Compétitivité : Des coopératives toujours plus grosses… mais pas encore assez

Gabriel Omnès

Présentant le bilan annuel du secteur coopératif, Coop de France s'est réjoui de la poursuite de la concentration des structures, qui doit continuer pour peser sur le plan européen.

La course à la taille continue au sein du secteur coopératif. Les mouvements d'acquisition et de rapprochement se sont poursuivis en 2010, avec 79 opérations de croissance externe dont 45 entre coopératives. « Nous sommes passés sous le seuil des 3000 entreprises, avec 2600 coops ou unions de coops et 300 Sica », a souligné Yves Le Morvan, directeur de Coop de France lors de la présentation des résultats 2010. Le chiffre d'affaires du secteur progresse encore, à 82,4 milliards d'euros.

Yves Le Morvan et Philippe Mangin, directeur et président de Coop de France, appellent à l'émergence de leaders dans le secteur coopératif. (G. Omnès)

Yves Le Morvan et Philippe Mangin, directeur et président de Coop de France, appellent à l'émergence de leaders dans le secteur coopératif. (G. Omnès)

Peser face aux clients

« Le discours de Coop de France est entendu, les coopératives ont conscience de la nécessité de peser plus face à leurs clients », s'est réjoui le président Philippe Mangin. Dans le top 20 français, quinze structures affichent désormais un chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard d'euros. C'est deux fois plus qu'il y a dix ans. « En revanche, à l'échelle européenne, cinq coopératives françaises seulement se classent parmi les quinze premières, nous restons à une position qui ne nous situe pas en qualité de leader », a déploré Philippe Mangin.
Parmi ces poids lourds européens, outre l'union InVivo, trois organismes sont spécialisés dans les productions végétales : Terrena, Tereos et Axereal. « Pour les grandes cultures, on distingue cinq ou six groupes régionaux qui se dégagent et qui fédèrent les coopératives qui les entourent, a indiqué le président. L'appel à l'émergence de leaders ne doit pas faire table rase du tissu dense de coopératives autour. Des petites structures ont tout à fait leur place autour d'Axereal, et être leader ne signifie pas forcément être un géant. »

Priorité à la contractualisation

La contractualisation constituera la priorité de Coop de France en 2011. « Nous tenons à la mobilisation des coopératives pour que sa mise en oeuvre se fasse dans les meilleures conditions, a affirmé Philippe Mangin. Statut des coops, règlement intérieur… Tout doit être rénové pour que l'engagement contractuel soit renforcé, car la contractualisation n'aura d'efficacité dans une filière que si la quasi-totalité des volumes y est soumis. C'est toujours ce qui passe au travers des mailles du filet qui crée le désordre. »

Source Réussir Grandes Cultures Décembre 2010

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