Amidonnerie : Roquette mise sur la « végétochimie »

Nicole Ouvrard

Après 75 ans de mutisme, le groupe Roquette ouvre ses portes. Il veut multiplier les partenariats de recherche sur la chimie végétale.

Le groupe familial Roquette, numéro quatre mondial de l'amidon, fête ses 75 ans. Basé à Lestrem, dans le Nord, la famille Roquette a démarré avec une féculerie de pomme de terre. Elle est à la tête aujourd'hui de 18 unités de production de par le monde et travaille l'amidon de maïs, de blé, de pomme de terre et plus récemment de pois protéagineux. « Nous utilisons six millions de tonnes de matières premières, soit l'équivalent de 550 000 hectares dont 3,5 millions de tonnes en France », explique Marc Roquette, directeur général, représentant la troisième génération Roquette.
À cela s'ajoute, la production de microalgues grâce à l'acquisition début 2008 d'un gigantesque photobioréacteur en Allemagne. « Quand vous buvez une bière ou une limonade, quand vous mangez du chocolat, de la charcuterie, des confiseries, quand vous vous lavez les dents, nos produits sont toujours présents, poursuit-il, mais aussi dans le papier, les colles, le béton, les plastiques et même les perfusions de glucose à l'hôpital ».

Le site Roquette à Lestrem, dans le Nord, traite 7000 tonnes de blé et maïs par jour. (DR)

Le site Roquette à Lestrem, dans le Nord, traite 7000 tonnes de blé et maïs par jour. (DR)

FEU la pétrochimie

Le groupe investit chaque année 10 % de son chiffre d'affaires, qui s'élève à plus de 2,5 milliards d'euros, dans la recherche. « Le budget de recherche devrait doubler dans les années à venir. Nos deux enjeux sont la nutrition-santé et la chimie végétale, s'enthousiasme Marc Roquette qui croit beaucoup au développement de cette dernière. D'ici 2100, la végétochimie se sera substituée à 80 % à la pétrochimie. Nous voulons attirer vers nous les meilleurs porteurs de technologies. » C'est ce qui justifie la nécessité de faire sortir le groupe de sa discrétion. Roquette est engagé dans plusieurs programmes de recherche dont BioHub et GaïaHub en chimie végétale. Le groupe développe ses activités en Amérique (États-Unis, Mexique), en Asie (Chine, Corée, Japon, Inde) et tout récemment en Russie.

Source Réussir Céréales Grandes Cultures Janvier 2009

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