Course contre-la-montre pour éviter des champs de maïs OGM en France

Course contre-la-montre pour éviter des champs de maïs OGM en France

Une course contre-la-montre s'est engagée entre pro et anti-OGM à quelques semaines des premiers semis: lundi, alors que le Sénat a rejeté un texte interdisant la culture de maïs génétiquement modifié, des producteurs affichaient leur intention de planter du MON810.

La France avait interdit le MON810

La France avait interdit le MON810 dès 2008, puis de nouveau en 2012,mais le Conseil d'Etat, saisi par les pro OGM, a annulé le moratoire en aoûtdernier, pour non conformité au droit européen.

Immédiatement, le gouvernement avait manifesté son intention detrouver un autre moyen juridique pour prolonger l'interdiction de cultiver cemaïs, un engagement réédité lors de la 2e conférence environnementale enseptembre.  Si le MON 810 est le seul OGM cultivé aujourd'hui dans l'Union européenne, la Commission pourraitprochainement autoriser le maïs TC1507 (Pioneer-Dupont), car si les Etats ontété majoritairement opposés à ce feu vert, ils n'ont pas atteint la majoritéqualifiée, ce qui a relancé le débat sur le mécanisme européen d'autorisationdes OGM. Le sujet est d'ailleurs inscrit à la réunion des ministres européensde l'Environnement du 3 mars et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll adéclaré lundi à Bruxelles défendre l'idée que chaque Etat puisse refuser unOGM, sans passer par un système de dérogation à une autorisation délivrée auniveau européen.

Malgré la volonté affichée du gouvernement de bannir les cultures OGM du territoire national, "il y a des producteurs qui manifestent encore leur intérêt pour le MON810, principalement en Midi-Pyrénées ou en Aquitaine", a déclaré Luc Esprit, directeur général de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), une branche de la FNSEA. "Le MON810 résiste à plusieurs insectes dont le pyrale qui touche particulièrement 400.000 à 450.000 hectares dans ces régions", a plaidé Luc Esprit.

Les partisans de maïs OGM ne désarment donc pas, alors que le gouvernement se trouve pris par le temps pour interdire le seul cultivé dans l'UE – le MON810 de Monsanto - avant les premiers semis vers le 15 mars.

Procédure d'urgence

En attendant une éventuelle réforme du processus, les anti OGM pressaient ces dernières semaines le gouvernement d'agir. Dans une lettre au ministre de l'Agriculture, les ONG, la Confédération paysanne, les agriculteurs bio (Fnab) et les apiculteurs (Unaf) appelaient à "interdire urgemment toute culture génétiquement modifiée" et remettaient en cause les évaluations des maïs MON810 et TC1507. 

Le ministère de l'Ecologie assurait qu'une "décision sera(it) prise avant les prochains semis qui auront lieu entre avril et juin 2014".

Début février, en accord avec le gouvernement, le sénateur Alain Fauconnier (PS, Aveyron) déposait une proposition de loi interdisant la culture de maïs OGM. Le texte a toutefois été rejeté lundi au Sénat par l'adoption d'une motion d'irrecevabilité grâce aux voix de la droite, mais aussi du RDSE, à majorité PRG.

L'Assemblée, où le PS est majoritaire, pourrait à présent adopter un texte similaire en avril, après la pause parlementaire liée aux élections municipales. Son vote définitif, après un nouveau passage au Sénat, aurait lieu encore plus tard.

Mais les semis de maïs pourraient débuter le 15 mars, a affirmé Luc Esprit de l'AGPM.  Après une année de retard végétatif lié au froid du printemps dernier, il y a fort à parier que les producteurs vont anticiper cette année et semer tôt, selon lui.

Que Monsanto ait affirmé la semaine dernière ne pas vouloir fournir de semences de MON810 aux agriculteurs français "ni aujourd'hui, ni dans les années à venir" ne découragerait pas les candidats à la culture OGM. Ils pourraient aller les chercher, notamment en Espagne où est cultivé le MON810, a laissé entendre Luc Esprit.

D'où la soudaine décision du ministère de l'Agriculture, en lien avec celui de l'Ecologie, de publier, avant le passage de la loi, un arrêté interdisant la culture du seul MON810. Publié lundi, l'arrêté est ouvert à la consultation publique jusqu'au 9 mars inclus. Il pourra dans la foulée être publié au Journal officiel. Mais aussi être contesté devant le Conseil d'Etat.

Source AFP

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Commentaires 6

@gigi45

les agriculteurs sont biberonnés par la propagande fnsea depuis des generatiosne t pere comme fils pensnet et votent pareil...avce quel resultat pour le monde paysan.......

geo

Cher @gigi45, la majorité des pays européens refusent les OGM mais pour vous les OGM sont un succès dans le monde? Vous avancez dans le brouillard. Les études se multiplient pour mettre en avant l'opacité des groupes phyto sur les conséquences éventuelles des OGM sur l'environnement et la santé humaine. En quelques années, les OGM sont capables de donner naissance à des adventices redoutables et les agriculteurs seraient enchantés par ce système? Que Monsanto soit enchanté me semble compréhensible mais que le producteur le soit me semble relever d'une aberration.

gigi45

L'opinion publique est biberonnée à la propagande anti ogm! comment voulez vous qu'elle puisse penser différemment. Quand aux exemples sur la scène internationale, c'est le succès de la technologie ogm auprès des agriculteurs partout dans le monde. Cette technologie est plus sécurisée que toute autre technologie de création variétale.

@gigi45

oui heureusement pour toi , vu tes commentaires

geo

Il devient urgent de trouver des procédures simplifiées d'interdiction. Ce type de culture n'est pas du tout approuvé par l'opinion publique et les exemples sur la scène internationale se multiplient pour mettre en évidence les limites de cette agriculture aux mains d'apprentis chimistes.

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