conomiser vingt unités d'azote par hectare : Des essais pluriannuels ont évalué à 20 kg/ha la réduction de pertes d'azote avec une couverture en

Nicole Ouvrard

Le couvert hivernal est un piège à nitrates très efficace car il utilise l'azote du sol pour se
développer et le restituent au printemps après destruction. Il peut capter jusqu'à 100 unités
d'azote à l'automne, et en diminue d'autant le reliquat en sortie d'hiver. Or il suffit de laisser fuir
23 unités d'azote par hectare pour que l'eau qui quitte la parcelle atteigne 50 mg/litre de nitrates
(hypothèse d'un drainage moyen de 200 mm).

Ce couvert de moutarde permet de réduire la dose d'azote de 20 unités par hectare et le salissement de la parcelle. (C. Gloria)

Ce couvert de moutarde permet de réduire la dose d'azote de 20 unités par hectare et le salissement de la parcelle. (C. Gloria)

Une minéralisation en quatre mois

Des essais pluriannels ont montré que les pertes d'azote sont réduites de 20 kg/ha/an avec
une implantation systématique de cultures intermédiaires (en l'occurrence une moutarde)
pendant douze ans. C'est ce qu'a mis en évidence Arvalis sur son site de Boigneville.
L'étude a aussi démontré que la quantité d'azote minéralisée annuellement est plus élevée
en présence des couverts intermédiaires qu'en leur absence. Mais 80 % du processus de
minéralisation est accompli en quatre mois. En effet, les résidus de végétaux jeunes se
décomposent très vite et ne libèrent plus d'azote passé un an.
« On peut économiser entre 20 et 40 unités par hectare d'azote chaque année sur la
culture de printemps suivante, résume Jérôme Labreuche, d'Arvalis. Au prix de l'azote
actuellement, c'est loin d'être négligeable ». Attention cependant : la dose d'azote piégé
varie beaucoup selon la masse de végétation produite par l'engrais vert. « Cela peut varier
de 1 à 5 tonnes de matière sèche par hectare, précise l'agronome, avec une moyenne de
2,5 tonnes MS/ha. Le tout est de bien réussir l'implantation en semant suffisamment tôt pour
que le couvert profite des températures élevées de l'été ».



 

L'implantation d'une culture piège à nitrates maintient l'azote dans l'horizon superficiel et le
restitue au printemps et en été sur la culture suivante, au moment où la betterave en a besoin
pour son développement foliaire. En l'absence de culture intermédiaire, l'azote va migrer vers
les horizons profonds où il ne pourra être valorisé que tardivement par la betterave, à une
période où elle devrait accumuler du sucre plutôt que des feuilles !

Source Réussir Céréales Grandes Cultures Mai 2008

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