CUMA : un nouvel élan

Catherine Perrot

Autour des présidents Thierry Moreau (à droite) et Gilbert Urvoy (2e à gauche), les membres du bureau de la Cuma des Horizons et des Petits domaines se sentent prêts à écrire une nouvelle page de leur histoire.
Autour des présidents Thierry Moreau (à droite) et Gilbert Urvoy (2e à gauche), les membres du bureau de la Cuma des Horizons et des Petits domaines se sentent prêts à écrire une nouvelle page de leur histoire.

Deux petites Cuma de Loire-Atlantique fusionnent cette année, pour pérenniser leur existence et préparer ensemble leur avenir. Cet exemple illustre bien le thème central de la prochaine assemblée générale de la section de Loire-Atlantique de l’Union régionale des Cuma.

Comment anticiper ? Quelle sera notre organisation dans 10 ans ? Si les agriculteurs se posent pour beaucoup cette question, particulièrement en ce moment avec l’arrivée d’une nouvelle PAC, c’est aussi le cas de leurs Cuma, dont les destins sont intimement liés à ceux de leurs adhérents. Ce thème de l’avenir a été choisi pour constituer le cœur de l’assemblée générale de la section de Loire-Atlantique des Cu­ma des Pays de la Loire, qui se tiendra le 6 février prochain (1).

Cette question de l’avenir, deux petites Cuma du département se la posent très concrètement depuis environ une année : la Cuma des Horizons et la Cuma des Petits domaines, toutes deux ayant leur siège à Pierric, ont en effet entamé une ré­flexion commune, qui a abouti à leur fusion au 1er janvier 2014 (2).

Depuis maintenant près de 30 années, ces deux Cuma, plutôt spécialisées dans le travail du sol, coexistaient sur le secteur de Pierric (et les communes limitrophes) ; elles se connaissaient bien et collaboraient même, puisque leurs quatre salariés (deux pour chaque structure) travaillaient déjà « en inter-Cuma », en particulier pour la Cuma de récolte du secteur.

« Ce qui nous a interpellés en premier, c’est la pyramide des âges », raconte Thierry Moreau, le président de la Cuma des Horizons. Avec 13 et 8 adhérents, dont certains approchent de la retraite, les deux Cuma risquaient en effet de voir leurs activités se réduire significativement dans les trois-quatre prochaines années : « Même si les fermes sont reprises, personne ne peut obliger les nouveaux installés à adhérer », explique Gilbert Urvoy, le président de la Cuma des Petits domaines.

Plutôt que de subir une baisse d’activité, pouvant aller jusqu’à mettre en péril leur existence et les emplois de leurs salariés, les deux Cuma ont donc ré­fléchi à un rapprochement. « Mais s’il est facile de faire cohabiter des tracteurs sous un même hangar, c’est plus difficile pour des hommes », ex­plique Thierry Moreau.

Fort heureusement, des facteurs facilitaient déjà ce rapprochement : des exploitations adhérentes « aux structures assez semblables » de part et d’autre (exploitations d’élevage, de taille plutôt moyenne) et une « même façon de voir les cho­ses », comme l’explique Nathalie Mignon, la trésorière des Petits domaines. « On préfère passer plus de temps auprès de nos bêtes que sur les tracteurs. Dans la Cuma, nous disposons de chauffeurs expérimentés, qui connaissent parfaitement leur matériel. »

Pour autant, ce rapprochement ne s’est pas fait tout seul : il a fallu le préparer très sérieusement. Un comité de fusion, composé de 9 personnes, a été créé dans ce but, et surtout une aide précieuse a été apportée par la section 44 de l’Union des Cuma : « Sur le plan juridique, sur la faisabilité, sur le fonctionnement... On n’aurait pas pu le faire sans eux ! », rapporte Thierry Moreau.

Un nouveau règlement intérieur a été rédigé définissant la répartition des rôles de chacun. Les nouveaux responsables qui seront désignés auront sans doute plus de charge de travail qu’avant : « Gérer quatre salariés, ce n’est pas la même chose qu’en gérer deux », constate Nathalie Mi­gnon. Sans compter que le parc matériel aura également doublé…

Cette fusion ne se fait pas uniquement pour avoir plus d’adhérents et plus d’acti­vités : elle constitue aussi l’oc­casion de réfléchir à l’orientation de la mécanisation des élevages et donc à la fonction de la Cuma : « Il ne suffit pas d’investir : il faut vraiment réfléchir à ce que l’on veut faire, à combien on veut payer. »

La mutualisation des moyens des deux Cuma devrait leur permettre d’être plus efficaces au service des adhérents (cela s’est démontré il y a quelques mois, lors de la mutualisation des chantiers d’épandage) ; elle devrait aussi engendrer quel­ques économies (revente éventuelle de matériel en doublon), sans pour cela remettre en cause les quatre emplois (mais éviter sans doute, les heures supplémentaires).
« Je reste persuadé que cela va bien se passer, on veut que cela se passe bien », assure Thierry Moreau. D’ailleurs pour respecter l’histoire des deux Cuma (3), la nouvelle structure créée reprend le nom de ses ainées : la Cuma du Domaine des horizons. Un horizon, justement, qu’il sera sans doute plus facile de scruter à deux désormais…

(1) Assemblée générale de l’Union des Cuma Pays de la Loire, section Loire-Atlantique, à la salle polyvalente de Couffé, à partir de 9 h 30. Rens. : 02 40 16 39 50 et
paysdelaloire.44@cuma.fr
(2) La fusion au 1er janvier est comptable, la fusion effective sera faite le 20 mars prochain.
(3) Une histoire parfois mouvementée ! Jean-François Lefeuvre, l’ancien président des Horizons, se souvient ainsi des premiers pas difficiles de sa Cuma !

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