Conseils de la CA de la Mayenne : La rotation : une notion d'avenir

Hélène GERMON

Le prix du blé actuel incite à faire des rotations simplifiées. Mais le développement du Sans Labour et la limitation des produits phytosanitaires nécessitent de réfléchir les rotations en tenant compte de l'agronomie.

La tentation de la simplification

Pour l'instant, les prix incitent à faire du blé, et même du blé sur blé. Le colza est encore compétitif (au moins avec les prix actuels), ainsi que le maïs grain (avec les rendements de l'année dernière). Le tournesol le redevient. Par contre, les protéagineux sont marginalisés.
Simplifier est d'autant plus tentant que du point de vue du travail, c'est souvent plus confortable.

Mauvaise herbes et parasitisme

Les retours trop fréquents favorisent certaines maladies : piétin-échaudage en blé, sclérotinia en colza. Un deuxième blé fait couramment 10 q/ha de moins qu'un blé derrière colza. Les rotations simplifiées favorisent aussi les mauvaises herbes difficiles à contrôler. Dans les rotations de cultures d'automne (blé/colza, monoculture de blé) on a souvent des développements de graminées. Le non-labour amplifie ces soucis liés à la rotation.

Les limites du tout chimique

Les herbicides et fongicides permettent en partie de s'affranchir des limites agronomiques. La simplification se traduit par des surcoûts mais ils peuvent rester supportable vu les prix actuels.
Cela dit, on arrive parfois à des impasses techniques. Dans certains départements, on commence à trouver des vulpins ou des ray-grass qui cumulent à la fois des résistances au « fops » (antigraminées foliaires) et aux sulfonylurées.
Par ailleurs, il y a une volonté de limiter l'usage des produits phytosanitaires. Dès maintenant des molécules anciennes sont retirées alors que les nouveautés sont rares.

L'atout de l'élevage

En Mayenne, la présence d'élevage permet de diversifier la rotation : prairie temporaire, maïs ensilage. Mais les surfaces en culture augmentent et même sur les exploitations d'élevage, des parcelles se trouvent spécialisées. D'où la nécessité d'approfondir la réflexion agronomique, en tenant compte aussi de la gestion de l'interculture et de l'implantation des couverts.

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