Céréaliers : Chute importante des résultats en 2016

Antony Billaudeau

Céréaliers : Chute importante des résultats en 2016

Les céréaliers ont répondu présents pour le rendez-vous « Commercialisation des végétaux » organisé par CERFRANCE Vendée en décembre dernier. Un premier état des lieux des résultats économiques des céréaliers sur les années 2015 et 2016 a été fait. David PUAU, responsable des céréales chez HERMOUET, a complété cette présentation par une analyse détaillée du marché.

Résultats prévisionnels 2016

Si l’année 2015 est marquée par des rendements au-dessus de la moyenne quinquennale, 2016 est une année où les rendements sont globalement en retrait, nettement inférieurs à la moyenne quinquennale pour les cultures principales que sont respectivement le blé dur dans le marais (43 % de l’assolement) et le blé tendre et le blé dur dans la plaine (40 % de l’assolement). Pour le maïs grain, toujours bien présent dans les assolements (23 % en marais, 29 % en plaine irriguée), les rendements sont stables dans la plaine, en retrait dans le marais. Quant aux oléagineux, ils sont dans la moyenne quinquennale, mais leur proportion dans les assolements a moins d’influence hormis en plaine non irriguée. 

Concernant les prix des végétaux sur l’année 2016, ils sont inférieurs de 20 € / t à 30 € / t pour l’ensemble des cultures principales par rapport à la moyenne des prix de vente observés depuis 10 ans sur le secteur. L’année est surtout marquée par la chute du blé dur liée à l’évolution du marché et des problèmes de qualité. 

Concernant les autres produits, peu d’évolution est constatée, les aides PAC diminuant légèrement entre 2015 et 2016 dans le cadre de la réforme 2014-2020. Les charges opérationnelles sont stables malgré des prix d’engrais inférieurs, les frais de traitement ayant augmenté, notamment sur les blés. Globalement, elles restent élevées.

 La marge brute production sur la surface commercialisée évolue significativement à la baisse sur l’ensemble des secteurs. Compte tenu d’une diminution de la marge brute du blé dur de 900 € / ha entre 2015 et 2016, l’évolution est plus prononcée dans le secteur du marais puis dans la plaine irriguée et enfin dans la plaine non irriguée. Le secteur de la plaine est  pénalisé également par la baisse du rendement du blé tendre. Les charges de structure restent à un niveau élevé mais diminuent, notamment les cotisations sociales (baisse du taux de cotisations et des revenus professionnels passés) et les frais de mécanisation (ralentissement du renouvellement des équipements et prix du carburant inférieur).

Dans ce contexte, le résultat courant par UTH en 2016 atteindrait environ 10 000 € dans le marais, et serait proche de 0 € en plaine irriguée et non irriguée contre respectivement 33 145 €, 16 690 € et 12 178 € en 2015. Toutefois, nombreux sont les exploitants à posséder du maïs ou du blé dur en stock. En fonction de l’évolution des prix, les résultats pourraient varier mais 2016 sera probablement l’année où les revenus des céréaliers n’ont jamais été aussi bas.

La commercialisation des végétaux : la production mondiale pèse sur les marchés

David PUAU de l’Ets HERMOUET a présenté son analyse du marché des céréales. L’année 2016 est marquée par une nouvelle production mondiale record pour les cultures principales (blé, maïs et soja). Malgré une consommation dynamique, les stocks se consolident notamment chez les principaux exportateurs mondiaux, tout particulièrement pour le blé tendre dans les pays de la mer noire et le maïs aux USA. Le coût du fret réduit sur la campagne 2016 ne permet pas d’écart significatif de compétitivité entre un bateau partant de l’Amérique du nord ou de la France à destination du Maghreb, les échanges mondiaux sont favorisés. Dans ce contexte, il faudrait un voire deux aléas majeurs sur la production céréalière dans le monde pour que les prix des végétaux remontent significativement et ce dans un pays influent. Concernant le marché du blé dur, le Canada a une production très abondante en 2016 et malgré des problèmes de qualité, c’est encore lui l’acteur majeur. Des opportunités pourraient se présenter sur les 1ers mois de 2017 mais elles seront étroites ! David PUAU interpelle les exploitants pour qu’ils s’interrogent sur leurs positions de vente quand il y a parfois des opportunités commerciales. En effet, sur la campagne 2016, il y a eu des possibilités pour placer du maïs à 170 € / t ou du blé dur à 255 € / t quand celui-ci est remonté en octobre dernier. Enfin pour 2017, il y a actuellement des possibilités pour vendre du colza à un prix supérieur à la moyenne observée sur les dernières années. D’autre part, il propose de prendre des assurances à la hausse (call) au lieu de subir les frais de stockage des négoces, ce qui permet de bénéficier plus tôt de la trésorerie et d’une éventuelle hausse des cours, notamment pour les stockeurs réguliers du printemps. 

Pour pallier ce manque de visibilité et cette volatilité des cours, les conseillers CERFRANCE peuvent accompagner leurs adhérents à connaître leurs prix d’équilibre (le prix d’équilibre est le prix à partir duquel la culture va dégager un excédent de trésorerie après avoir couvert prélèvements, remboursements et autofinancement nouveau) et prendre les décisions de vente en connaissant leur impact financier sur la trésorerie de l’entreprise. Connaître les prix d’équilibre est d’autant plus important que des propositions commerciales pour la campagne 2017 sont faites aux exploitants et qu’elles sont généralement ponctuelles. Il faut également s’interroger sur les moyens de réduire ses coûts de production en identifiant les différents leviers, notamment au niveau des charges (intrants et frais de mécanisation).

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