Blé : La qualité fait l’export et l’export fait le prix !

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Blé : La qualité fait l’export et l’export fait le prix !
12 Mt de blé tendre sont exportées vers pays tiers.

A l’occasion d’une conférence organisée par France Export Céréales (Fec), les professionnels ont rappelé l’importance de l’exportation pays tiers dans la commercialisation des blés français. D’où la nécessité de conforter nos positions sur ces marchés et surtout d’offrir une qualité en phase avec la demande.

Faut-il le rappeler, les blés français sont pour moitié destinés au marché de l’exportation. Chaque année, sur les quelques 37 Mt récoltées, environ 18 millions sont en effet exportées vers l’Union européenne et vers pays tiers. Depuis 2007, date de l’arrivée des nouveaux États membres (NEM) dans l’Union européenne, les positions françaises vers l’Europe se sont toutefois effritées du fait de la concurrence de ces nouveaux entrants comme la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie...

La qualité des blés français en question...

D’année en année, la part de nos exportations vers pays tiers s’est donc renforcée pour devenir LE principal débouché export. 12 Mt partent aujourd’hui essentiellement vers les pays du Maghreb (Algérie, Maroc..) mais aussi Égypte, Moyen-Orient et Afrique subsaharienne. Des marchés qu’il faut absolument conforter et consolider pour garantir un débouché à nos blés mais aussi un prix aux agriculteurs français.

Or, mauvaise nouvelle, notre situation à l’export ne serait pas aussi confortable que l’on croit. En effet la concurrence est rude et surtout, la qualité des blés français n’est pas toujours à la hauteur des exigences de ces pays. « Le boulanger africain à beau travailler dans la poussière, dans des conditions techniques très rudes, il reste très exigeant sur la qualité des blés. Ils ont besoin de farines qui résistent à tout », précise Yann Lebeau, responsable du bureau de Casablanca.  Et à l’étranger, « aucun acheteur n’est vraiment fidèle à une origine », rappelle Jean-Pierre Langlois Berthelot, président de la Fec, c’est "le prix et la qualité qui font les marchés".

Le gluten : un critère qualitatif essentiel

« Nous sommes trop justes en protéines, en humidité, en taux d’impureté », martèle Thierry Barrois du Synacomex (Syndicat du commerce d'export de céréales). Le taux de gluten devient également un critère essentiel notamment pour l’Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient.  « Toute réfaction des critères qualitatifs par rapport aux cahiers des charges de nos clients coûte cher et nous ferme des portes », ajoute Jean-Philippe Everling.

Des critères qualitatifs que les agriculteurs et OS français doivent donc impérativement prendre en compte, d’autant plus que la concurrence est de plus en plus agressive et qualitative. Une concurrence issue des pays de la Mer noire mais aussi du Canada, des Etats-Unis, de l’Amérique du Sud, voire d’autres pays européens. Et au contraire de la majorité de ces concurrents, nos marges de progression sont réduites. Sur le plan logistique, de la qualité et de la productivité nous aurons du mal à progresser.

Le plan protéine qui vient d’être lancé en France est « un signal positif » estiment les intervenants de France Export Céréales, mais ce ne doit être  « qu’un début ». « Nos clients comptent sur nous, ne les décevons pas », conclue Jean-Philippe Everling

Quant au président de la Fec, il insiste aussi sur la nécessité de ne pas rester sur nos places historiques mais d’aller prospecter d’autres marchés en éveil. C’est le cas de la Chine, des marchés privés égyptiens, du Moyen-Orient.... « Les marchés sont là, il faut être offensif pour les conquérir sinon vous êtes amenés à disparaître » prévient-il.

 

 

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