Bilan 2008-09 : L'export, premier débouché du pois

Gabriel Omnès

Les exportations de pois sont supérieures aux volumes utilisés par l'alimentation animale en France, grâce à l'attractivité des prix offerts par l'Inde.

C'est une année charnière pour le pois français. Alors que les surfaces récoltées l'an passé se sont effondrées à 100 000 hectares (six fois moins qu'il y a dix ans), la campagne 2008-2009 est aussi remarquable du point de vue des débouchés. Pour la seconde fois depuis 1996, les volumes exportés sont supérieurs à ceux destinés à l'alimentation animale dans l'Hexagone, que ce soit à la ferme ou après un passage par les usines des fabricants d'aliment français. Ce cas ne s'était présenté qu'en 2002-2003, année de vente exceptionnelle vers l'Inde.
Pour 2008-2009, le protéagineux tombé en disgrâce auprès des Fab n'a pas retrouvé le chemin des usines d'aliments. L'exportation devrait ainsi représenter 195 000 tonnes, contre 190 000 tonnes pour l'alimentation animale, en retrait de 30 %.

Des prix plus attractifs

Les exportations sont également en repli, mais la chute n'affecte que les ventes vers les pays de l'Union européenne, amputées de 60 000 tonnes par rapport à l'an passé. Au contraire, les expéditions vers pays tiers progressent, à 95 000 tonnes. « Dans le contexte de contraction de l'offre, les organismes stockeurs privilégient le débouché de l'alimentation humaine, plus rémunérateur », analyse l'Unip. Or le pois vendu à la Belgique, les Pays-Bas ou l'Italie finit dans l'auge des animaux. Les pois expédiés en dehors des frontières européennes partent eux en majorité vers l'Inde (plus de 70 000 t déjà vendues cette année), où ils sont consommés par la population. La Norvège, la seconde destination hors UE, importe des pois pour nourrir les saumons. Les exigences qualitatives imposées par les utilisateurs en font un marché lucratif.

Nouveau débouché

Le débouché de l'alimentation humaine n'est plus synonyme d'exportation vers l'Inde. L'entrée en fonction de l'usine de Roquette transformant du pois à cette fin a fait exploser le poste « Alimentation humaine France ». La confidentialité qui entoure les chiffres de Roquette rend les estimations délicates, mais ce débouché représenterait 120 000 tonnes.
Les prix attractifs de ce marché émergent risquent d'agrandir un peu plus le fossé qui se creuse entre le protéagineux et l'industrie des fabricants d'aliment pour animaux, à moins que le pois ne regagne des hectares. Cela devrait être le cas pour la prochaine récolte, selon les premières études de l'Unip. Reste à savoir si le plan de relance annoncé par le ministre de l'Agriculture remettra en selle une culture désormais marginalisée.

Source Réussir Grandes Cultures Avril 2009

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