Analyse financière des entreprises des métiers du grain

Crédit Agricole - Service Expertise

Analyse financière des entreprises des métiers du grain

Ce qu'il faut retenir.

Analyse financière des entreprises des métiers du grain

Les entreprises du secteur des grains ont réalisé en 2016 une performance tout à fait correcte

❙❙ En France, la récolte 2015 a été abondante et globalement satisfaisante en termes de qualité, malgré des taux de protéine moyens toujours inférieurs aux attentes du marché au niveau national pour le blé tendre. Au niveau mondial, la situation est similaire : l’environnement prix a donc été plutôt en retrait par rapport aux niveaux élevés de 2012/2013.

❙❙ C’est la rétention à la ferme de certains producteurs et/ou collecteurs, dans l’attente d’une remontée des cours, qui a, comme sur les campagnes précédentes, pénalisé l'origine France à l'export en début de campagne. Cette rétention oblige les exportateurs à redoubler d’efforts pour surmonter des contraintes logistiques fortes afin d’éviter tout engorgement.

❙❙ Les résultats 2016 des opérateurs de la filière que nous avons pu observer sont globalement en ligne avec ceux de l’année précédente et donc plutôt satisfaisants.

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Un environnement de prix bas favorise les activités de transformation

❙❙ Nous le constatons globalement dans tous les métiers, à quelques nuances près :

--Même si nous ne le détaillons pas dans nos analyses, les malteurs français, dont l’activité est très capitalistique, affichent de bons résultats grâce à l’efficience de leur modèle économique : outil de production performant, saturation des installations, relations clients-fournisseurs gérées sur le long terme. Ce triptyque assurant la rentabilité est nécessaire aux investissements futurs.

--Les meuniers affichent pour la 4e année consécutive des marges en redressement qui restent néanmoins, en moyenne, à des niveaux limités mais cohérents avec des métiers de première transformation de « commodité » agricole dans un secteur globalement sur-capacitaire.

--Le secteur de la nutrition animale, principalement franco-français, rentable, est lui confronté à un marché déclinant et un secteur de l’élevage fragilisé.

--Nous retenons également que pour les industries de seconde transformation comme la BVP, le contexte reste favorable en B2B comme en B2C : si le poids des matières premières dans la structure de leurs coûts est par définition limité (ie. le blé représente entre 5 à 10 % du prix du pain selon l’Observatoire de la formation des prix et des marges), c’est la demande dynamisée par l’innovation qui tire le secteur.

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Une filière encore peu présente à l'international

❙❙ À l’exception des exportateurs de grains et des quelques grands acteurs diversifiés (y compris des semenciers), la majorité des entreprises sont encore peu présentes sur les marchés export ou à l’international. Plusieurs acteurs sont animés par des projets ambitieux et pourraient à terme changer cet état de fait.

SMALL IS BEAUTIFULL

❙❙ Plusieurs « petits » acteurs affichent des performances remarquables, dans le cadre de la parfaite exécution de stratégies de niche (produit,
géographie), quel que soit le métier considéré : meunerie, nutrition animale, Collecte-Appro, BVP.

 

Perspectives : la récolte 2016, historiquement mauvaise en France, va peser sur les résultats des acteurs

❙❙ La tendance pour la campagne 2016/2017 est clairement mauvaise pour les acteurs de la Collecte-Appro des régions du Centre et du quart Nord-Est, particulièrement touchés par la mauvaise récolte de blé 2016 (volumes, poids spécifique), et aujourd’hui confrontés à une agriculture céréalière sous pression forte, voire en difficulté

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❙❙ Du fait de récoltes mondiales records, les prix du blé restent plutôt bas et ne compensent pas le manque de volumes de la Ferme France. L’ensemble du secteur est touché, les conséquences sont plurielles et les impacts négatifs pour la Collecte-Appro : volumes et prix des intrants sous pression (semences, produits phytosanitaires, engrais), secteur du machinisme en repli, nécessaire accompagnement financier des producteurs… Côté collecte, les volumes commercialisables sont fortement impactés (volumes de collecte blé tendre en baisse de 30 % selon FranceAgriMer), ce qui pèse sur les marges de cette industrie à coûts fixes élevés. Ce sont les volumes à l’export vers les Pays Tiers (en recul d’environ 60 % toujours selon FAM) qui servent de variable d’ajustement, laissant de l’espace à nos principaux concurrents chez nos clients historiques, notamment de la mer Noire

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❙❙ Nous anticipons donc une forte dégradation des comptes de l’ensemble des acteurs de la filière, au 30/06/2017. Cette situation conjoncturelle, inédite par son ampleur, pourrait accroître le nombre d’exploitations agricoles en grande difficulté économique et contribuer à favoriser le mouvement de concentration déjà observé sur ce métier.

❙❙ La tendance pour les activités de transformation est quant à elle meilleure, même si des surcoûts logistiques liés à des modes d’approvisionnement alternatifs et/ou des surcoûts de matières premières (cas du beurre pour la BVP) pèsent sur les marges des industriels. Plusieurs acteurs préparent de vastes programmes d’investissements dans leurs métiers, du fait de résultats passés plutôt satisfaisants et d’un accès aux financements pour le moment toujours facile.

 

Source : l'Observatoire Financier des Entreprises Agroalimentaires n° 8 - Mai 2017

Voir le dossier complet :  Ici

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Commentaires 1

alain

un secteur florissant qui a fait la fortune du crédit agricole.
concentration des exploitations pourquoi faire puisque à l'hectare les cultures sont non rentables donc accroitre le nombre d'hectare c'est accroitre le risque bancaire.
l'agriculture ne doit pas rester qu'à quelques uns car demain c'est les fonds chinois qui reprendront les fermes. la seule solution C'est des prix payés aux paysans bien meilleurs.
nos prix sont inférieurs à ceux des années 1980, 0.04 € de blé payé aux agri dans une baguette de 250 grammes auquel s'ajoute 0.0065 € d'aides pac.
le crédit agricole au lieu de s'adapter à la misère, de financer la concentration des exploitations, devrait taper du poing sur la table.

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