Cultivateur et…. fourragiculteur !

Catherine Perrot

«  Nous choisissons des variétés très digestibles, riches en grains, avec un indice de précocité d’environ 250 à 300, de manière à pouvoir récolter quatre mois après le semis. »
« Nous choisissons des variétés très digestibles, riches en grains, avec un indice de précocité d’environ 250 à 300, de manière à pouvoir récolter quatre mois après le semis. »

Les semis de maïs ont démarré mi-avril, avant d’être interrompus par la pluie. Ils vont reprendre prochainement. Pour Philippe Jambu, du Gaec du Moulin de Tréfoux, à Guémené-Penfao, rien ne sert de se précipiter : il faut semer dans les meilleures conditions.

«Ce qu’il faut semer aujourd’hui, c’est de la graine de patience ! », plaisante Philippe Jambu, agriculteur à Guémené-Penfao, un peu dépité, en ce 6 mai, de ne pas être sur son tracteur pour y effectuer l’ultime préparation des terres avant l’implantation du maïs.
Sur la quarantaine d’hectares prévus sur l’exploitation, rien n’a encore été semé. La faute aux 50 mm d’eau qui sont tombés le week-end du 26 avril et 27 avril. Les terres commençaient enfin à se ressuyer et voilà que la petite pluie de ce 6 mai empêche le dernier passage d’outil. « Ça colle trop à présent. Pas question de prendre le risque de matraquer les sols ! »
Philosophe, Philippe Jambu espère que la première tranche de semis pourra se faire avant la fin de cette semaine. « Et puis, ainsi, je ferai mon passage d’outil juste devant le combiné de semis, ce sera aussi bien, la terre n’aura pas le temps de se refermer. »

Itinéraire optimisé pour fourrage indispensable

Si la date de semis reste soumise à l’imprévu, pour le reste, l’itinéraire technique maïs de Philippe Jambu, le responsable cultures du Gaec, ne laisse rien au hasard. Tout est préparé, réfléchi, puis enregistré dans de petits carnets que Philippe ne s’est pas encore décidé à troquer contre le Smartphone. « Une bonne organisation, c’est déjà 50 % du travail ! », assure-t-il. Cette méthode, cette rigueur technique, Philippe la peaufine d’ailleurs en permanence, en participant à un groupe cultures, animé par un agronome indépendant.
Le maïs est en effet un des piliers du Gaec du Moulin de Tréfoux : sa production principale est le lait, dans un modèle de type intensif. « Chez nous, tout repose sur la qualité des fourrages ! » Les vaches n’ont pas accès à des pâtures aux abords de leur bâtiment, et, si elles sortent, c’est essentiellement pour se dégourdir les pattes : la ration complète à base de maïs leur est servie toute l’année. L’herbe, elles la dégustent sous forme d’ensilage (1/3 du fourrage).
Complément du maïs dans l’auge, l’herbe l’est aussi sur les terres : le RGI est cultivé en dérobée, et récoltée fin mars-début avril, 6 mois après avoir été semée. Cette année, la récolte a été abondante, mais un peu tardive, pour cause de pluies (1). Sitôt l’herbe récoltée, Philippe Jambu a effectué un apport de 25 tonnes de fumier (ou équivalent lisier, ou mélange des deux), avant le labour. Ce dernier est confié à la Cuma, Philippe se réservant le peaufinage, avec passage du rouleau, puis du déchaumeur. « Toujours avec des roues jumelées, pour ne pas tasser la terre. »
Le semis du maïs doit être fait dans les meilleures conditions possibles. Philippe Jambu in-siste pour que les chauffeurs n’aillent pas trop vite : « 5 km/h », pour être certain que la graine soit parfaitement déposée à la profondeur prévue (en l’occurrence, 4 cm).
En général, Philippe Jambu réalise deux passages pour le désherbage : « Je préfère passer deux fois, mais à doses très réduites. » Là encore, il écoute les conseils précieux de son agronome et de son groupe et ne prend jamais le risque de sortir si les conditions ne sont pas idéales (hygrométrie, stade des adventices…).
Tout ce travail de précision, que Philippe Jambu qualifie de « raisonné », finit par payer… Généralement, les récoltes en ensilage sont de l’ordre de 13 à 15 tonnes de MS/ha. Philippe prend le temps de vérifier son carnet : l’an passé, sur une parcelle de 10 ha, il a récolté… 15,6 t/ha ! Et ce n’était pas la seule qualité de cet ensilage : il culminait en outre à plus d’une UFL par kg MS 

(1) Du coup, la qualité est moindre : 0,87 UFL/kg MS cette année, contre 0,95 l’année dernière.

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