Aléas climatiques : quels pare-chocs pour les céréaliers ?

Lise Monteillet

Aléas climatiques : quels pare-chocs pour les céréaliers ?

C’est à cette question épineuse que plusieurs experts ont tenté de répondre, en réalisant un tour du monde des solutions à disposition des céréaliers. Cette conférence était organisée au Sima par l’Association française des journalistes agricoles (Afja).

 « On voyage pour changer, non de lieu, mais d'idées » disait Hippolyte Taine, philosophe français. En entreprenant un tour du monde des moissons, Christophe Dequidt a comparé comment des producteurs de céréales originaires de tous les continents s’adaptent aux aléas climatiques. Passionné d’agriculture, il a sillonné 18 pays, avec sa femme, en 13 mois.

Ils sont ainsi allés en Chine et en Inde, des pays où la production de blé est un enjeu stratégique et les stocks sont un secret d’État. « La gestion des stocks, ça ne marche pas toujours », note Christophe Dequidt. Il en tient pour preuve des photos prises au bord de la route, où du blé est stocké sous une bâche, dans des conditions qui dégradent fortement la qualité.  

Épargne

Dans des pays où le marché est davantage libéralisé, les agriculteurs ont adopté des stratégies contre les coups durs. En Australie, il existe « une aide sur l’écrêtement », raconte Christophe Dequidt. Celui-ci la définit comme un « placement d’argent en banque totalement défiscalisé ». Un système proche du compte épargne de précaution contra cyclique individuelle revendiqué par l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), en France. 

Assurance

Aux États-Unis ou au Canada, l’assurance est très développée. Mais comme le précise Stéphane Gin, directeur de l’assurance agricole chez Groupama, le système assurantiel ne peut fonctionner que s’il est appuyé par un « choix politique d’accompagnement de l’agriculture ». Aux États-Unis, l’assurance est ainsi fortement subventionnée. Quant au système assurantiel québécois, souvent pris en exemple en matière de gestion des risques, il s’agirait, d’une « institution d’État », à y regarder de plus près. « Le modèle économique est dépendant de ce que l’État donne chaque année », souligne l’expert. Ces exemples semblent conforter l’idée de renforcer les subventions publiques allouées au système assurantiel européen, débat d’actualité au sein des institutions communautaires

Écraser ses charges

En Ukraine, « l’agriculteur a le cuir dur », remarque Pierre Begoc, directeur international d’Agritel. Véritable grenier à blé, ce pays est au demeurant très sensible aux aléas climatiques. Les agriculteurs ont réalisé de gros efforts « sur les coûts de production » et sont devenus « très adaptables » et « flexibles ». « Ils sont faits pour durer », ajoute-t-il.

Accompagnement coopératif

En France, d’autres solutions sont utilisées par les agriculteurs. Par exemple, la coopérative Ynovae propose à ses adhérents de se protéger contre la volatilité du marché via les marchés à terme avec un prix minimum garanti.

La coopérative a également donné un coup de pouce financier à ses agriculteurs après la récolte 2016, ce qui a conduit à un résultat négatif. « On avait les réserves pour le faire », mentionne Jean-Luc Billard, directeur général d’Ynovae. Pour sécuriser l’avenir de la coopérative, ce dernier juge enfin important d’actionner un autre levier, celui de la diversification des assolements.

 

Pour en savoir plus :
Le tour du monde des moissons, Christophe Dequidt, aux éditions France Agricole 

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Commentaires 3

alain

pare choc: des prix des produits à la hauteur des charges
une fiscalité qui laisse la possibilités de faire des réserves les bonnes années
tous ces technocrates , ces fermiers généraux, ces politicards ont oublié que l'agriculture est faite d'aléas que l'homme par son intelligence humaine peu essayer d'atténuer un peu.
France tu as oublié 1976 et l'impôt sécheresse malgré cela tu as sorti les grandes cultures des fonds de garantie agricole. les socialos, mme Aubry, vous avez siphonné les réserves mises en place par la profession pour financer les 35 heures

bdc

si l'âpreté économique fait que ma ferme va crever, je ne serai pas le seul à crever.
depuis 3 ans nous gagnons rien, rapaces de l'agriculture ne poussez pas à bout les gens.
les plus fragiles se sont déjà suicidés

alain

pare choc: des prix des produits à la hauteur des charges
une fiscalité qui laisse la possibilités de faire des réserves les bonnes années
tous ces technocrates , ces fermiers généraux, ces politicards ont oublié que l'agriculture est faite d'aléas que l'homme par son intelligence humaine peu essayer d'atténuer un peu.
France tu as oublié 1976 et l'impôt sécheresse malgré cela tu as sorti les grandes cultures des fonds de garantie agricole. les socialos, mme Aubry, vous avez siphonné les réserves mises en place par la profession pour financer les 35 heures

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