Coup de balai sur la paille de l’Oise

Jean-Philippe Arnaud

Le dernier camion de paille en provenance de l’Oise a livré son chargement vendredi dernier en Loire-Atlantique. Mettant un terme à cinq mois d’opération à rebondissements.

Les derniers ballots de paille en provenance de l’Oise ont été livrés en Loire-Atlantique. Désormais, la paille sera acheminée quasi-exclusivement d’Espagne.

Un dernier ballot enlevé, un coup de balai sur le plateau et voilà. Avec ce dernier camion, le Gaec des Hauts Coureaux à Mésanger clôt cinq mois d’une opération paille réalisée en partenariat avec le département de l’Oise. Retour en arrière…
Tout a débuté le 9 juin par un déplacement à Beauvais, préfecture de l’Oise, de Mickaël Trichet, président par délégation du comité calamités agricoles de Loire-Atlantique, et d’Alain Bernier, président de la FNSEA 44. Une rencontre avec la FDSEA de l’Oise qui a marqué le début d’une opération placée sous le signe de la solidarité. Une alliance qui ne s’est jamais démentie, céréaliers et éleveurs parvenant à contractualiser, via le comité calamités, plus de 2 000 hectares de paille.

Une gestion compliquée

Alors que tout débutait sous de bons auspices, la météo est venue jouer les troubles fêtes. Pendant que tout le monde poussait un « Ouf » de soulagement en voyant Dame Nature arroser abondamment la France, les organisateurs de l’opération paille s’arrachaient les cheveux. Comment préserver la paille d’une pluie salvatrice et destructrice en même temps ? Comment acheminer plus rapidement les milliers de tonnes censées être stockées en bout de champ de manière provisoire, compte tenu d’une grave pénurie de camions ? Visite de sites de stockage, tentatives d’affrètement de trains, sollicitation de l’armée, … : tout a été envisagé, avec plus ou moins de succès. Là encore, la FDSEA de l’Oise, fidèle à son engagement de solidarité, s’est démenée pour trouver des solutions.
Malheureusement, la météo a eu raison des efforts déployés, la pluie anéantissant tout espoir de presser la paille dans de bonnes conditions. Quelques meules brûlées et quelques problèmes de qualité plus tard, la dernière livraison en provenance de l’Oise est donc arrivée à bon port.

Une paille avec des défauts mais bon…

Freddy Delanou est satisfait. Le camion de paille qui vient d’entrer dans l’exploitation du Gaec familial est effectivement très attendu : « Nous avons commandé 50 tonnes de paille par l’intermédiaire du comité calamités car nous n’en avons pas assez pour cette année », explique le jeune éleveur. Avec 300 animaux à nourrir, autant dire que la sécheresse subie deux années de suite a sérieusement entamé les stocks.
Les problèmes de qualité ? Freddy Delanou est pragmatique : « Pour de la paille restée dehors, on a vu pire. J’imagine que ça n’a pas été simple, surtout dans un coin où ils n’ont pas l’habitude de garder la paille. Nous allons réserver les meilleurs ballots pour l’alimentation et le reste pour le paillage, ça va le faire ». Il manque un dernier camion pour remplir le hangar, il s’agira vraisemblablement de paille espagnole.
Magnant son télescopique avec minutie, il range soigneusement les derniers ballots les uns à côté des autres. Pendant ce temps, le chauffeur du camion passe un dernier coup de balai avant de repartir sur la route. Pas vers l’Oise évidemment, peut-être vers l’Espagne ?

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