Bilan 2010 (2/6) : Remontée spectaculaire des prix des grandes cultures

En 2010, les récoltes de céréales sont inférieures à leur niveau record de 2009 en raison d'une baisse conjuguée des surfaces et des rendements. D'une part, les surfaces cultivées en orge et en maïs se réduisent. D'autre part, les rendements diminuent sous l'effet du froid hivernal et de la sécheresse printanière. Les prix des céréales remontent fortement en 2010, après avoir chuté en 2008 et 2009. Cela est dû à la mise en place d'un embargo à l'exportation par des pays producteurs importants (Russie et Ukraine), leurs récoltes de blé et d'orge ayant chuté au cours de l'année. De plus, la production mondiale de maïs est en baisse, alors que la demande s'accroît pour la fabrication d'alimentation animale et de biocarburants.

En France, le prix du blé tendre augmente de 45 % en raison d'une bonne demande internationale en blés panifiables. Le prix de l'orge s'accroît de 40 %, car la production des pays de la mer Noire et de l'Europe est en forte baisse. Pour le maïs, la hausse est de 50 % du fait de la hausse de la demande mondiale.

La récolte d'oléagineux décroît de 11 % par rapport à 2009 sous l'effet de la baisse des rendements, mais elle reste supérieure à la moyenne quinquennale. En particulier, la récolte de colza se replie après trois années consécutives de production record. Les cours des oléagineux augmentent fortement : le prix du tournesol de 60 % et celui du colza de 35 % en raison d'une offre mondiale restreinte face à une demande croissante, en particulier pour la fabrication du biodiesel. La récolte de protéagineux progresse de 58 %, car les superficies ont doublé suite à la mise en place d'aides supplémentaires en 2010. Le prix des protéagineux augmente dans le sillage du blé et des tourteaux de soja, auxquels ils peuvent se substituer pour l'alimentation animale. La production de betteraves diminue malgré la hausse des surfaces : les rendements, affectés par la sécheresse estivale, sont bien inférieurs à leur niveau record de 2009. Le prix de la betterave sucrière est stable ; en revanche, celui des autres betteraves, essentiellement à usage énergétique, diminue.

Les récoltes de fruits sont en recul par rapport à leur niveau élevé de 2009 qui avait été une année exceptionnelle en termes de rendement. De plus, les surfaces de vergers continuent à se réduire. Après avoir chuté en 2009, les prix des fruits d'été se redressent nettement. Pour les poires et les pommes, les prix s'accroissent également.

Les récoltes de légumes restent stables dans l'ensemble : elles diminuent pour les courgettes et les tomates, ce qui entraîne une forte remontée des prix, mais elles augmentent pour les autres espèces. Les prix baissent pour les choux-fleurs et les endives. Les quantités de pommes de terre de conservation sont nettement inférieures à celles de 2009 du fait de la baisse des rendements. Les cours remontent fortement après une chute en 2009.

La production de vin diminue en 2010 en raison des mauvaises conditions climatiques. C'est une des plus petites récoltes de la décennie. Les prix des vins de table et de pays devraient continuer à s'apprécier. Les prix des vins d'appellation se redresseraient. Les exportations de vins reprennent nettement en 2010 vers la plupart des marchés, notamment les États-Unis et surtout l'Asie.

Source Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2010

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