D'après ODA, le prix des céréales ne baissera pas

Lise Monteillet

D'après ODA, le prix des céréales ne baissera pas

Malgré les bonnes récoltes en Amérique du Nord et en Russie, la consommation mondiale est très soutenue et les stocks mal répartis, souligne l’organisme de conseil.

« Le prix des céréales ne baissera pas », a déclaré Louis Verhaeghe, directeur d’ODA Agri, lors d’une journée d’information ouverte à la presse, le 12 octobre. L’organisme de conseil n’écarte pas une remontée des cours dès cet automne sur le marché intérieur français. Pour renverser l’opinion « solidement installée » sur les marchés mondiaux, il manque « une étincelle », ajoute Didier Nedelec, directeur général.

Peu de volatilité

« Il ne faudra pas compter sur la macroéconomie pour porter les marchés des matières premières », analyse Didier Nedelec. Les marchés financiers sont assez calmes, même s’ils présentent des risques importants. Tout comme le taux de change entre l’euro et le dollar. Le cours du pétrole semble stabilisé autour de 50 – 60 dollars le baril.

La disponibilité en engrais azoté se révèle très importante dans le monde, car en période de prix bas, les agriculteurs du monde entier ont tendance à réduire leur consommation d’engrais. En conséquence, les risques qui pèsent sur les cultures sont plus importants, s’il devait y avoir un incident climatique.

Forte demande

C’est du côté de la demande que se porte le regard des analystes d’ODA. Ils invitent les acteurs des marchés agricoles à ne pas la sous-estimer. En Chine, par exemple, où un cochon sur deux est produit, il a été décidé pour des raisons sanitaires de supprimer les porcs de ferme. Cette baisse de production n’a pas pu être compensée par le développement de gros élevages industriels, pour des questions environnementales. Résultat : les chinois sont obligés d’importer de la viande de porc à hauteur de 300 000 tonnes par mois, soit trois fois plus que l’année dernière.

Ils se fournissent surtout en Europe, ce qui explique la remontée du prix du porc. Une aubaine pour les éleveurs français, qui voient remonter les prix après une crise importante. A noter que ces cochons sont nourris avec des stocks hors de Chine. Les exportateurs de volailles pourraient aussi gagner des parts de marché en Chine, via un transfert de consommation, car la viande de porc est devenue chère pour les classes moyennes chinoises.

Une production égale à la consommation

La production mondiale de blé, elle, ne dépasserait pas 730,8 millions de tonnes, selon ODA, car l’organisme estime que les prévisions de récolte en Inde doivent être revues à la baisse. Quant à la consommation, elle s’établirait à 733 millions de tonnes. Dans l’Union européenne, ODA penche pour une production en baisse de 20 millions de tonnes depuis l’année dernière.

« Le marché mondial va être à un niveau de tension énorme », prévoit Didier Nedelec. Deux zones exportatrices se dégagent : les États-Unis et la Mer Noire. Or, les agriculteurs américains n’auraient pas intérêt à vendre immédiatement leur récolte, tandis qu’en Russie, les capacités d’exportation vont être poussées à leur maximum, avec 4 millions de tonnes par mois. « Une situation dangereuse », selon le directeur d’ODA, notamment si un problème logistique surgissait. « On passe d’un marché d’offre à un marché de demande », résume Louis Verhaeghe. 

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