« C’est ensemble que nous ferons l’agriculture de demain »

Delphine Bisson

Charles Guerlais, dans son exploitation, est en charge des cultures, du matériel et de sa  maintenance.
Charles Guerlais, dans son exploitation, est en charge des cultures, du matériel et de sa maintenance.

On dit souvent que les choses arrivent par hasard. Et si justement, pour une fois, ce n’était pas le cas ? Car, finalement, Charles Guerlais devait un jour devenir président de JA… Rencontre.

Si il y avait un mot à retenir en parlant de Charles Guerlais ce serait « ensemble ». Pour lui, « un président sans son équipe n’est rien. Sans eux, je ne suis rien. » ‘Eux’, ce sont les Jeunes agriculteurs de Loire-Atlantique qui viennent de l’élire président. Ceux qui connaissent cet éleveur de Saffré diraient de lui qu’il est un tantinet moqueur, souriant et qu’il parle vite ! Mais ils diraient aussi que c’est quelqu’un qui a l’esprit d’équipe, convivial, qui est déterminé et actif. Lui même se caractérise de faux calme. Les personnes qui l’ont côtoyé sur les dossiers qu’ils portaient à la région (environnement, lait et agriculture biologique) pourraient le confirmer. Son esprit combatif l’aura fait mener quelques batailles avec l’administration.

Son métier, sa passion

Est-ce sa place de cadet dans cette famille de 4 enfants (dont 3 filles) entouré de ses parents, Pierre Yves et Charlotte, avec qui il est installé aujourd’hui, qui lui a donné cette énergie ? Sûrement. Tout comme cette passion du métier d’agriculteur. « J’ai toujours voulu être agriculteur. Comme on dit, je suis tombé dedans étant petit », sourit-il. Alors tout naturellement, sa formation le mène en Bac pro à Derval, qu’il quitte aussitôt après. « Trop tôt », se dit-il aujourd’hui. « Quand on est jeune et têtu, on a qu’une envie : arrêter vite. Si c’était à refaire, j’irai jusqu’au BTS ». Il suit ensuite une formation en machinisme à Nozay qui se terminera par un emploi de salarié au sein de la Cuma de Notre-Dame des Landes. Des liens sont tissés et aujourd’hui encore Charles aime y retourner « pour donner des coups de main ».

La force d’un réseau

Puis 2005, il est temps. Charles veut s’installer et rejoindre le Gaec familial. Les choses ne se passent pas comme prévu, comme quelque-fois lors d’une installation. « C’est à ce moment que les JA m’ont aidé. Dans ces moments là, on mesure la force d’un réseau. » Une rencontre comme on en connaît parfois sans pour autant en mesurer les conséquences. Une première réunion à Nantes organisée par la FNSEA44, Charles s’en souvient encore : « c’était le début de mon engagement syndical. » Cette notion « d’engagement », Charles connaît : pendant 6 ans, il sera dirigeant du club de foot de Saffré ; 2 ans également, président de la Rando ferme. Ce qu’il en retient : l’esprit d’équipe. « C’est ensemble qu’on avance. » Un meneur ? « Non, un animateur, un chef d’orchestre. » Le ton est

Du canton au département

Charles continue à s’impliquer au sein du réseau JA, le menant petit à petit président du canton JA de Nozay. En 2010, pourquoi pas relancer le concours de labour ? « Cela faisait 25 ans qu’il n’y en avait pas eu. On s’y est tous mis et de 80 invités au départ, nous sommes montés à plus 500 personnes. » Son canton, Charles en est fier. « C’est un canton dynamique. Il y a une vraie effervescence. » Au département, on les repère. Et si c’était eux qui organisaient la fête d’agriculture 2013 ? Une année de travail et 25 000 personnes au final. « Ah la fête ! Quelle belle expérience ! C’est comme une entreprise que tu gères. Mais c’est aussi la reconnaissance d’un canton, d’un réseau actif. » Une reconnaissance pour lui aussi, car, pendant ce temps, Charles aura rejoint le bureau de JA44 (trésorier adjoint). « J’y voyais la possibilité d’aller récupérer des informations pour les retransmettre au local. » Et il y a un mois : « pourquoi tu ne deviendrais pas président de JA ? » Un week-end à réfléchir, à discuter avec ses associés, à faire des choix et puis…

Le porte-parole d’une équipe

La suite, on la connaît. Charles est élu jeudi dernier président de JA44 (lire en page 5). « Il y a un an, je ne l’aurais pas cru. Aujourd’hui, nous sommes dans la continuité de la réorganisation que nous avions entamée au sein du CA et du bureau, au côté de François Guyot. » Sa présidence, il la veut participative. « Chacun aura un dossier à charge et les décisions nous les prendrons ensemble. » À ses côtés, non pas un binôme mais un trio : Mickaël Mary, secrétaire général et Imelda Figureau, trésorière. « C’est très important pour moi que nous soyons trois. Nous sommes complémentaires et lorsque nous ne serons pas d’accord à deux, le troisième nous aidera à trancher. » On l’aura compris, tout cela dans un objectif.

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