Chimie verte : En route pour la bioraffinerie de deuxième génération

Nicole Ouvrard

Produire des plastiques et autres molécules avec les parties non alimentaires des plantes agricoles. Tel est l'enjeu de Biocore.

Sous l'égide de la Commission européenne et de l'Inra, Biocore vient d'être lancé. Il s'agit d'un projet européen de recherche visant à vérifier s'il est concevable, au niveau industriel, de convertir des résidus de cultures et forestiers en biocarburants de deuxième génération, mais surtout en molécules chimiques et en plastiques. « Les bioraffineries de demain devront être adaptées à des sources variables de biomasse, souligne Michael O'Donohue, coordinateur du projet Biocore à l'Inra. Nous travaillons en parallèle trois familles de matières premières : les résidus céréaliers, abondants et facilement mobilisables, les résidus forestiers et des plantes dédiées. Pour ces dernières, nous avons retenu le taillis courte rotation. » À l'issue du projet programmé sur quatre ans, l'objectif est de valoriser les différents constituants de la biomasse : la cellulose, l'hémicellulose et la lignine. Tout un champ d'investigation s'ouvre, grâce à de nouveaux procédés enzymatiques et de catalyse chimique, pour mettre au point des molécules industrielles à haute valeur ajoutée.

Biocore a pour ambition de couvrir plus de 70 % du marché mondial des polymères en les remplaçant par des biopolymères. (Nicole Cornec/Arvalis)

Biocore a pour ambition de couvrir plus de 70 % du marché mondial des polymères en les remplaçant par des biopolymères. (Nicole Cornec/Arvalis)

Pilotes industriels

Biocore sera doté d'un budget de 20,3 millions d'euros, dont les deux tiers seront financés par l'UE. Il va rassembler pendant quatre ans 23 partenaires européens et un partenaire indien. Parmi eux, on retrouve l'Inra mais aussi Syral, filiale amidonnière de Tereos, le chimiste Arkema, l'association Solagro ou encore la compagnie industrielle de la matière végétale (CIMV). Le projet comprend une phase de validation puis le lancement de pilotes industriels. « Le but est d'aboutir à la mise au point d'un éventail de polymères en explorant l'ensemble des usages possibles : médical, parfumerie, matériaux, adjuvants, peintures… », poursuit Michael O'Donohue.

Source Réussir Grandes Cultures Avril 2010

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