« Avoir la volonté de trouver des solutions par nous-mêmes »

CÉCILE JOLIVEL

Pour Anne-Claire Vial, la mise en place du fonds structurel est un vrai pari à relever par la profession agricole
Pour Anne-Claire Vial, la mise en place du fonds structurel est un vrai pari à relever par la profession agricole

Ce mercredi se tenait la réunion de la section grandes cultures de la FNSEA 44 et JA 44 avec en invitée, Anne-Claire Vial de l’AGPM.

Agricultrice dans la Drôme, Anne-Claire Vial est revenue sur ses sujets de prédilection que sont les dossiers eau et cultures et a ainsi abordé la problématique des captages Grenelle et du fonds structurel de modernisation devant plus d’une vingtaine de personnes rassemblées à l’EARL de Landebroc à Nort sur Erdre. Producteur de légumes et de céréales, une grosse majorité des terres est située sur la nappe de captage de Nort sur Erdre, ce qui inquiète sur l’avenir de la production. Mme Vial a donc tenu à rappeler certains grands principes : les agriculteurs sont prêts à faire des efforts pour garantir une eau potable de qualité et en quantité. Mais les textes de loi actuels n’imposent qu’une obligation de moyens et non de résultats. En effet, suivant la nature des terrains et leur historique, le temps de réponse des molécules est très aléatoire. L’agriculture ne peut s’engager qu’à ne pas aggraver la situation. De plus, sur les captages dits « Grenelle », une étude hydrogéologique est obligatoire, à croiser avec un diagnostic des pressions agricoles afin de définir un plan d’actions. La profession agricole doit donc être exigeante sur ce travail d’étude et s’assurer d’être associée aux deux volets. Ainsi, « dans la Drôme, tant que l’étude hydrogéologique n’est pas finie, la chambre d’agriculture n’entame pas le diagnostic agricole » insiste Mme Vial.

Autre sujet auquel les participants ont porté une oreille attentive : la mise en œuvre du fonds structurel de modernisation. Les accidents climatiques mondiaux entraînent une augmentation du prix des céréales qui se répercute sur des élevages déjà en difficulté. Au lieu d’attendre que l’État trouve une solution qui con-vienne à l’Europe mais pas forcément intéressante pour les filières, la profession agricole a décidé de mettre en place son propre outil. Basé sur le principe du fonds d’investissement, il sera alimenté par des cotisations volontaires et permettra de financer des projets de développement pour les filières. L’objectif est de maintenir l’outil économique agricole français. Des négociations sont toujours en cours avec le gouvernement pour obtenir des allégements fiscaux en retour. Pour Anne-Claire Vial « c’est un vrai pari pour la profession agricole », qui doit absolument reprendre la main sur l’aval de la production.
La réunion s’est clôturée sur des échanges autour de dernières informations sur la réforme de la PAC. Le vote du budget devant probablement être de nouveau reporté, la situation est pratiquement encore plus floue qu’il y a un an. Mais ce sur quoi l’intervenante a voulu absolument terminer, c’est la nécessité d’être fier du métier d’agriculteur, de reconnaître notre savoir-faire et de se prendre en main pour le valoriser et le faire prospérer.

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