CSOB : Planteurs de betteraves : danger, le revenu est au plancher

Thierry Guillemot

CSOB : Planteurs de betteraves : danger, le revenu est au plancher

La betterave a perdu de sa superbe en terme de revenu. La quête de meilleurs rendements et de prix à la hausse sont indispensables pour la maintenir dans l'assolement bas-normand.

Eric Dechaufour, président du CSOB (syndicat betteravier Calvados, Sarthe, Orne), qui tenait le 20 mai dernier son assemblée générale à Grainville-Langannerie (14), ne s'est pas caché derrière son petit doigt. “La betterave n'est plus ce qu'elle était. Elle est devenue en quelques mois la culture la moins rentable de mon exploitation”,a-t-il avoué. La réforme du règlement sucre a impacté négativement le revenu des planteurs et le prix hors quotas, fixé librement par les fabricants et sans partage de la valeur ajoutée, pourrait remettre rapidement en cause les assolement

- 40 % en 4 ans

Les planteurs de betteraves ont perdu leurs repères. Le prix quota a chuté de 40 % en 4 ans pour atteindre 25 e/t en 2009. Les DPU (Droit à Paiement Unique) n'en ont compensé que 60 %. On comprend mieux dans ces conditions la revendication d'Eric Dechaufour : “les DPU qui nous ont été accordés ne doivent pas être trop modulés ou noyés dans la régionalisation”. Et les prix pratiqués sur le hors-quotas (10 % des betteraves livrées à Cagny sont transformés en éthanol) affichent une érosion continue. “17 à 20 e pour les betteraves alcool, cela met en évidence un partage contrasté de la valeur ajoutée. A 16 e/T en 2007, ce n'est plus acceptable. Ce n'est pas de l'agriculture durable”, a prévenu Eric Dechaufour à destination de SLS (St-Louis Sucre). A ce niveau de prix, l'ajustement des assolements devient inévitable. Si les sucriers veulent construire une filière perenne betterave alcool, il leur faudra donc bâtir une politique plus rémunératrice à l'instar de celle pratiquée par TEREOS. Une politique de contractualisation sur plusieurs années avec des prix déterminés apporterait de la lisibilité.

Comment faire rebondir le revenu ?

Si le revenu est étroitement lié au prix de la betterave, l'autre constituant, c'est le rendement et la qualité. Le CSOB affiche clairement ses ambitions : “cap sur les 100 T”. Il est vrai qu'il progresse régulièrement mais reste en deçà du niveau national.
A plus long terme, les biotechnologies pourraient apporter quelques bonnes opportunités. Déjà aux USA, la betterave OGM résistante au Round-Up occupe 50 % des surfaces. Mais c'est sur le caractère de résistance au froid, en d'autres termes la betterave d'hiver, que sont fondés de gros espoirs. Couvert végétal hivernal et allongement de la saison sont en jeu. “Pas avant une bonne dizaine d'années”, prédisent cependant les spécialistes. A noter enfin une étude anglaise qui fait état d'un potentiel de 33 T/ha de sucre pour des betteraves OGM. En canne à sucre, le coup est déjà parti avec un doublement de la teneur en sucre, un sucre plus sucrant et fermentescible.

Réforme :la France leader

La réforme a bien privilégié les pays compétitifs. La France redevient le leader européen avec 1/4 de la production (2e producteur mondial de sucre de betterave et 10e tous sucres confondus). D'autres pays ont complètement abandonné cette production. Rappelons que l'objectif de la CEE suite à la réforme de l'OMC sucre est de produire 6 MT de sucre en moins à l'horizon 2010.

SLS : motion

Dans une motion, les planteurs du CSOB regrettent que les actionnaires de St-Louis Sucre soient allés jusqu'à 28 % d'abandons et s'interrogent sur la pertinence d'un chiffrre aussi élevé alors que la moyenne nationale est de 18,8 %. Par ailleurs, ils regrettent que certains planteurs qui souhaitent abandonner se soient vu refuser cette possibilité.

Ethanol maintenir les objectifs

Dans cette même motion, ils rappellent que l'éthanol apporte une contribution importante à la lutte contre le changement climatique et à la réduction de notre indépendance énergétique. A ce titre, ils demandent que les objectifs d'incorporation de biocarburants soient maintenus tant au niveau français (7 % en 2010) qu'européeen (10 % en 2020).

OGM :recherche et essais

Les planteurs ne comprennent pas que la recherche et les essais OGM betteraves demeurent interdits dans l'union alors que les importations de produits agroalimentaires américains contenant du sucre de betteraves OGM sont autorisés. “Notre filière a besoin de variétés OGM pour accroître sa compétitivité et faire face à la concurrence des importations !”

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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