'harmonisation des méthodes d'évaluation des expositions et des risques, dans le cadre des procédures d'autorisation de mise sur le marché.

Source Avec AFP

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Commentaires 14

marin 347

match nul il n y aura jamais ho grand jamais d étude valable ceux qui sont pour font partie des loobies chimque et ceux qui sont contre noircisses le tableau et font partie des lloobies écolo et les 2 ont des interets financiers et qui soit bio ou chimique les 2 se foutes bien de la planète

bonflair

Bravo Gordians et titi53. C'est toujours difficile de se remettre en question. Notre monde ne tourne pas rond. Nous avons été endormis par la puissance des lobbies visant l'argent facile et immédiat, Pour qui le chant du cygne approche. Notre savoir grandit, nos jeunes agriculteurs le savent et un mouvement de fond s'amplifie actuellement vers la biodiversité c.a.d. l'étude des interactions de la vie du sol, des plantes et des animaux sur notre terre, qui va à l'encontre des tueurs de vie (biocides, pesticides) des 60 dernières années. Nous devons réagir pour la vie si nous voulons que nos petits enfants connaissent un jour leurs petits enfants...Savez vous que chez l'abeille la différence entre une reine et une ouvrière dont la morphologie est tout à fait différente, est programmée par la chimie de l'alimentation de la larve à partir du troisième jour de son éclosion...par analogie savez vous ce qu'est un perturbateur endocrinien? seulement quelques molécules chimiques administrées au moment opportun qui peuvent transformer le programme de construction du fœtus...tout est lié.

@titi53

tu as emis de fort doute sur les produits ogm ca veut dire?
en France on a un vrai probleme avec le fait scientifique le consensus scientifique , la recherche on crois volontiers le marchand de peur qui n y connais mais c'est tellement plus facile
avec une année comme 2016 , si tous le agris francais etaient en bio on en serait au ticket de rationnement , si tous les francais en etait au niveau des anti vaccin on en serait a compter les cas de polyo , la france c'est un pays qui a oublié grace au progres la faim, les maladies ravageuses , et meme la guerre
pour le dernier on voit c'est entrain de revenir

titi53

Bravo Gordianus , tu as parfaitement résumé la situation.
Lors d'une session certiphyto , j'ai émis de forts doutes concernant l'utilisation de produits OGM , tout le groupe s'est mis contre moi , j'ai cru qu'on allait me brûler en place publique :)

@phare4488

je suis agriculteur bio cette année j ai 0 feveroles 0 lentilles, 10qx de seigle/ha, mes collegues en bio font entre 4 et 15qx/ha en blé ,15qx en melange tricticale pois, 10qx en orge de printemps, des collegues viticulteurs en bourgogne ont été ravagé par le mildiou 0 raisins ou presque , certains ont meme decidé d'abandonné l'agrement bio pour traiter et sauver leur recolte , rdt en patate bio de -40 a -100%, un ami producteur de pommes a zero fruit sur ces arbres il en pleurait l'autre jour
on parle de niveau de production en bio en 2016 qui nous menerait vers une famine

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